Voir Forcellini, à la fin de Tarticle sacer, — Tr
5. Renier, Inscriptions de V Algérie n* 2868 : fecerun(t) titu(lum) fili et génères, 1348 : generi. Sur la double déclinaison de puer v. § 52. — Tr.
6. Corp, inscr. Latin. 1 n* 32 : honc oino ploirume cosentiont i2(omanef) duonoro optumofuise viro, 554 et 555 Illvire. — Tr.
amicei, oinvorsei, createi, reliquei. Le groupe ei, naturellement, ne représentait pas deux voyelles distinctes ; il représentait soit un son particulier participant de Ye et de Yi, soit un i long, comme la diphthongue grecque et après Périclès ^ . Lucilius avait un système d'orthographe qui consistait à écrire le nominatif pluriel par ei et le génitif singulier par i pour les distinguer Tun de l'autre^. Et Gellius avait lu dans Nigidius un précepte semblable ^. Quintilien, au passage cité, déclare que non-seulement l'orthographe en ei est inutile, mais qu'elle est même incommode^ parce que pour être logique on devra, si on l'adopte, mettre deux e dans le pluriel de aureus, et écrire at^eei,
89. Thèmes en io et eo. — Or, c'est là une chose que les Romains ne faisaient certainement pas. Au contraire, lorsque la terminaison du nominatif pluriel se trouvait précédée soit d'un e, soit d'un t, ils la contractaient avec cette lettre en une seule syllabe ei. A côté de filiei, en effet, nous trouvons feilei et filei; nous avons sociei et socei, librarei, thurariei et turareis, forme qui est aussi un nominatif pluriel, lovei et non loviei ^. Dans le pluriel dei ou di la contraction se maintint à toutes les époques ; aucun poète ancien ne fait de ce mot un disyllabe. Plaute se permet même de compter pour deux syllabes les pluriels aurei (de aureus) et fUi (de filius) dans les anapestes du Stichus et du Miles gloriosus ^, et dans tous les genres de vers les anciens poètes dramatiques se croient auto-
i. Index de Hûbner dans le l*' vol. du Corpus, p. 604 col. 1. Les exemples cités ici se trouvent aux n*» 200 1. 45 (p. 82)^ 807 et 1424, 204 (1 1. 7, p. H4), 1% 1. 19 (p. 43), 200 1. 77 et 206 1. 24 (p. 12!). 206 U 151, c*est-à-dire en particulier dans la lex agraria, la lex de Termessibus, le 8énatus-KX)nsulte des Bacchanales et la lex Iulia municipcUis,-^ Tr.
2. Quintilien 1, 7, 15 : ut Lucilius praectpit : iam pueri venere : e pastremum facito atque i || ut pueri plures fiant, — Tr.
3. A. Gell. 13, 26, 4. Voici le texte de Nigidius quil avait sous les yeux, et qui dififère du texte de Gellius tel que nous lisons aujourd'hui: si huius amici vel huius magni scrxbas^ unum i facito extremum, sin vero hi magni hi amici ccuu multiiudinis recto, tum e ante i scribendum erit,
4. Corpus inscr. Latin. 1 n«» 1275, 1284, 1272; 204 (1, 7, p. 114), 1041 ; 206 (80, p. 121); 1091, 1092; 571 : magistrei lovei compagei. — Tr.
5. Stich. 25 : montis qui esse aurei pérhibentur, Glor, 1081 : périt, quot hic ipse annàs vivet, quoius fUii tam diu vivont î — Tr.
risés à faire une seule syllabe de mei aussi bien que de dei '. — Mais, en dehors de ces exemples^ la contraction de la terminaison i avec la voyelle précédente était une pure licence de la langue populaire, licence attestée d'ailleurs par mille témoignages des inscriptions et des manuscrits ; nous trouvons par exemple By^tti^, ait (forme ancienne aleiy. Elle était bannie du latin élégant, bien que Properce, poète novateur, ait dit Gobi pour Oabii^. A partir de César, la théorie constante des grammairiens fut que le nominatif pluriel ne devait pas avoir moins de syllabes que le nominatif singulier. Les Fastes prénestins de Verrius donnent en effet alii, et l'usage des poètes est d'accord avec la théorie. C'est d'après ces données qu'il convient d'apprécier aussi l'usage des prosateurs soumis à la discipline grammaticale.
90. Orthographe : ei ou i. — Dans nos textes actuels, il est rare qu'on ait gardé à la vieille terminaison ei sa place légitime; elle a été supplantée par la forme plus simple t. Stilon (ou le premier, quel qu'il fût, qui rassembla en un seul corps les pièces de Plante) avait établi que les titres de deux de ces pièces devaient s'écrire capteivei et Menaechmei, Dans les manuscrits des anciens auteurs, jusqu'à Cicéron inclusivement, et aussi à partir de l'époque de Trajan, on rencontre en assez bon nombre des nominatifs pluriels comme virei, maœumei^ aliei, prodigei; encore beaucoup de formes semblables ontelles dû être remplacées par des terminaisons en i, soit par le fait des grammairiens des premiers temps de Tempire, soit par celui des réviseurs qui du troisième siècle au cinquième cherchèrent à défendre les textes contre l'invasion de la barbarie, soit enân par le fait des moines du moyen âge^. Considérée en eHe-
1. Voyez au § 105 le voc. sing. et au § 183 le gén. sing. du même pronom.
2. Dans le manuscrit de Paris de la troisième décade de Tite-Live, 24, 2, 10.
3. Orelli 643 : ali avec t longa. Tite Live 3, 64, 8 (manuscrit de Vérone de la première décade), 42, 3, 9 (manuscrit de Vienne de la dernière décade).
4. Lachmann, commentaire sur Lucrèce p. 252. [Properce 5 (4), 1, 34 : et qui nunc nulli, maxima turha Gobi. — Tr.]
5. Par exemple ce n'est que la seconde main du meilleur manuscrit de Plante (B) qui a changé en i la terminaison des mots natei^ geminei, puerei aux vers 18 et 19 des Ménechmes. [M. Neue, Formenlehre der latein. Sprachei p. 97, cite, entre autres exemples tirés des manuscrits,
même, d'ailleurs, la terminaison i est à peine plus récente que la terminaison ei : au commencement du septième siècle de Rome on lit déjà dans les inscriptions fructi à côté de fructei et flovi^ qui équivaut à floviei ou flovei. Ces deux formes se trouvent d'ailleurs réunies sur un même document, à côté d'anciens nominatifs en es eis i$^. La Rome de l'empire écrit toujours populi et non populei. Elle écrit par deux i des pluriels comme alii, mais quand le premier est un i consonne elle le supprime : ex. ludi plebei = Ituli plebeji. Du moins Probus d(mne le précepte que voici : numeri pluralis hi Gai^.
91. Terminaison î. — L'origine de la terminaison i indique qu'elle doit être longue. Elle s'abrégea pourtant dans cette période de là langue qui déforma les terminaisons de toute espèce et à laquelle Tavénement de la littérature mit un terme. n reste par exemple des vestiges de la quantité î dans des anapestes de Plante : hi locî sunt atque hae régiones, — merï béllatores gignuntur, — et même à la fin du vers mediidti sunt dolî docte ^.
NOMINATIF PLURIEL DES Dn'ERS THEMES NOMINAUX NEUTRES.
92. — En latin comme dans certaines langues congénères les divers thèmes nominaux neutres terminent en a leur nominatifaccusatif-vocatif pluriel. Il ny a pas de thèmes neutres en e ni en a. Si le thème se termine par un i, un u ou une consonne, la désinence a s'ajoute purement et simplement à ce thème : ainsi se forment mi7m, altaria, genua, aussi bien que capita, carmina, niella, corpora. Si le thème se termine par un o, c'est-à-dh'e si originairement il se terminait par un a, Va de la désinence se fond avec cet a primitif du thème : ova, vascula, sacra.
93. Quantité de la terminaison a. — L'a final des pluriels neutres doit être considéré comme originairement long, nonseulement quand il résulte de la contraction du suffixe avec la
maxumei et plurumei dans TAmbrosianus aux vers 2, i, 34, 35 des Ménechmes de Plaute , aliei et virei dans le Mercator (2, 2, 47) et cdiei dans le Persa (2, 4, 24) d'après le même manuscrit. — Tr.]
1. Corp. inscr. Latin. \ n? 204, 1, 31 (p. 114) : usei fructeive sunt. 199 1. 36 (p. 13) fructi sunt; l. 23 ubei conflovont flovi Edus et Porcobera, cf. 1. 37 Vituries, 1. 1 Minucieis, 1. 13 hisce. — Tr.
2. Imtituta artium p. 104, 23 (Grammatici latini éd. Keil vol. 4).
3. Pseudulus 595, MUes gloriosus iOll , Pseudulus 941. [Sur le premier exemple voir Ritschl. — Tr.]
BÛGHILEK 5
vojeDe finale du thème, mais même quand il ne contient que le suffixe seul '. On a des exemples de cette quantité dans des réponses d'oracles en hexamètres : de incerto certâ ne fiant y si sapis, cateaSy et de vero falsâ ne fiant indice falso * ; il est vrai qu*ils ne sont pas des plus probants, parce que la césure j a sa part d'influence, dont Tiroportance est peut-être capitale. Mais on en a d'autres encore. Ainsi, dans une inscription du tombeau des Scipions, il y a un vers qu'on peut scander ainsi : mars pérfecit tua ut éssent àmnid brévia, et qui alors rentre immédiatement dans la règle du saturnien^. Plante écrit vérbe7'à, cômpedes pour faire un crétique, et Térence mémbra ynetu débilià sûnt pour laire un choriambe*. A la fin d'un septénaire du Stichus de Plaute on aurait tort d'accentuer tônsilia tapétia : cela n'est pas admissible , et l'acteur récitait certainement tônsilia; on lit dans le même poète nisi camarid tria gravida, — fdcinord puenliay — ômnid malefacta : c'est là, pour Plaute, une accentuation fort extraordinaire ; et nous ne pouvons l'expliquer d'une manière satisfaisante qu'en supposant que de son temps l'a des neutres avait encore pour les oreilles romaines une certaine durée, intermédiaire entre la longue et la brève ^.
94. Confusions entre des thèmes neutres et non neutres. — Quelques thèmes en i et en u ont un double pluriel qui témoigne que la langue a longtemps hésité entre deux modes de formation. L'un des deux pluriels suivait la règle des noms masculins et féminins. Ainsi on disait artus et artua, Quinquatres, Quinquatrus et QuinqucUria. Mais les formes neutres disparurent : artua tomba de lui-même en désuétude, et Quinquatria fut proscrit par les grammairiens ®.
95. Confusion entre les terminaisons aetisi. — La langue hésita aussi entre de doubles formes, toujours neutres^ mais qui
1. En sanskrit ce même suffixe se retrouve sous la forme d'un a long. — Tr.