Corpus inscr. Latin. 1 n» 199 l. 23 (p
5. Corpus inscr. Latin, p. 120 n" 206 l. 34 : ante tribunale suom proposituni kabelo. — N° 1007 : suom mareitum corde dilexit sovo. — Tr.
en ij ont des accusatife singuliers en er/K Les accusa tiis en im^ qui sont d'ailleurs en petit nombre, appartiennent exclusiTement â certains thèmes en t. Cela pourrait d'abord nous donner à penser : 1* qu'originairement la terminaison em était particulière à la déclinaison des thèmes à consonne, qu'elle provenait d*un affaiblissement de la terminaison indo-européenne am, et que fratrem était historiquement identique au sanskrit bhrjtaram ; 2* que tous les thèmes en t avaient primitivement des accusatifs en t»i, et que plus tard beaucoup d*entre eux avaient emprunté la terminaison em à la déclinaison consonantique, parce que devant m Ye se prononce bien plus aisément que Tt. Mais nos idées changeront si nous étudions le cycle des langues gréco-italiques et si nous comparons ces langues avec le latin. En grec, pour les thèmes à consonne, le suffixe de Taccusatif singulier est un simple 2, et le thème ^p^-'op fait çpiTopa : la nasale finale a c<;mplètement disparu, fin ombrien le suffixe est u ou suivant un épel plus récent ; et dans cette langue pas plus qu'en grec on ne trouve trace de la consonne finale, même en remontant aux sources les plus anciennes que nous possédions : aux accusatifs latins auctorem^ cotmicemy correspondent en ombrien u/Uuru et curnaco. Or, la désinence latine eut ne peut guère se concilier ni avec la désinence 2 ni avec la désinence u, o^. D'ailleurs les thèmes en i, en ombrien, forment des accusatifs en em aussi bien qu*en im (dans ces derniers, le m tombe souvent) : ainsi pevaknem et sevakni(m) correspondent à perenneyn et solenneni. En osque enfin une désinence qui s'écrit en caractères osques im et en caractères latins im est commune à la déclinaison en f et à la déclinaison consonantique : à l'accusatif le thème slagi fait slagim^ le thème medik fait medicim, — Tout cela est peu favorable à rhvpothèse qui fait de em la désinence propre des thèmes à consonne et de im la désinence propre des thèmes en /. En voici une autre qui me paraît plus probable : dans l'ancien latin comme en ombrien, la terminaison em était réservée au;x thèmes en t, et le thème aidili faisait à l'accusatif singulier aidilem comme il fait au nominatif pluriel aidiles. Des thèmes en t, la désinence em s'étendit aux thèmes à consonne, qui avaient une autre terminaison. Si ensuite em ne s'est pas transformé en
1 . Le témoignage du grec est ici sans grande valeur, car on pourrait avoir/ra/rejn = çpaTopa, aussi bien que decem = ôe'xa. Celui de l'ombrien a plus d'importance. ~ Tr.
m, comme on pourrait s'y attendre, cela tient à une raison phonétique : Ye avait avec le m plus d'affinité que l't ^ .
1 • Sur l'accusatif de la troisième déclinaison, M. Corssen dans sa critique n'est pas d'accord avec Fauteur : « Dans la déclinaison en i, l'ancienne terminaison accusative serait em. Mais les thèmes en a font à l'accusatif singulier am, les thèmes en e eni, les thèmes en u um, les thèmes en o om, et de même les thèmes en i n'ont pu faire que im, comme en sanskrit t-m, en grec i-v, etc. En fait le plus ancien accusatif de thèmes en i que nous présentent les vieilles inscriptions est un accusatif en im^part-i; là comme ailleurs on a laissé tomber le m final. D'ailleurs, l'accusatif originaire en im s'est aussi conservé dans les nombreux accusatifs en t-im provenant, comme par-t-im et autres, de thèmes en ti originaires ; voir mes Kritische Bcitrœge p. 76. 281. Enfin un ancien e n'a pu devenir t devant un r/i, du moins dans le latin archaïque et classique, car i et m sont sans affinité, et c'est Ye au contraire qui pénètre, à la place de Ti, dans les syllabes finales que termine soit cette voyelle, soit une consonne faiblement articulée qui la suit. » li y a là beaucoup de vrai, et il est probable, en effet, que em est l'altération de im et non im l'altération de em. M. Merguet (Entwickelung der latein. FormenbUdung § 6H) va plus loin, et remet en honneur la théorie de Bopp, em — am originaire accusatif des thèmes à consonne, im = im originaire accusatif des thèmes en i. Quoiqu'il ne donne pas de raisons bien fortes, et surtout n'expUque pas avec précision le rapport historique des formes que présentent les trois langues d'Italie, il a probablement raison. On peut dresser le tableau chronologique et généalogique suivant :