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liaires, en envoyant le prêt de l'armée, jugea à propos ‘d'ajouter des présens pour le général. Callicratidas reçut l'argent des troupes et renvoya les présens. « Il n’est pas necessaire, dit-il, qu'il y ait une ami- : :» tié particulière entre Cyrus ct moi. S'il est fidèle à » son alliance avec les Lacédemoniens, ils seront » tous ses amis, et je serai du nombre. » Il mourut en hcros, comme il avoit vécu. Au moment d'une ‘bataille navale qu'il alloit livrer, le devin lui dit que
‘les Spartiates seroient victorieux, mais que l'amiral “seroit tué. « Cela est fort bien, dit-il, combattons
# donc. Sparte ne perdra pas beaucoup en me per- » dant; mais elle perdroit son honneur, si je me reti- -» rois à la vue de l’ennemi.»Il nomma son successeur ‘et mourut dans:le sein dela victoire.
Lysandre eut la gloire de soumettre les Athéniens.
«Ce fut lui qui détruisit leurs murailles et brûla leurs
-vaisséaux. Il ramena à Lacédemone la flotte chargec d'immensés richesses. Les Spartiates en furent embarrassés ; recevoir ces trésors , c'étoit porter atteinte
‘aux lois deLycurgue. Après bien des débats, ils déci- ‘dèrent que l’état pourroit se :servir d’or et d'argent,
mais qu'aucun particulier ne pourroît posséder l’un
et l'autre de ces métaux, sous peine de mort, Après la mort d’Ægis, Lysandre contribua à
mettre sur le trône 4gésilas, frère cadet du défunt.
Ce prince réunissoit des qualités qui semblent s'exclure. Ambitieux et hardi , il étoit doux et aimable. La ‘Yaleur, la fierté s'allioient chez lui à la bonté. Ilai- -moit sa patric jusqu'à la préférer à sa-sûrete et à:sa
rangs Gelui-ci plia sans s'abaisser, et ces deux grands
tranquillité personnelle. Ses vertus effrayèrent les éphores, qui le condamnèrent à une amende, parce
qu'il s’attiroit trop l'affection du peuple. Agésilas
connoissoit le caractère ombrageux du peuple, et se
mettoit autant qu'il pouvoit en garde contre les
soupçons et la jalousie, au point de n'avoir pas voulu: aécepter le commandement d'une armée qu'on ne lui eût nommé un conseil de trente personnes. Il est vrai que celte armée devoit decider du sort de la Grèce. Agésilas jouoit le rôle d'{gamemnon, chef de la ligue gtecque contre Troie. Le roi de Sparte étoit chef de la ligue grecque contre les Perses, Se trouvant en Aulide ,. la ressemblance de sa: situation avec celle d'Ægamemnon lui fit rêver que les dicux l'exhortoient à imiter le sacrifice du roi de Mycènes dont il étoit successeur. Il ne crut pas devoir se refuser tout-à-fait à cette inspiration ; mais à une vierge. il substitua une biche, ct voulut la faire im-
moler par son augure. Les habitans du pays préten-
dirent que c’étoit violer leurs droits. Ils renversèrent l'autel: et la victime. Ce petit événement coûta dans la suite aux Spartiates l'empire de la Grèce, parce qu'il excita entre eux ct les. Bcoliens une guerre à laquelle toute la Grèce prit part, et que la valeur et l'habilcté d'£paminondas rendit funeste aux Lacédémoniens. |
Al ÿ cu entre Agésilas et Lysandre quelque froideur causée par la jalousie. Le roi usa un peu durement à l'égard du général de la supériorité de son
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LACÉDÉMONIENS. 25 hommes, qui n’étoient pas faits pour étre ennemis, continuérent à travailler de concert à la gloire de leur patrie. Lysandre finit ses jours dans cette glorieuse carrière, et fut tué en combattant contre les Thébains. Il avoit eu mille occasions de s'enrichir; ct il laissa si peu de bien, qu'un riche citoyen à qui il avoit fiancé sa fille, la voyant sans dot, refusa de J'épouser. Les éphores le condamnèrent à une amende , et motivérent ainsi leur sentence : « Parce » qu'il a un caractère assez bas pour aimer mieux » prendre une femme dans une maison opulente que » dans une maison vertucuse. »
[2628.— 350. | La guerre contre les Bcotiens dont'Thèbes étoit la capitale, et dont on a vu la cauté si peu importante, se continuoit avec vigueur. Les Lacédémoniens succombèrent dans les plaines de Louctres. Ils y firent une perte sans exemple dans la république. Quand la nouvelle de cette défaite parvint à Sparte, on y cclebroit les jeux gymniques. Les éphores ne voulurent pas les interrompre. Ils sc contentèrent d'envoyer dans les maisons les noms des
: morts qui les intéressoient. Alors parut dans tout son
’ à res ‘ éclat la grandeur d'âme des Spartiates. Les parcns de ceux qui avoicnt cté tués s'embrassoient ct se fclici-
| toient réciproquement , pendant que les autres n'o-
; > #21 D ” 4 H 1 soicnt se montrer, ou s'ils ctoient obligés de paroître ‘9
ils alloient les bras croisés, les yeux fixés à terre, don 9 né
nant toutes les marques de la honte la plus doulou-
s a] & N o 4 rat » À « reuse. Ceux qui s'ctoient sauvés du combat furcut
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dégradés de leurs emplois, condamnés à ne jamais se
montrer en publie qu'en habits bigarrcs , la barbe à 4 ; moitié rasée, et à souffrir les coups et les insultes du 4 ; premier venu sans se défendre. L L'exécution de cette sentence conforme aux lois 4 L de Lycurgue causoit de l'embarras, On donna au À à
roi Agésilas Vautorité la plus étendue, afin qu'il se conduisfi dans une conjoncture aussi délicate comme 1 il l'entendroit. Il parut dans l'assemblée du peuple,
À [ et d'un mot il calma les frayeurs des lâches, et con- ; : serya aux institutions de Lycurgue toute leur auto- Lo rité. « Que les lois, dit-il, dorment aujourd hui, <t 4 la
» qu'elles reprennent demain leur autorité. » Il enrôla tout ce qu'il put trouver de gens de bonne volonté, même parmi les Ilotes, et résolut d'aller lui-même au-devant des ennemis. Mais ils lui épargnèrent la moitié du chemin. Æ'paminondas parut devant la fière Sparte, dont les murs n'avoient jamais vu le camp ennemi. Agésilas fit si bonne contenance, que les Thébains se retirèrent.
Parmi tant de malheurs on découvrit dans la ville ane conspiration, On sut même que deux cents conspirateurs s’étoient emparés d'un poste important. Le sénat vouloit qu'on les attaquât et qu'on les passât fr au fil de T'épée. Agésilas crut la force dangereuse, | fut parce qu'on ignoroit le nombre des complices. IL * libe alla, suivi d'un domestique, à l'endroit où étoient assemblées les rebelles, et leur dit : « Camarades , ce » n'est pas là que je vous avois envoyés. » En même
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aux Jois nna au qu'il se : comme peuple, et conur autod'hui, <t Il enrôla volonté, lui-même mèrent la devant la ais vu le ance, que
s la ville ents conortant. Le les passat angereuse, pplices. Il où etoient arades , Ce ) En même
temps il leur marqua différens postes pour les séparer . Persuadés qu'ils n'etoient pas découverts, ils s'y rendirent, furent pris et punis.
L crgpilleuse Sparte eut encore le chagrin de voir les Thébains sous £'paminondas prêts à pénétrer dans leur ville. Femmes, enfans vieillards, tous furent obligés de s'armer et de combattre pour leurs foyers. Ils chassèrent encore une fois les Thébains;, maisils les poursuivirent témérairement, et ils essuyèrent un échec considérable. Des revers successifs les forcèrent de recourir aux Atheniens qu'ils avoient tant humiliés. Sur
\ la fin du règne d'Agésilas, la mort d'Épaminondas
leur fit remporter quelques avantages ; mais ils ne purent remonter dans la Grèce à la hauteur de crédit et de réputation dont ils étoient déchus. Dans cet élat méme de décadence ils refusèrent de signer un traité
… avantageux, parce que les Messeniens, leurs anciens rivaux, y étoicnt compris. Agésilas mourut à quatre-
. vingt-quatre ans, après un règne de quarante, cou- : vert de gloire par ses actions guerrières, mais non
exempt de reproches pour avoir engagé sa patrie dans
à des guerres ruineuses, que moins d’obstination et d'or- -gueil auroicnt fait éviter. On l'estimoit aussi pour sa …… frugalité et la simplicité de ses mœurs; en quoi il ne
+ fut pas imite par Ærchidamus, son fils, qui aimoit la liberté et les plaisirs, et pensoit qu'un bon repas
.n'étoit pas incompatible avec la vertu. Pour s'y livrer sans gêne et sans risque, il se fit donner des
commissions qui l'éloignoient de Sparte.
[2653.—345.] Fils d'un père austère, mais peu
sévère lni-même , Ærchidamus eut un’ fils nomitté ! Agis, qui pratiqua les âpres vertus de Sparte: Jeuñie il fut envoyé ambassadeur à Philippe , roi de Macédôine, auquel les Grecs flatteurs dans ke’ tips: lle sa grande prospérité, faisoient des d'putations 1oinbreuses. Ce monarque fut piqué de voir l'äinbass#c! deur de Lacédémone seul. « Quoi ! rien qu'uñ'seul de
» Sparte ! dit-il. —— Aussi n'ai-je été eñvoye qu'à -
» un seul , répondit fièrement le jeune 455: » Percé de coups dans une bataille, il renvoya ceux qui vouloient le défendre. « Réservez-vous, leur dit-il, pour » étre encore utiles à votre patrie. » Ne pouvant encore se soutenir, il mit un genou en terre; et tomba sur le corps de ceux qu’il Immola avant de mourir.
Eudamidas, son fs, s'opposa toujours à la guerre. 11 désiroit faire goûter aux Lacédémomens , affoiblis par les expéditions militaires , les avantages de la paix. « Je la veux, disoit-il, afin de Iur faire sentir » Je tort qu'ils ont eu. » On lui représentoit les avantages que ses ancêtres avoient obtenus contre les Perses , afin de l'exciter contre les Athéniens, bien moins nombreux. « Vous croyez, rcpondit-il , que » c’est la même chose de faire la guerre à mille » moutons ou à cinquante loups. » Il entra un jour dans l'école de Xénocrate , et remarqua que le philosophe etoit fort Agé. « Quelle est sa profession ? » demanda-t-il. — C’est un sage, répondit-on, qui » cherche la vertu. — Hélas! dit-il, s'il la cher- » che à présent, dans quel temps en° fera-t-il
» messe?»
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nomiiié ?
te. Jeuie de Macétéim ps. le ynb doi dinbassä£ f' seul de oÿe qu'à Se » Perce qui voutil, pour pouvant ‘et tomba e mourir.
la guerre.
, affoiblis ges de la aire sentir tles avanontre les iens, bien it-il, que e à mille ra un jour rue le phiofession ? it-on, qui | la cher- \ fera-t-1l
.[2692:--326.]Sous Aréus, son petit-fils, La-
. cédémone courut le plus grand danger de la part de
Pyrrhus, voi d'Épire , qui fut amené devant la ville par, Cléonyme, prétendant à la couronne , comme fils d'Agis. Pyrrhus,. bien conduit, se trouva aux premières maisons, sans que les habitans connussent la nouvelle de sa marche, On lui conseilloit d'entrer sur-le-champ ; mais il étoit trop tard, son armée étoit trop fatiguce : il remit au lendemain. Quand les Lacidémoniens le virent campe à leurs portes, ils concurent quelque espérance et délibérèrent sur ce qu'ils avoient à faire. Le premier point de leur résolution fut d'embarquer les femmes et de les faire passer en Crète. À la nouvelle de cette décision, les femmes s'assemblent et députent Archidamie, une d’entre elles, au sénat. Elle entre l'épée à ia main. « Snax » teurs , dit-elle, quelle opinion avez-vous des La- » cédémioniennes ? les croirez-vous assez lâches pour » survivre:sà la perte de la liberté de leur patrie ? » Ne délibérez point sur l'endroit de notre retraite. » Nous sommes à Sparte, c'est à Sparte que nous » devons mourir. D'ailleurs comptez sur nous; il » n'y a rien-que nous ne soyons prêtes à entre- » prendre. » V4
En cflet, dans les travaux qui furent assignés, elles en prirent un tiers pour elles, qu’elles finirent avec les vieillards pendant la nuit. Pendant l’assaut elles se trouvèrent dans les endroits les plus périlleux de la méléc; elles retiroient les blessés, les pansoient, retournoient, aux combattans, les excitoient, leur
- portoient à boire et à manger. On se battit jusque : dans les rues avec un égal acharnement. L'assaut se
renouvela à deux jours différens; enfin il arriva aux Lacédémoniens un secours qui forca Pyrrhus de se retirer avec le regret d'avoir, par le délai de quelques heures, laissé échapper une si belle proie. Il voulut en se retirant s’emparer d’Argos. Déjà il étoit entre dans la ville lorsqu'une vieille femme, voyant du toit de sa maison ce prince lever l’épce sur son fils qui se défendoit , détache une tuile, la jette sur la tête du xoi et le tue.
Les malheurs firent revivre dans Lacedércone le -2èle patriotique et l'amour des lois de Zycurgue, -qui étoient fort afloiblis. Ce retour vers les anciens principes donna lieu à des scènes tragiques dont il 4aut. d’abord connoître les principaux personnages -pour-mieux suivre le fil de l'intrigrc. Léonidas, roi “de Sparte, fils de Cléonyme le rebelle; 4gis, son ‘collègue, successeur de son père Eudamidas; Agésilas , son oncle maternel, partisan feint de Lévnidas; Lysandre, éphore, ami d'Æ4gis ; Cléoméroïe, gendre de Zéonidas, ennemi de son beau-père; Ché- Jonide , fille de Léonidas et femme de Cléombrote; Archidamie, sœur de Léonidas et mère d'Argésistrate; Argésistrate, mère d'Ægis.
Léonidas avoit passé plusieurs années à la cour brillante et voluptueuse de Séleucus. Il en rapporta le-goût du luxe. Sous un el roi un éphoré nommé Opytadée crut l'occasion favorable de. détruire la toi de Lycurgue qui Ôtait à chaque citoyen la li-
ttit jusque L'assaut se arriva aux hus de se e quelques . Il voulut étoit entre ant du toit fils qui se la tête du
déroone le
ycurgue,
es anciens
és dont il
rsonnages das, roi dgis, son as; Agée Lévniombroïe, ère; Ché- 'ombrote ;
"Argési-
à la cour rapporta nomme etruire la ven la li-