‹ Précis de la science du droit naturel et du droit des gens, ... précédé d'une introduction historique, et suivi d'une biographie, d'une bibliographie et d'un vocabulaire. Par M. MalepeyreChapitre 33 sur 64 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

Sentiment religieux.

Toutes les qualités dont nous avons parlé jusqu’ici sont communes, quoique dans des proportions fort différentes, à la plupart des êtres animés. Le sentiment religieux, dont nous allons nous occuper et que nous considérons aussi comme une loi de notre nature morale, est particulier à l’homme et le distingue essentiellement des animaux.

Ce sentiment, nous le plaçons après les lois que nous avons indiquées, quoique nous pensions avec Montesquieu quil mérite le

;a6 lois naturelles.

premier rang par son importance dans l’ordre moral, parce que le cours naturel des idées nous a conduit à cette classification, et que nous n’aurions pas pu en adopter une autre sans détruire l’harmonie de notre système.

. C’est en vertu d’une loi de notre organisation que nous sommes naturellement portés vers l’Ètre suprême, et que nous pouvons nous élever jusqu’à la connaissance de Dieu. C’est une voix secrète qui nous crie, indépendamment de toute rélévation :

« Rends hommage à ton Créateur; admire sa puissance, abaisse-toi devant lui. » Quelques hommes, il est rrai, depuis Thalès de Milet jusqu’à nos jours, ont, en suivant les traces de ce philosophe , nié l’existence d’une cause première , d’une intelligence éternelle, et, dans leur fol orgueil, ont voulu expliquer la formation du monde en attribuant au hasard l’ordre admirable de cet univers. Ils ont prétendu que ce n’était qu’une des combinaisons possibles des molécules ou atomes qui constituent tous les êtres animés ; mais ces folles idées ne peuvent triompher dans les siècles éclairés, et

Page 1