PAR 91. J.-J.-IV. HUOT
S'il était nécessaire de prouver la justesse de cette triste nais consolante pensée, que souvent l'adversité sert à placer dang le jour le plus avantageux l'homme doué d'un mérite véritable^ s'il était utile de faire voir que, persécuter ou ban- Aiir l'écrivain courageux qui sacrifie ses intérêts personnels à /.'intérêt général en signalant les fautes des gouvernans, c'est quelquefois priver à jamais la patrie d'un de ses plus fermes défenseurs et la frustrer de la gloire que ses talens feraient rejaillir sur elle , nous trouverions l'application de ces deux vérités dans la vie même du savant géographe à la mémoire duquel notre reconnaissance pour l'intérêt qu'il nous témoigna , notre estime pour ses rares qualités; notre admiration pour ses *alens, nous font un devoir de consacrer quelques pages.
Malthe-Conrad BRUUN , dont le nom francisé a dégénéré ^n celui de Malte-Brun, narj^uit à ïliister, dans la province de Jutland en Danemark, le 12 août 1775. Son père , ancien capitaine de dragons, était conseiller de justice et administrateur des domaines. Il soigna l'éducation de son fils avec tout le zèle d'un bon père et la sagacité d'un homme éclairé. Le jeune Tonrad , dont les facultés se développèrent de bonne heure, •^'pondit si bien aux soins paternels, qu'à peine âgé de quinze . ns il fut en état de se présenter à l'université de Copenhague. Son premier examen fut même si brillant, qu'il lui valut des éloges publics; la même année il en subit un second avec .'•utant de succès ; enfin en 1791 son troisième examen justifia les espérances que les deux premiers avaient fait naître. Les