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et propres, principalement celle de Bois-le-Duc, qui est remarquable par sa longueur. Le Vry-Hof ou la place d'armes, plantée de beaux arbres, forme une agréable promenade. L'un des côtés de la grande place du marché est décoré par la façade de l'hôtel de ville, qui date de 1662, et qui passe pour un des plus beaux de la Hollande. Les autres édifices sont la halle couverte, l'église de Saint-Gervais, l'arsenal, le théâtre et 1 ancien collège des jésuites. Elle possède neuf autres églises, deux hôpitaux , deux hospices d'orphelins, une belle bibliothèque et une société d'agriculture. Sa population est estimée à 22,000 âmes. Réunie à la France en 1795, cette ville devint le chef-lieu du département de la Meuse-Inférieure.
La partie du Luxembourg que les traités projetés cèdent au royaume néerlandais forme une superficie d'environ 80 lieues carrées ; ce n'est que le tiers de toute l'ancienne province; cependant cette portion conserve le titre de grandduché, qui lui fut donné par l'acte du congrès de Vienne , et place son souverain dans la confédération germanique, parce que Luxembourg est, depuis cette époque, une des forteresses de la confédération. Cette ville, qui s'élève au bord de l'Alzette, fut pendant vingt ans le chef-lieu du département français des Forêts ; elle se divise en deux parties : la ville basse , arrosée par la rivière qui la partage en deux quartiers que l'on peut considérer comme les faubourgs de la place, et la ville haute, où l'on arrive par un chemin tortueux et taillé dans le roc; ce chemin est tellement escarpé, que les voitures ne peuvent le gravir qu'avec peine. Cette partie de Luxembourg date du commencement du XP siècle. Les deux quartiers de la ville basse sont appelés le Grundt et le Pfajfenthal. De larges fossés de 80 pieds de profondeur sembleraient devoir suffire à la défense de la ville, et cependant , outre ces fossés, un double rang d'ouvrages extérieurs en défend l'approche.
EUROPE : Description de la Hollande. 3f>
Ces travaux de défense furent d'abord dus en partie aux Français, qui s'en empax'èrent en i684; cédée à l'Espagne par le traité de Riswick , Luxembourg fut reprise en 1 70 1 par les Français; mais à la paix d'Utrecht , elle passa sous la domination de l'Autriche. Bloquée en 1795 par l'armée française, elle fut forcée de capituler; ses fortifications reçurent alors de nouvelles augmentations; enfin, en i8i4> enlevée à la France, elle fut érigée en capitale du grandduché auquel elle donne son nom , et qui fut annexé à la couronne des Pays-Bas. Ses travaux de défense reçurent encore de nouvelles augmentations; aussi n'est-ce point une exagération de dire que c'est une des plus fortes places de guerre de l'Europe. Sous le rapport militaire , elle ne dépend pas du seul royaume néerlandais ; la nomination du chef qui y commande est soumise à l'approbation de la confédération germanique. C'est là tout ce qui constitue l'importance de Luxembourg; il nous serait difficile de mentionner, parmi ses édifices, un seul bâtiment civil ou religieux digne du rang que cette ville occupe; sa population même est à peine de 11,000 âmes.
Cette ville doit son origine à un ancien château que l'on prétend avoir été construit sous le règne de Gallien , pour arrêter les irruptions des x\llemani, et dont il est fait mention dans un acte de l'an 963. Compris dans les vastes domaines de Sigefroid , comte d'Ardenne , c'est autour de ce château que se groupèrent les habitations qui formèrent dans la suite la ville haute.
A six lieues au nord de Luxembourg , Diekirch est une petite ville irrégulière, bâtie dans le style gothique; elle n'était qu'un misérable hameau , lorsqu'en i32o, Jean, roi de Bohême et comte de Luxembourg, la fit entourer de murailles. Un peu plus loin, Vianden., qui n'a que 1200 habitans, s'élève sur la rive droite de l'Our. Sur celle de la Sura, Echternach ou Epteinach, l'antique Aude-
thana^ possède des fabriques de linge de table, et une population de 3 à /^ooo âmes. Grevenmachern , près des bords de la Moselle, qui coule au pied d'une colline couverte de vignes, fait un grand commerce de vin. Son nom signifie limites du comte. Au sud de cette petite ville, celle de Remich joint au même commerce celui du plâtre qu'on exploite dans ses environs; enfin Bettenbour^ est située sur un territoire fertile en céréales.
Il est peu de pays où la constitution physique du sol paraisse avoir plus d'influence sur le caractère et les mœurs des liabitans que le royaume néerlandais. L'humidité du climat les rend lourds, flegmatiques et lents j ils sont rarement affectés par de grandes passions, mais leur apathie cesse dès que leurs intérêts sont froissés. L'égoïsme est, dit-on , la base de leurs actions , l'amour du gain leur premier stimulant. Convenons cependant que ces deux défauts ont été les causes de leur grandeur passée, de leurs richesses, de leur patriotisme, de la sagesse même de leurs institutions, et que l'économie est devenue une de leurs vertus politiques. Si leur parcimonie les porta à secouer le joug de l'Espagne qui les accablait d'impôts, à refuser de payer la dîme au clergé, et les indulgences au pontife romain ; dans la grande lutte qu'ils soutinrent au XVP siècle, leur esprit de calcul et leur persévérance triomphèrent de tous les obstacles. Ils sentirent que la liberté religieuse était la base de la liberté civile, que celle-ci assurait celle du commerce et de l'industrie ; ils conservèrent tant qu'ils le purent les avantages du régime représentatif. A cet égard, quel que soit le mobile de leurs grandes actions , ils ont du moins le mérite d'avoir dirigé leurs vues intéressées vers les moyens d'assurer la prospérité de leur patrie. Ceux qui les ont détractés ont cru qu'il suffisait de faire ressortir leurs défauts pour diminuer l'impression favorable que laisse dans l'esnrit cette foule de travaux et d'établissemens utiles
KUliOPK : Description de la Hollande. 37
<inlretenus à grands frais, qui donnent à leur pays une physionomie particulière. Ces digues élevées pour arrêter les efforts de l'Océan , ne sont dues , a-t-on dit, qu'à Tintérêt de leur pi^opre conservation ; ces canaux qui coupent leur pays dans tous les sens, ne sont creusés que dans le but de favoriser leurs relations commerciales; ces hôpitaux, ces établisseraens de bienfaisance, si beaux et si nombreux, ne sont fondés que pour mettre l'aristocratie des riches à l'abri des attaques de la classe indigente; leur bonne foi dans les affaires n'est que le besoin de capter la confiance (0. L'homme est un composé de vertus et de vices; on ne doit pas exiger chez un peuple plus de désintéressement que chez un individu. Qui ne voit qu'en attribuant à leur intérêt seul les institutions et l'esprit d'ordre qui font honneur aux Hollandais, on rend hommage à leur jugement! On
leur reproche leur orgueil national Quelle est donc la
nation qui n'aime à se rappeler sa splendeur passée? Le Français lui-niême , le peuple le plus spirituel de la terre, ne préfère- t-il pas reporter sa pensée sur sa gloire militaire que sur celle qu'il s'est acquise dans les arts, la littérature et les sciences ?
Les mœurs des Hollandais ne sont pas déréglées : ce que l'on attribue, avec quelque raison, à la froideur de leur caractère et à leur penchant pour l'économie. Peu délicats dans leurs affections, ceux qui se donnent des maîtresses les choisissent dans la classe domestique, et quelquefois les femmes ne se montrent pas plus difficiles dans le choix des objets de leurs faiblesses. On remarque beaucoup moins de dépravation dans la classe du peuple en Hollande que dans le reste de l'Europe. Il est fort rare qu'on y entende parler de vols, et plus rare encore que l'on y commette des crimes. Sortir peu , fumer beaucoup ,
(') Voyez l ouvrîigc intilulc : Quatre mois clans les Pays-Bas , t. II,
boire et manger souvent, sont à peu près les principaux passe-temps des riches hollandais. Ils n'apprécient pas les plaisirs de la société, mais ils savent goûter les jouissances paisibles de la vie intérieure. Les seules réunions suivies ne sont que des rassemblemens d'hommes qui se partagent par classes : celles des armateurs , des riches négocians , des magistrats, des commerçans, des courtiers, des marchands et des bourgeois. Ces classes ne se mélangent jamais, et vivent même dans une sorte de jalousie les unes à l'égard des autres. Les artistes et les gens de lettres sont peu considérés, et quoiqu'il n'y ait pas de pays où l'on trouve plus de musées, de collections scientifiques, de sociétés littéraires et savantes, les beaux jours qui virent briller en Hollande tant de Uttérateurs, de savans et de peintres célèbres, sont à jamais passés; les sciences et les arts ne sont plus que les délassemens des riches industriels , qui tous , appréciant dignement les nobles produits de l'esprit humain, n'épargnent aucune dépense pour donner à leurs enfans une éducation qui les dispose à se ménager de semblables jouissances.
TABLEAUX STATISTIQUES
DE LA MONARCÏIfE NEERL AJV D A 1 S E.
Division administrative , superficie et population des provinces.
PROVINCES
Hollande septentr.
Hollande méricl..
Zélande.
Ufrecht.
Gueldre.
Over-Yssel.
Drenthe.
Groningue.
Frise
Brabant septentr . .
Total
POPULATION
eu i83i.
i3i ,000 3o4,ooo
35o,ooo
(1) Lf signe indique les cvtchés.
SUPERFICIE
CHEFS-LIEUX