Corpus inscr. Latin,, 1 p
une inscription d'un mur de Pompéi (Corpus inscr. Latin. 4 n* 1837); mais cette interprétation, bien qu'elle nie paraisse la meilleure, ne me semble pas assurée. La même inscription représente la lettre e par deux î, et par conséquent on pourrait lire aled. — Le suffixe était originairement en ^, et ce / s'est conservé dans certaines langues; mais en Italie il s'était déjà adouci en d avant que l'histoire commençât pour la langue latine *. Le d est d'autre part le signe de l'ablatif, soit dans le latin lui-même, soit dans les autres dialectes italiques, et en latin on n'a plus aucune trace du t primitif.
67. Affaiblissement du d du iieutre, — En grec, la dentale finale était tombée dans tî et dans àXXc, etc. En latin, au sixième siècle de Rome, le d de l'ablatif était fort affaibli, et bientôt il allait aussi disparaître entièrement. Quant au d du nominatif neutre, il était à cette époque menacé du même sort ; il avait perdu beaucoup de sa force. Dans la poésie dramatique on pouvait en faire abstraction devant un mot commençant par une voyelle, et élider la voyelle précédente : ainsi, dans nombre de passages de Plante et de Térence, quôd eius ou quïd huiiis compte pour un pied de deux syllabes, trochée ou spondée suivant la quantité de la finale.
68. Trois vers expliqués par Vélision de quod. — On admet ordinairement que dans les vers de Plante, quid tibi ego dicam quôd omnes mortalés sdunt'"^? la première syllabe de omnes se prononçait comme une brève. 11 faut reconnaître que dans ce cas et dans la plupart des cas analogues, la syllabe qui suit le pronom quod est longue par position seulement et non par nature, et que par conséquent il n'est pas impossible qu'elle compte pour une brève et compose avec quod un groupe de deux brèves équivalant à une longue. Néanmoins voici ce qui me paraît le plus vraisemblable : dans la prononciation de l'époque de Plante, prononciation sur laquelle les poètes du théâtre réglaient leur versification, le d final des pronoms était allégé et
1. [M. Bréal serait porté à admettre au contraire, d'après le témoignage des langues italiques et germani(]ues, que la dentale qui sert de signe casuel au nominatif pronominal neutre (et comme elle la dentale de Tablatif), était déjà un d dans la langue-mère indo-européenne. Mémoires dé la tociélé de linguistique de Paris 1 p. 211. — Toutefois il est à remarquer que les plus anciennes formes de Tosque présentent le t et non le d: ttcd-t, cao-T, pitpit (Euderis, Formenlehre d. osk. Sprache, Zurich 1871, p. Ixvij), et qu'il est prouvé d'ailleurs que l'osque peut alfaiblir en d un t final (formes verbales kàmbened = convenit, etc., ibid. p. xxviij). — Tr.j.