Miles glariosus
BÙCHELEE 4
comme volatilisé ; en disparaissant il laissait en contact immédiat les deux voyelles entre lesquelles il se trouvait placé auparavant. Les deux voyelles se contractaient alors ; la soudure se &isait dans quo{d) eius comme dans quo{m) eius. Suivant qu*on admettait ou qu'on écartait cette contraction^ quod eius par exemple comptait à volonté pour trois syllabes ou pour deux, pour un trochée -o ou pour un amphibraque cr-v^ ; c'est de la même manière que te uti ou ted uti formait au gré du poète un
spondée - - ou un molosse . Je pense que c'est par cette
théorie qu'il faut expliquer le vers de Plante en question : dans quod omnes les deux premières syllabes se contractent ; elles comptent non pour deux brèves, mais pour une longue. — C'est par le même procédé que j'expliquerais encore le vers 969 du TrinufïimtJLS : quôd a nie te accepisse fassu's Ml est inutile de changer la leçon des manuscrits, comme on le fait ordinairement. — Il y a dans l'inscription de Mummius, qui date de l'an de Rome 609, un vers saturnien ainsi conçu : ob hdsce rés bene géstas quod in bellô vôverat *. J'avais autrefois rendu compte de ce vers en supposant que la syllabe in était considérée comme brève, et cette supposition n'était pas arbitraire; il y a en eflFet un passage du Persa de Plante où il est nécessaire de lire ïleœ pour inleœ, soit parce que la mesure l'exige impérieusement, soit parce que Nonius autorise expressément cette interprétation^. Néanmoins, je penche actuellement à croire que in devant bello est compté régulièrement pour une longue, et que le mot affaibli est quod^ dont la voyelle s'élide après la chute du d. L'annihilation d'une consonne dentale à la fin d'un mot était un phénomène assez commun, et ce phénomène s'était originairement produit sur un champ assez vaste. On l'a constaté en effet dans des mots de nature très^iverse: dans des ablatifs comme marid 7nari; dans des indéclinables comme fiaut haud hau; dans des formes verbales comme dedet et d€de\ entre celles-ci fecid marque ime transition, le t s'êtant adouci avant de disparaître**. Au contraire les cas où le n s'effaçait entre une voyelle
1. M. RitschI, dans sa nouvelle édition du Trinummus repousse cette idée. — Tr.