DE L’ADULTÈRE
minalité; c’est un attentat à la personne, c’est un meurtre moral , qui exige une vengeance éclatante; c’est une violation des lois les plus sacrées de la nature.
Sous le règne de Tarquin, il n’y avait pas de loi contre l’adultère: cependant, lorsque Sextus Tarquin pollua de ses caresses grossières l’infortunéeLucrèce, tous les Romains sentirent qu’il avait violé une loi éternelle, parce qu’il existe une raison émanée de la nature des choses qui pousse au bien et détourne du crime ; une loi qui est contemporaine de l’intelligence, qui ne permet pas que l’injustice triomphe et que la violence domine. La nature cria aux Romains :
« Sextus a commis un crime abominable! »
et les Romains vengèrent la nature outragée.
sectioît ir.
• Des devoirs de famille .
L’éducation des enfans, de ces êtres qui nous inspirent une si vive tendresse, est le lien puissant qui nous attache, indépendamment de notre affection particulière, à celle qui nous a donné des gages de son amour.
Celte tendresse, qui est une source de jouissances Journalières pour les père et mère, les engage à' 1$ pratique des vertus domestiques; Lé désir de conduire leurs enfans au bonheur par la voie de la vertu, d’en faire de bons citoyens, des enfans respectueux, qui soient leur appui dans leur vieillesse , et qui leur rendent les soins qu’ils ont prodigués à leur enfance, fait un devoir aux époux de maîtriser leurs passions, de ne mettre sous leurs yeux que de bons exemples, de surveiller les détails de l’administratioçi domestique, de ne souffrir qu’aucun désordre m’introduise au sein de la famille, et de parvenir ainsi à l’aisance et «à la considération.
L ’amourtpaternel est donc le principe de Y amour du travail , de la sobriété , de la tempérance , de Y économie. Bientôt on voit naître dans la «famille Y amour filial i qui découle de la reconnaissance , Y amour fraternel , l’accomplissement des devoirs de maître et de serviteur, et toutes les vertus domestiques qui s’enchaînent en prenant leur origine dans l’amour paternel.
LES PÈRES JUGES NATUR. DE LA FAM. I a3
§ I er . — Les pères sont les juges naturels de la
famille .
L’habitude et la pratique (tes vertus domestiques rendent naturellement le chef de la famille l’arbitre de tous les différends qui naissent dans son sein. L’injure n’est pas vengée par l’injure ; le membre offensé va porter sa plainte au pied de ce tribunal domestique; le blâme, la réprimande, l’exil du toit paternel , sont les peines que la nature met à sa disposition, et qu’il applique avec l’indulgence d’un père et le discernement que lui donne l’expérience.
§ II. Distinction du juste et de l’injuste.
En comparant les actions avec leurs conséquences, en observant que telle manière d’agir a toujours des résultats fâcheux et telle autre des résultats utiles ; et, surtout, en se laissant diriger par le sentintent moral qu’il trouve au*fond de son cœur , le père de famille voit se développer devant lui les principes fondamentaux du droit.
Toute action qui est contraire aux lois de la nature, qui blesse un des membres de la
famille ou qui nuit aux intérêts de tous, est blâmable ou injuste.
Toute action qui est en harmonie avec les lois naturelles et qui a pour but l’intérêt de tous, est utile, honnête et juste.
Il arrive ainsi à découvrir que la justice n’est que la volonté constante et perpétuelle de rendre à chacun ce qui lui appartient.
SECTION III
Liaison de parente et d'alliance.
Le mariage et la naissance des enfans , qui unissent si étroitement les père et mère et leurs descendans, forment aussi des liens naturels entre les individus qui appartiennent à une souche commune; c’est le même sang qui coule dans leurs veines.
La parenté est directe ou collatérale : la hgne directe est la suite des degrés entre personnes qui descendent l’une de l’autre; la ligne collatérale , la suite des degrés entre personnes qui ne descendent pas l’une de l’autre, mais d’un auteur commun : elles sont l’une à côté de l’autre , et liées par le sang à la souche commune.