‹ Précis de la déclinaison latineChapitre 36 sur 289 · Corpus inscr. Latin. 1 p · texte numérisé non relu

Corpus inscr. Latin. 1 p

5. [On lit déjà dans Lucrèce, 4, 1041 : illam \ emicat in partent sanguis, unde icimur ictu, — Tr.] — Lachmann, commentaire sur Lucrèce p. 59.

6. [Lucrèce 1, 853 : ignis, an umor, an aura f quid horum î sanguen, an ossa f — 860 : scire licet nobis venas et sanguen et ossa,... Nonius p. 224 cite d'autres exemples tirés d'Ennius, de Lucrèce, d'Attius, de

plupart du temps la nasale du thème tombe elle-même : c est ce qu'on peut remarquer dans termo S praedo, margo, natio, Cicero ; ei même dans les noms grecs, Apollo, Aga-memno; et en général au nominatif des thèmes en on. De plus, Vo long de ces thèmes s'abrégea de bonne heure : final, il s'abrégea dès le début dans les mots iambiques comme homOj et seulement vers la fin de la république dans les crétiques comme Pollio; médial, il reste long dans les plus anciens auteurs, mais les accusatifs homônem et hemônem furent remplacés après Ennius par hômônem ou homînem *. On a du nom propre Apollo le génitif Apolones ^, les datifs Apolenei et Apolinei ^; les contemporains de Fronton renouvelèrent la déclinaison de ce mot en rétablissant Yo du tlième. — Il y a enfin un mot dans la déclinaison duquel Yo du thème disparut absolument : c'est car a, qui fait au génitif camis, — Parmi les noms masculins et féminins, un petit nombre seulement conserva la nasale au nominatif, comme tibicerty génitif tibicinis, de la racine can. Mais dans les noms neutres la nasale subsista régulièrement; qu'il suffise de mentionner germen et nomen ^. — Il y a divers exemples isolés d'élargissement des thèmes à nasale dans les nominatifs coepulonus, camis, canes, senex ^.

Varron, de Cicéron. — Voir sanguem dans Orelli 5054, 22 {tab. frat. ArvaL). — Tr.]

1. Ennius, Annales 470 et 471, passages cités par Festus comme exemples du mot en question. — Tr.

2. [Priscien 6, p. 683 P., p. 206, 23 Hertz : Ennius : « vulturus in silvis miserum mandehat homonem » (Annales 141.) Paulus diaconus: hernona kumana et hemonem hominem dicebant. On a cherché à restituer les formes en o long dans divers passages de Plaute (Bergk, dans le Philologus, t. 17 p. 54 et suiv.). — Tr.]

3. Corpus inscr. Latin, 1 n* 187 [aidiles vicesma parti Apolones dederi. — Tr.J

4. [Corpus 1 n° 167, cippe du Picénum; — n® 562, amphithéâtre de Delphes : Apolinei {P)utio. — Tr.]

5. On doit comparer à cette classe de mots les noms élargis comme incrementum, cognomentum^ et les noms grecs à thèmes en [AaT, comme ôvo|iaT. [Ce rapprochement est légitime, mais je ne sais trop en quoi il peut éclairer, comme paraît Tinsinuer l'auteur, le phénomène de la conservation de la nasale dans les nominatifs neutres en men. — Tr.)

6. [Plaute F et sa 100 : terréstris coepulonus te adpelldt tuus. Tite-Live écrit encore, 37, 3, quod Laurentïbus camis, quae dari débet, data non fuerat. Ennius, Annales 518 : tantidem quasi fêta canes sine dentibus

NOMINATIF SINGULIER DES THEMES A LIQUIDE

29. — Un thème terminé par un l ou par un r ne prend pas de s au nominatif; on le voit dans sol, praesul, mater, doctor. C'est que les deux liquides ^ et r ont le pouvoir de s'assimiler le s qui les suit (ainsi velse est devenu velle, et /erse est devenu ferre) ^ ; après avoir subi cette transformation le s du nominatif a disparu. Si les thèmes par et sàl avec un a bref donnent des nominatifis par et sâl avec un a long, c'est que sàl, par exemple, est pour une forme sallj à liquide redoublée, originairement identique au grec aXç. Fleckeisen a cherché à établir qu'il y a eu aussi une vieille forme patêr, avec allongement par compensation comme dans le nominatif grec TzaLvhtp tiré du thème xaTep ^. — Aux autres cas que le nominatif, le thème pater perd la voyelle e : le génitif est joa^m. Mais dans la déclinaison des noms où il entre en composition, la vieille langue laisse subsister cette voyelle, et dit au génitif Opiteris, Maspiteris, Diespiteris^. La langue de l'époque littéraire supprima Ye partout en dehors du nominatif. La métrique de Plante exige même dans bien des endroits un nominatif monosyllabique patr, correspondant exactement au génitif patris et à l'accusatif patrem. Il ne faut pas nous étonner de voir dans Plante pater compté tantôt pour deux syllabes et tantôt pour une seule : la métrique de Plante nous oblige bien souvent à reconnaître à côté l'une de l'autre

lairat, cité par Varron comme exemple de canes. (Voyez g 35 la note relative au thème can). — Sur senex voir § 5. — Tr.].

1. Le suffixe de Tinfinitif est 5e, plus anciennement sei, et correspond aux infinitifs grecs comme >^><rat et aux infinitifs sanskrits en se = sai. Le s reste dans legisse ; dans légère il devient r, comme toujours entre deux voyelles. La désinence se est "encore intacte dans deux infinitifs présents, esse ^ es-\-se, être, et esse = ed-\- se, manger. Enfin Pauius diaconus, Tabréviateur de Festus, nous donne la glosse dasi dan. — Tr.

2. Fleckeisen, Jahrhûcher de Jahn 61, 32. [M. Gorssen le combat vivement sur ce point, Ansspraçhf^ 2 p. 502 note. — Tr.].

3. Priscien 6. p. 695 P. Q^ 39) [Invenxuntur tamen apud vetusiissimos haec ancipitis genetivi : hic accipiter huius accipiteris et accipitris, Opiter OpUeris et Opitris, Maspiter Maspiteris et Mctspitris, Diespiter Diespiteris et Diespitris, sic etiam luppiter luppiteris et Iuppitris,ut Caesellio Vindici placet, debuit decUnari. — Tr.]

des formes différentes, que nous surprenons les unes à leur naissance et les autres à leur déclin. A cette époque le corps de la langue fut bouleversé tout entier par une influence nouvelle, celle du rhythme poétique ; et il ne devait pas subir de révolution plus considérable avant les événements qui, tout en introduisant de nouveaux éléments dans l'histoire générale du monde, firent tomber le latin lui-même en décomposition. On trouve d'ailleurs dans les inscriptions patr et la forme encore plus mutilée Diesptr *. Nous pourrions, il est vrai, supposer, pour expliquer les passages embarrassants de Plante, que pater était prononcé pote, et que la lettre supprimée était le r de la fin, et non Ye qui le précédé. Mais cette hypothèse est très-peu vraisemblable* : c'est en réalité Ye qui tombait. De même pour scander certains anapestes de Plante ^ on est obligé d'admettre une mutilation du premier mot soror, mutilation qui consiste non pas à retrancher la consonne finale comme dans maio pour maios^, mais à passer légèrement sur Yo qui précède cette consonne ^. — Les noms comme orator avaient d'abord Yo long au nominatif aussi bien qu'aux autres cas, et on disait oratôr comme oratôyns. On en a des preuves d'une part dans le mètre des crétiques de Plante comme magister mihi exercitôr animus nunc est, et dans les apices d'une inscription du temps d'Auguste : grammaticus léctôrque fui «.

1. Corpus inscr. Latin, { n* 130 [inscr. d'un tombeau : 2>. Oppi L, /. Flacus patr. Et n® 131 : L, Oppi L. /. Flacus filius, — n® 1500 (une des cistes de Préneste citées § 6) : Diesptr. — Tr.J

2. C'est pourtant celle que fait l'auteur pour le mot color § 33. — Tr.

3. Stichtu 3 : soror^ suo éx animo. [Ritschl 1 : credo égo fuisse miseràm, soror, Penélopam ex animo. Voir sa discussion sur le rhythme. — Tr.]

4. [Voir g 33. Noter que dans soror la liquide finale est primitive (sanskrit svasr), tandis que dans maios ou maior la finale primitive est une sifflante. — Tr.]

5. Comparer sobrinus^ qui provient de sorrinus pour sororinus, [M. Corssen dit dans sa critique dii présent ouvrage, Zeitschrift fur veryleichende Sprachforschung 16 p. 292: « L'auteur prétend sans hésiter que so'br-inu'S est sorti de sorr-inus (p. 7); c'est une grave erreur, car en latin pas plus que dans aucune des langues congénères rr n'a jamais pu donner par dissimilalion br. Je renvoie là-dessus au passage où j'ai montré que dans cette forme -so-br- provient de -soror-bri', formation comparable à mulie-bri- pour mulier-bri- (Kritische Nachtraege p. 191 et suiv.) — Tr.]

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