‹ Précis de la science du droit naturel et du droit des gens, ... précédé d'une introduction historique, et suivi d'une biographie, d'une bibliographie et d'un vocabulaire. Par M. MalepeyreChapitre 8 sur 64 · NATURE DE L’HOMME · texte numérisé non relu

NATURE DE L’HOMME

sive ; qu’il se mette à l’abri des intempéries de 1’ air; qu’il prenne chaque jour laquantité de nourriture nécessaire à sa nutrition, etc. La nature lui a donné tous les organes nécessaires aux fonctions vitales : si ces organes sont attaqués, la vie cesse immédiatement. Ici le but du Créateur est évident, il a manifesté ses volontés par des témoignages non équivoques; nous ne pouvons nous soustraire à ses ordres souverains sans compromettre notre vie.

Du principe moteur ou de l'âme. — D’autre part, la nature, en favorisant l’homme d’une existence morale toute particulière^ également pourvu à la conservation et au développement des précieuses facultés de l’intelligence. Le cerveau, cette partie admirable de l’homme, est le siège de ses sensations et de ses facultés immatérielles; c’est l’organe de la pensée. L’âme , ou la partie sensitive de notre être, se compose de deux puissances principales, l’intelligence et la volonté.

C’est par la voie de l’intelligence que l’homme est capable de comparer des idées entre elles et d’en tirer des conséquences; de joindre le passé au présent et de pénétrer

jusque .dans l’avenir ; cïe rechercher les causes des phénomènes ; de connaître le mérite ou le démérite des actions ; de se tracer des règles de conduite.

La volonté ou libre arbitre est cette puissance qui porte l’âme, en vertu d’un principe inhérent à sa nature , à rechercher ce qui peut lui être utile, «à agir ou ne pas agir, suivant son intérêt.

L’âme est susceptible de mille modifications : la satisfaction et le mécontentement, le plaisir et la douleur, la joie et la tristesse, le désir et le chagrin, la crainte et la honte, sont autant d’états de l’âme que l’on ressent avant d’y avoir songé. Ils sont indépendans de notre volonté. L’homme a le libre arbitre, mais sa faculté de vouloir n’est pas illimitée, elle est circonscrite dans les bornes de son organisation. Le Créateur a tracé autour de lui un cercle d’où il ne peut pas plus sortir qu’il ne peut s’éloigner des lois de son organisme physique.

Quels sont les points de ce cercle , quelle est son étendhe ? c’est ce que nous ne pouvons encore assigner qu’imparfaitement.

Les organes physiques de l’homme sont con-

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nus , leur destination est évidente : ceux de la pensée sont encore incertains, malgré les belles expériences et les recherches persévérantes d’un médecin philosophe, le célèbre docteur Gall ; et l’on doute encore si les différentes parties du cerveau sont les siéges / particuliers de facultés individuelles, ou si les facultés intellectuelles sont le résultat de l’action de toute la masse cérébrale.

Si les sièges de nos facultés morales étaient parfaitement connus, leur destination bien évidente , les lois de la nature intellectuelle de l’homme seraient aussi faciles à ‘établir que les lois de sa nature matérielle. Mais , parce que nous ignorons ces sièges, devonsnous renoncer à connaître les lois qui régissent nos facultés immatérielles? Non, sans doute. Puisque l’homme est sous nos yeux, puisque nous sommes témoins des effets , que nous pouvons les étudier, les comparer, les méditer, essayons de découvrir les lois de la nature morale de cet être, en combinant les résultats de ses facultés.

SECTION III

Ce que c’est que le Droit naturel.

Nous avons vu que les lois morales de l’homme étaient les rapports vrais et naturels qui existent entre les êtres moraux, ou les personnes. D’une manière plus générale encore, nous donnons le nom de lois morales de la nature humaine aux relations nécessaires qui s’établissent entre les facultés intellectuelles, ou qualités fondamentales de l’homme moral , et les objets extérieurs.

Cest.le système et l’assemblage de ces lois, considérées comme aptant de règles imposées aux hommes par la nature, que l’on appelle DROIT. NATURELl

La loi naturelle n’est donc pas une pensée humaine, ni une volonté d’un pouvoir politique , c’est quelque chose d’éternel , qui doit régir l’univers par la sagesse de ses ordres.

Le système de ces lois forme une science vaste et utile à l’humanité. C’est à ces sources précieuses que doivent puiser les législateurs et les moralistes , s’ils ne veulent pas se jeter dans l’arbitraire, commander et

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