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Ps 2
LACÉDÉMONIENS. En
herté de disposer de ses terres par don, par vente
ou par testament. L'infraction avoit dejà lieu, mais
sans loi qui l'autorisât , et une centaine de familles
possédoient toutes les terres.
Agis , Vautre roi, jeune homme de grande espétance, doux, modeste, quoique élevé par Archidamie, sa grand mère, et Ærgésistrate, sa mère, dans la délicatesse et la splendeur, à vingt ans, avoit déjà renoncé aux plaisirs, vivoit en vieux Spartiate et vou loit rétablir l’ancienne discipline. IL étoit encouragé à cette entreprise par Ægésilas , son oncle maternel, homme éloquent, mais peu vertueux:
Il vint à ce parti un renfort qu'on ne devoit pas attendre; ce fut l'accession d'Ærchidamie et d'Argésistrate, ces deux mères qui avoient donne à 4grs une éducation si éloignée des mœurs lacédémoniennes. Elles se laissèrent persuader par Ægésilas , frère de l'une et oncle de l’autre, et entraînèrent dans leur opinion les ferimes les plus considérables de l'état. Il paroît que le but d'Agesilas etoit seulement de supplanter Léonidas, en se faisant un parti considérable dans le peuple. Zéonidus s'appuya des ri ches, et les deux factions commencèrent une guerre ouverte.
La loi favorable aux riches, proposce par l'éphore -Opytadée, fut contredite par une loi que Lysandre, autre cphore, présenta au sénat. Les principaux articles portoient que toys les débiteurs seroient décharges de leurs dettes, qu'il y auroit une nouvelle distribution des terres, et que, comme le nombre des
3a LACÉDÉMONIENS.
anciennes familles étoit fort diminué, on y suppléeroit par une espèce d'adoption de voisins et d'étrangers dans la fleur de l'âge, qu'on assujettivoit pour les exercices et les repas à la discipline prescrite par Lycurgue.
On conçoit combien cette loi devoit plaire au peuple. Elle ne fut pas nou plus désagréable à une grande partie du sénat, puisqu'elle ne fut rejetée que d'une voix, Les deux partis travaillèvent alors à s'étayer chacun d'un roi; les pauvres, d'Ægis; les riches, de Zéonidas, Comme ce dernier avoit de la fermeté et de l'influence même dans le peuple, on ne chercha pas à la lui faire perdre; mais l'éphore Lysandre Jui intenta un procès pour avoir épousé une femme étrangère, crime digne de mort pour un roi de Lacédémone. Ce prince fut tellement cffraye de J'accusation, qu'il chercha un asile dans le temple de Minerve. Lysandre mit alors sur la scène Cléombrote, mari de Chélonide , fille de ce roi, lui-même -prince du sang royal, qui, en vertu de la déchéance .de son beau-père, demanda la couronne et l'obtint. Léonidas s'enfuit, et Chélonide prefera d'accompagner son père malheureux à l'avantage de vivre sur le trône avec son époux. Ægésilas vouloit faire tuer le fugitif; mais Agis le sauva.
Les deux rois, se trouvant dans les mêmes principes, étoient près de faire passer la loi en faveur des pauvres , lorsque l’époque du changement des éphotes: arriva. Les chefs de la faction opposée trouvèrent moyen de se faire élire, et firent citer devant eux
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Lysandre:pour se justifier de ce que, contre la loi, lui et les autres éphores ses collègues ayoient proposé l'abolition des dettes et le partage des terres, Les accusés recoururent aux rois ; ils leur remontrèrent que, les éphores n'ayant éte établis que pour dé cider entre les. deux rois, quand leurs sentimens étoient partages , la puissance de ces magistrats devenoit nulle quand les rois, etoient d'accord. D'après ce raisonnement, les deux rois se présentent à l'asscmblée, ordonnent aux ephores de quitter leurs siéges et en nomment d'autres, à la tête desquels ils mettent dgésilus.
Cette homme, douc comme on l'a vu, de beaucoup d'esprit, mais rusé et méchant, jouoit tous les partis. Jl etoit venu à bout de persuader à Ægrs, son neveu, jeune homme franc et droit, enthousiaste de la liberte, qu'il ne travailloit que pour elle; à sa sœur, à la reine, sa nièce, aux principales dames de Sparte qu'il étuit beau de se dépouiller de leurs richesses ; au peuple, enlin, quil ne trayailloit que pour ses intérêts, pendant que le trompeur ne songeoit qu'aux siens propres. Îl avoit beaucoup de dettes et possedoit une grande et belle terre. Quand il vit les deux rois d'accord sur l'abolition des dettes et le partage des terres y il fit. entendre à ces princes qu'il y auroit du danger à faire ces deux opérations à :la fois. Ils le crurent, lirent porter toutes les obligations dans la place publique et y mirent le feu, Sous différens prétextes, l'adroit Ægésilas, à qui sa terre restoit sans dettes, trouva moyen de différer le partage.