Quintilien
sente nullement, comme Ta Cm Schneider, un accusatif plus ancien die-em en trois syllabes ; car die-em n'a jamais existé ^ Le mot diee a deux syllabes ; aux temps classiques, on l'aurait écrit die. J'ai expliqué (§118) que dans die pour diem Ye final devenait long : c'est précisément ce que marque le doublement diee. On trouve de même dans une inscription ree pour re et ee pour ë, sans compter bien d'autres exemples *. Outre que la forme diee nous atteste l'allongement de la voyelle après la chute du m final, elle a pour nous un autre intérêt : c'est de prouver que le doublement des voyelles longues, dont Velius Longus attribue l'introduction dans Rome à Attius, n'était pas une innovation d' Attius, et était en pratique avant lui '. Attius, en efiet, naquit vers l'an de Rome 585, et Caton mourut en 605, quand Attius avait environ vingt ans, quand, par conséquent, il n'avait pu acquérir assez d'influence pour faire prévaloir sa réforme. Lorsque Attius en établit la théorie complète et (au moins pour le temps que dura sa vie) en rendit l'application uni\erselle, on doublait les voyelles depuis dix années, peut-être depuis le double "*. Ainsi les grammairiens de l'époque d'Hadrien attribuaient l'invention de cette notation à un personnage qui n'avait fait que la réduire en système et qu'en étendre l'usage; mais Télève de Paléraon, Quintilien, avait des informations plus exactes. « On doubla les voyelles longues, nous dit-il, jusqu'au temps d'Attius et même au-delà ^. > Quintilien exprime aussi des idées assez justes dans son passage relatif à l'épel diee. Il est, en efiFet, peu vraisemblable qu'il considère diee comme un trisyllabe. « Le m aussi, dit-il, s'amollit ici en ^ ; » cela signifie, pour qui se reporte aux lignes précédentes, que le m de diem hanc s'atténue, comme fait le s de Aesemlniis fuit. Ce qui ne s'accorde pas bien avec notre manière de voir, c'est que Quintilien paraît expliquer le second e