‹ Précis de la déclinaison latineChapitre 253 sur 289 · Nonius p. 185 cite dans Accius ullo pro ultusfuero · texte numérisé non relu

Nonius p. 185 cite dans Accius ullo pro ultusfuero

identique à ianitor et plus ancien, ianitor est formé du suffixe tor^ craime le montre le féminin ianitrix; ianitos doit être pour ianitus. — D'après cela il faut corriger aussi la giosse de Paul le diacre : ianeus ou ianicus ianitor.

P. 24 n. 6. Une inscription tunisienne donne pubes pudicus (Guérin, voyage dans la régence de Tunis 4 p. 443 n*" 485).

Derhière l. du texte. Lire : Callisthenis,

P. 27 g 36 FIN. Le témoignage de Nonius, que Ton contestait à tort, est confirmé encore aujourd'hui par nos mss. Ainsi ils donnent dans Pbute, Truculentus 2, 6, 24 : ecquid mei simile est; les éditeurs ont écrit similist parce qu'il faut entendre puer.

P. 30 N. 5. Le poème d'Amphitryon est du moyen âge, comme on peut rapprendre dans Fr. Osann {Vitalis Blesensis Amphitryon et Aululoria, Darmstadt 4836). Mais je ferai remarquer que, de même queVitalis a composé YAulularia d'après le Qîierolus que nous possédons encore, il a composé l'Amphitryon d'après un remaniement bouffon, aiyourd'hui perdu, de la pièce de Plaute.

P. 34 R. 4. G. F. W. Mûller a mis en avant un exemple de la fin de vers que je croyais inconnue : sua illaec praedâ sit {Casina 4,26).

P. 43 § 56 S8. [Le grec a un pronom qui au nominatif masculin ne prend pas la désinence s : c'est l'article 6. Le sanskrit a sa, historiquement identique à 6, et en outre le composé êsha == ' ai-sa. J'ai montré ailleurs (Mém, soc. ling. 2, 234) que le latin a conservé plusieurs nominatifs pronominaux de ce type : eisdem pour * eisedem, où * eise représente l'indien êsha; ille et iste; et enfin * quo et *Ao, contractés avec un i enclitique dans qui ^= ombr. poi et dans tâ-c. La preuve que dans ces derniers on a le droit de ne pas considérer l'enclitique t comme un élément essentiel du nominatif, c'est qu'au féminin le latin historique laisse encore alterner le nominatif qua et le nominatif à enclitique quai, — Tr.]

P. 68 11. 4 ET p. 99 g 445. [Le enos du chant des Arvales est dû probablement à une erreur du graveur, qui a pris un m archaïque pour un s archaïque : il faut lire enom. Cet enom est identique à la particule ombrienne en[n]o[m] (Bréal, Rivista di fUologia ed istruzione classica^ mai-juin 4874). — Tr.|

P. 74 DERN. LIGNE. [L'e du vocatif date de la période de l'unité européenne, Mém, de la soc. de ling. 2, 263. — Tr.]

P. 88 i«. 4. Effacer le renvoi Mém. de la soc... — [Je conjecture que fitêd, têd et sêd sont des accusatifs véritables et non des ablatifs employés de travers. Le suffixe est le même que celui des neutres i-^, qwh4; c'est ainsi que dans la déclinaison des noms l'ace.

masc. est en m comme le nom. -ace. neutre. Les formes grecques \)À^ (Té, l qui semblent se réduire à des tiièmes nus, ont probablement perdu une dentale finale : cf. t6, axàzà etc. Les trois accusatifs latins, qui ont un ê représentant un ancien â, sont aux trois ace. grecs comme le nominatif grec èYcov est au nomin. indien ahàm (cf. Mém, de la soc. de ling. 2, ^14) et comme les ablatifs méd et têd sont aux ablatifs indiens mat^ tvat. Les ace. rnë-d et tê^d ne diffèrent que par le suffixe des ace. indiens tnâ-m et ivâ-m. On ne peut dire si les accusatifs me te se proviennent uniquement d'une mutilation des formes en dy ou s'ils représentent à la fois ces formes et des correspondants des formes Indiennes sans sufHxe consonantique [ma, tvâ). — Tr.]

P. 'I'I5 § no. L. ^12. Caius Graccbus : lire Gains Gracchus.

P. 426, N. 4 DE LA p. 425. [La présence de huic dans lui etc. ne semble pas conciliable avec les lois phonétiques. Cf. un article sur oi et ui en français, Romania t. 3 fasc. 44. — Tr.]

Origine de la déclinaison en E.

[M. Bûcheler admet, avec toute apparence de vérité, que la déclinaison en e n*est qu'une variété de la déclinaison en a (comme en grec la déclinaison en yj n'est qu'une variété de la déclinaison en a}« M. Gorssen [Zeitschrift fûrvergleichendeSprachforschung 46 p. 292) Ta attaqué vivement au sujet de cette question. La théorie de M. Corssen sur la formation de la déclinaison en e est trè&-compliquée et, comme j'espère le faire voir, très-peu solide, mais le nom de son auteur lui donne une autorité assez grande pour qu'il ne soit pas inutile d'en signaler les faiblesses. Cf. Mém. de la soc. de ling. 2 p. 27 ss. ; Merguet, Die Entwickelung der lateimschen Formehbildung (Berlin 4870) § 20 ss. — On sait que les noms qui composent la déclinaison en e ou cinquième déclinaison sont : 4<» les monosyllabes res et spes^ 2^ les disyllabes famesy fides et plèbes , 3° dies, 4** les autres noms en ies, tous abstraits, féminins et polysyllabiques, tels que avariiies^ à côté desquels se présentent le plus souvent des doublets en ia, tels que avaritia.

La théorie de M. Gorssen se compose de plusieurs théories particulières dont, au premier abord, on ne soupçonnerait pas la dépendance mutuelle ; elle est exposée dans ses Kritische Beitràge zur lateinischen Formenlehre p. 465-468. En voici le résumé : 4** un s entre voyelles peut tomber (phénomène bien connu en grec, mais qu'on n'est pas habitué à admettre en latin); — 2° un 5 est lonibé ainsi en particulier dans diei diem die (pour die-si etc., d'un thème primitif divas) et dans spei spem spe (pour À^^es-t etc., du thème spes qui se retrouve dans speres, speribus^ sperare)\ — S© famés ^

fides et plèbes^ comme dies et spes^ proyienneni de thèmes en s [fatnei est pour fames-i etc.) ; — 4*^ la cinquième déclinaison a contenu primiiiyement beaucoup d'autres mots analogues, qui dans te latin historique appartiennent à la troisième : caedes^ clades^ lues etc.; si Ton dit caedes caedis et non plus caedes caedei c'est par l'effet de la même erreur du langage qui a substitué plebis à plebei et famis à famei; enfin caede$ et tous les mots analogues proviennent, comme famés, fides, plèbes, dies et spe^, de thèmes en 5; — ^^ les polysyllabes en ies comme avarities^ à la différence des autres mots de la cinquième déclinaison, proviennent de thèmes en a et non de thèmes en es; Va s'est changé en e par assimilation à Vi précédent; le nominatif aurait dû être en ie pour ia (avarilie) mais l'analogie de dies et de spes^ de fames^ fides et plèbes^ de caedes, clades, lues etc. y fit ajouter un s. — Je vais discuter successivement ces divers points.

40 Possibilité de la chute de s. Elle est prouvée selon M. Gorssen : par vim vi en regard du nominatif vis et de vires virium viribus; par vir vlris etc. pour veser veseris^ veer veeris ; « incontestablement» par Cerealiseii regard de Ceres Cereris; enfin par la déclinaison de pubes pubis ^ moles molis en regard de pubères et de molestusy de modus modi en regard de modestus^ moderari^ de sedes sedis et de nubes nubis en regard des mots indiens sadas et wAAas*, — Mais vim et vi proviennent d'un thème u;7 antérieur à la séparation des Italiotes et des Grecs, qui se retrouve dans T-fi, peut-être dans t-ç T-veç (Gurlius, Grundzûge der griechischen Etymologie, 3" éd. p. 362); le w est représenté par y dans la glosse YtÇ' ...tffxuç d'Hésychios ^ ; d'autre pa,ri vires virium viribus proviennent d'un thème uns ^ conservé en grec dans ttr-^ùç : les deux thèmes wJ et wls coexistaient donc avant l'existence distincte du latin^. Le nominatif ver n'est pas pour veer et n'est pas précisément identique à j)p lap : le thème primitif est wasar^ réduit dans les cas

1. Dans son livre Ausspracke etc., 2« éd. 1 p. 281, M. Gorssen renonce à invoquer parmi ies exemples de la chute de s les noms de tribus Ramnes, Tiiies et Luceres pour Ramnenses etc.

2. Peut-être ne serait-il pas téméraire d*écrire Ft;, cf. Mém, soc. ling. 2, 318 ; de môme Fktxov pour Y'^x^.

3. Peut-être sous la forme la plus complète wlns : dans cette hypothèse vires et tveç seraient dans le même rapport que les comparatifs en ior et les comparatifs en ttov.

4. U n'y a aucune raison de contester cette coexistence. Qui imaginerait d'admettre que le c latin tombo entre voyelles pour expliquer le rapport de s&mx à senem f

faibles à wasr (cf. icai^p icaTpéç, pater patris) et conservé dans un composé indien sous la forme ushar (aurore ; v. Bergaigne, Mém. soc. ling. 2, 73); le nomin. primitif wasar a persisté dans 2ap ^p, le génitif wasras ^ dans l'indien usras et le latin vêris (pour vësros; cf. rêmuSfpône, quâlum^ 7e?6m pour re^mus etc., Gorssen, Aussprache \ p. 280); le grec a refait un génitif lapoç d'après lap, le latin a refait un nominatif vFr sur vêris^. On pourrait admettre à la rigueur que cerealis est pour cereralis, par dissimilation des deux r; msôs comme le latin a à la fois Ceres et Cerus, on pourrait aussi conjecturer qu'il a existé une divinité Cerea ou dea Cerea^ (cf. dea Cereria; cf. aussi i'épithète kerriio- donnée en osque à des divinités trèsdiverses); enfin il ne serait pas absolument impossible que cerecMs fût un dérivé mal formé, comme en français par exemple le mot barbare préfectoral : en tout cas cerealis n'est pas pour eeresaiiSf car Cereris prouve « incontestablement » que le s du thème Ceres ne tombe pas entre voyelles. Môles est étroitement apparenté à môliri, non à môlestus^ et sêdes^ nîibes^ n'ont absolument que la racine en commun avec les formes indiennes sàdas et nibhat. Modestus et moderari supposent bien un ancien mot modus modesis comme funesius suppose funus funesis : mais si modus modi s'est substitué à modttë tnoderis^ il ne faut voir là qu'une confusion où la phonétique n'entre pour rien, et qui est due simplement à ce qu'un nominatif en tts est susceptible de plusieurs déclinaisons différentes (cf. peni penoris penUs § 2, pecudis et pecoris tirés indûment du vieux thème indoeuropéen paku-y pondus ponderis et pondo). Des exemples allégués par M. Corssen il ne reste par conséquent que pubes pubis à côté de pubères. Or ce dernier ne prouve rien : le r est ajouté dans pubères et non supprimé dans pubis^ de même qu'il est ajouté dans boverum (thème bou- = 0ou- = indien gô^) et non supprimé dans 6o6itô ; cf. § 493. Le dérivé pti^^^os (non pif6es/as) n'a pu être formé qu'après le développement du rhotacisme, c'està-dire vers le quatrième siècle avant notre ère au plus tftt (Gorssen,

1. La voyelle qui sépare s et r au nomin. était tombée ici longtemps avant que le latin existât : on n'a donc point à attendre en latin vertris puis verris (Corssen p. 465).

2. Cf. les nom. vomer, veter, à côté des vraies formes oiganiqnes vomis, vêtus.

3. La plus probable de toutes les hypothèses, c'est que cerealis est pour * cerialis, comme ea — skr. yâ = ^ est pour une forme arioeuropéenne ta, comme eamus est pour *iamus. La divinité dont le nom a donné cet adjectif devait donc être une * Ceria, laquelle n*est autre que la regena pia Cerie lovia sabellique (Corssen, Aussprache 2, 350).

Ausspraehe 4, 237); il montre que le thème le plus rivant, et par conséquent sans doute le plus récent, était ptifrer et nonjpii6.

2* die$ et ^pe$, A côté du thème indoeuropéen diwas il y avait un autre thtene diw^ [Mém. soc. ling. 2, 28, cf. Bopp, Gramm, eomp. trad. 2, 340, § 352). L'un et l'autre dérivent de la fausse racine diw {Mém. Sue. ling. 2, 479), laquelle n'est sans doute qu'une altération du thème disyllabique diu (formé de la racine di et du suffixe u) . Le thème diwas a persisté dans diur-nus et peut-être dans le nominatif di?!.* mais dieij diem, die, dies, diirum (avec un ^ long), diAus ne peuvent s'expliquer que par le thème diu)!. Il est possible d'ailleurs que les Latins aient confondu les deux mots, et que ce soit là l'origine du double genre de dies. Quant à spes^ c'est avec res le seul monosyllabe latin en es : on comprend aisément que l'analogie de res ait fait substituer spes spei à spes speris* ; res luim&ne, primitivement masculin-féminin (Meunier, Mém. soc. ling. 4, 22 et 32) correspond à l'indien ras qui a aussi les deux genres, et par suite a certainement un thème vocalique et non un thème en s.

3* fideSf famés et plèbes, M. Gorssen ne cite aucune preuve qui permette d'attribuer à ces mots un ancien thème en s. Non-seulement la déclinaison en es, et, mais les dérivés fidêliSy famêlicus^ plebêcula^ plebeiusy n'attestent que des thèmes en e. Le changement de la déclmaison es et en la déclinaison es is est démontré, comme l'admet justement H. Gorssen, pour famés et plèbes {plèbes plebis ql donné par suite un dériy é plebitas)\ fides y a échappé sans doute à cause de la confusion possible avec fides fidis, corde d'instrument. Si Ton compare les terminaisons des deux déclinaisons, on voit qu'il n'y a que trois formes tout au plus qui puissent leur être communes : le nom. sing. en es, i'acc. en ^m, et le nom. ace. plur. en es : nous pouvons négliger ce dernier parce que ni famés ni plèbes ne sont guère susceptibles d'être employés au pluriel. Or un principe évident de méthode indique qu'on ne doit admettre le passage d'une flexion à une autre qu'en expliquant la transition par une désinence commune dont l'existence est antérieure et qui a été l'occasion d'une ccmfusion. Cette remarque conduit immédiatement à faire une distinction entre l'accusatif commun en ^m et le nominatif commun en ?5 : le premier est parfaitement organique dans la déclinaison des thèmes en t ou des thèmes à consonne (§ 4 09} , et parfaitement organique dans la déclinaison des thèmes en ? (§ 4 4 8) ; le second au

i . Spe ne provient pas plus de spese par la chute d'un s que quie de qmeie par la chute d'un /, ou que lapi de lapide par la chute d'un d.

contraire ne s'explique bien qu'à l'aide d'un thème en e. Donc l'accusatif commun a été seul cause de la confusion et, quand p/e6ts a été substitué aplebei, c'est que l'équation plebis == plebei résultait naturellement de l'équation plebis : plebem ■■= plebei : plebem,

4** caedes etc. M. Corssen cite vingt mots. Sur ce nombre il n'y en a qu'un pour lequel on ait quelque ombre de motif d'admettre un thème en « : c'est clades^ dont le dérivé cladestinus se trouve dans les Notes tironiennes ; cladestinus ressemble d'ailleurs tellement à clandestinusy qu'il n'en est probablement qu'une imitation. Pour caedes^ strues et strages^ ambages et contages^ rien n'indique la forme la plus ancienne du thème. Pour a>edes^ vehes^ rupes^ sepes cette forme la plus ancienne du thème doit avoir été en i, comme l'indiquent aedïculaeiaedilis et peut-être le macédonien aèiç (Curtius, Grundziige * 235) , vehiculum, mpïco et rvplna^ sepïcula et seplre. Elle parait avoir étéenëpour lues, labes, proies indoles suboles, propagesy à cause de luëcula et luëla^ labêcula et Xo)6-r], proie tarins, prapa^ gare; quant à squales et scabres, dont les ablatifs squale et scabre employés par Varron sont des à-aÇ efpY^Aéva ou à peu près, ils ne semblent pas avoir été jamais fléchis sur la troisième déclinaison ; scabrcdo montre encore le thème primitif en ê (dans squalïdus et scabrUies les aggrégats ï-dus, Uties sont ajoutés de toutes pièces aux aggrégats également anorganiques sqiuil, scabr). Enfin sordes et tabès sont d'origine très-incertaine, car on a sordeo et sordicula, tabesco et tabidus, mais le plus vraisemblable est que l'ancien thème était aussi en ë, — Ainsi, parmi les mots en es à génitif en iSy quelques-uns viennent de thèmes en T, les autres viennent de thèmes en ê. Les thèmes en ë n'ont pu prendre le gén. en ts, ainsi qu'on l'a vu pour les thèmes famé eiplebë^ que par une confusion engendrée par l'accusatif en em. Transplantés dans la troisième déclinaison ils ont réagi à leur tour sur les thèmes en i, avec lesquels ils avaient désormais tous les cas en commun, sauf le nom. singulier : ils leur ont prêté leur nominatif en es, que le hasard, ou peut-être le besoin de distinction entre ce cas et le génitif, a fait foisonner dans la déclinaison en i du vieux latin et du latin populaire *. La preuve certaine que la désinence es s'est accouplée à des

i . Les formes des bas temps comme luis pour lues ou omnes pour omn'is ne sont intéressantes qu'au point de vue orthographique. Il n'y avait plus de quantité, et les voyelles ne se distinguaient plus que par le timbre, e bref sonnait tantôt comme è et tantôt comme une diphthongue iè, i long comme notre i, e long et i bref sonnaient l'un et l'autre comme notre é, de sorte que les fmales de lues et de omriis étaient semblables. Le luis de VAppendix Probi, le omines de Domitius

Ibèmes qui n'étaient pas faits pour la recevoir, c*est qu'on a dit canes (§ 35), du thème can (pour kuan = xuov = indien çvan^ Mém, soc. ling, 2, 485). — M. Corssen a donc raison d'admettre que beaucoup de mots de la troisième déclinaison ont fait auparavant partie de la cinquième. Il aurait pu en citer d'autres encore, comme palumbes (à côté duquel on a palumba^ comme à côté d'avarities avaritia). Mais c'est gratuitement qu'il veut ramener ces mêmes roots à des thèmes en s.

5® avarities etc. M. Corssen a bien manifestement raison quand il suppose que 1'^ de avarities est pour un a, et est peut-être dans le vrai quand il attribue cette altération à Vi précédent >. Mais je crois qu'il se trompe quand il explique le s Onal du nom. singulier comme un supplément anorganique dû à l'analogie de dies ou d'autres mots à thèmes en s. D'abord, je le rappelle, il n'y a dans la cinquième déclinaison aucun mot à thème en s autre que spes et peut-être dies. Ensuite il existe en indien {Mém. soc. ling. 2, 26) des féminins en U qui prennent un s au nom. singulier tout comme les masculins, à savoir (outre gnâ-s^ qui peut être contesté) les composés comme nâma-dhâ-s et les féminins comme sin/hJ-s pour si/vhiâ'S. Ces derniers surtout sont précieux parce qu'ils nous montrent la terminaison as ^ latin es précisément après un t , exactement comme avarities^ faciès et leurs congénères. Le rapport mutuel des deux féminins avarities et avaritia est d'ailleurs exactement le même que celui des masculins grecs iTCTuéTTjç et kx^xa, et à peu près le même que celui des masculins latins paricidas et parricida.

En résumé la théorie si complexe de M. Corssen ne se vérifie ni dans son ensemble ni dans aucun de ses détails essentiels. Et l'on peut se représenter ainsi la formation de la déclinaison en e : tous les mots qui en font partie proviennent de thèmes féminins en â (presque tous en iâ) ; les seules exceptions sont spes, qui vient d*un thème en 5, et res^ dont le thème est peut-être râi avec une diphthongue (cf. l'indien) ; si dies a conservé quelque chose du thème diwas, il a conservé bien plus du thème diwâ. Le changement de Va thématique en ê a amené une scission entre la première déclinaison, où l'a persistait, et la cinquième où il s'altérait. Les désinences casuelles sont parfaitement parallèles dans les deux

Phaon (p. 26 n. 1), sont de simples variantes d'épellation, tandis que le canes de Lucilius est vraiment une autre forme que cams.

1. Notons pourtant qu'en grec l'i, aussi bien que les autres voyelles, empêche Va de devenir ti.

déclinaisons, sauf au nominatif singulier; et là encore la comparaison des féminins indiens comme navci et des féminins indiens comme sin/Ms rend compte de Tanomalie :

Sing. nom. familià diês

ace. familiam diem

gén. familiïïs diês

37 êî

d. familiâi diéi

abl. familiâ[d) diê{d) Plur. nom. osque et ombr. ...as diês

ace, familiâs diês

gén. familiârum dtërum

d.abl. equâbus diëbus La cinquième déclinaison a prêté parfois à la troisikne, elle ne lui a jamais emprunté. — Tr.]

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