CHAPITRE XXEL
Histoire de la Perde , depuis le traité d^Àntalcidas jusqu'à Tavénemêilt de Daf ius Codoman , 36ê-38e. — Histoire de la Sicile, depuié rexpédition dei Atbénieiis, 41B, Jusqu'à ruidrpation d'Âgathocles, qui suivit de près la mort d'Alexandre le Grand, 317.
$ L »- êutié de Vhiftoirê du royaume de P9r8i (1).
I. Guerre contre Évagoras. — La guerre du Péloponèse y pendant laquelle les Grecs sont tout occupés de leurs dissensions, permet aux Perses de se maintenir en Cypre, et d'exiger un tribut des petits souverains qui en occupent les diverses villes. De tributaires, les Cypriotes deviennent sujets des rois de Perse sous divers usurpateurs , dont Tun dépouille Évagoras P' de la principauté de Salamine, dont un autre est chassé par Évagoras II, vers 405. Après la journée d'^Ëgos-Potâmos, Évagoras donne asile à Conon; il encourage Tagricullure , la marine, le
(1) Pour ce paragraphe I, vùyex Diodore de Sleile, 1. XIV» c. 98} l.XV, c. 2, 3, 4, 8, 9, 10, 11, 18, 90-93; I. XVI, c. 34, 41, 52. Plutarch., in Artax. et in Agesil. Isocrat., in Evagor. Comeltus, ifi ttetatt., Cbabr., Iphier.
iOi PR&IS DE l'hISTOIRB ANCIENIŒ.
commerce, rend Salamine florissante^ aguerrit ses sujets. Voyant les Perses aux prises avec les Lacédémoniens , il profite de l'occupation que leurs armes ont sur un autre point ^ et forme le projet de soustraire l'ile de Cypre à leurs lois pour la ranger tout entière sous les siennes^ 3%. Il réduit toutes les villes^ excepté Amathonte^ Soli , Cita. Hors de Tile de Gypre^ il se saisit de Tyr et de plusieurs villes de la Phénicie. D peut alors rassembler jusqu'à deux cents vaisseaux, et les Perses perdent les pays où ils équipent habituellement la moitié de leurs flottes. Le traité d'Ântalcidas est signé en 387^ et Cypre est abandonnée aux Perses. Libre du côté de la Grèce, Artaxerxès tourne toutes ses forces contre Évagoras : Oronte, gendre du grand roi , et Tiribaze , reçoivent l'ordre d'attaquer Évagoras avec une flotte et une armée. Évagoras s'allie avec un prince arabe et avec Achoris, roi d'Egypte, révolté comme lui contre Artaxerxès. Vainqueur des ennemis dans une première bataille sur terre , il est défait dans un combat naval , 386. Les Perses assiègent Salamine par terre et par mer, mais ne peuvent la prendre : la discordre règne dans leur camp ; Oronte envoie Tiribaze chargé de chaînes à Suze. Évagoras traite d'égal à égal avec Artaxerxès : il abandonne ses conquêtes, se réduit à Salamine, paye un tribut annuel; mais il conserve sa ville héréditaire, son titre de roi, refuse formellement de s'a-
RBYOLTBS CONTRE LES PERSES. i05
vouer sujet , de reconnaître Artaxerxès pour maître ,
IL Révolte de Gaos et d'Ach<yr%8. — Gaos , gendre de Tiribaze , craint d'être enveloppé dans la ruine de son beau-père, se révolte et s'allie avecAchoris, qui, plus heureux qu'Évagoras, demeure en Egypte entièrement indépendant de la Perse. Plus tard , les satrapes parviennent à faire assassiner Gaos.
m. Guerre contre les Cadusiens (i). — Artaxerxès porte ses armes contre les Cadusiens, peuple situé au nord-ouest de la Médie, dans l'Atropatène. Ainsi que dans la guerre de Cypre , l'armée persane manque de provisions et est ruinée en partie par la famine. Le reste aurait péri avec Artaxerxès par le fer des ennemis, sans l'adresse de Tiribaze , que le roi avait récemment tiré de prison pour lui rendre le commandement. Depuis ce revers , le despote se croit déchu dans l'esprit des grands de sa cour, et se débarrasse par des supplices de leurs mépris et de leurs conspirations, également imaginaires.
IV. Révoltes de Thyus^ d!j4spis et de Datame. — La faiblesse et l'odieux du gouvernement inspirent à une foule de satrapes l'idée de se créer des princi-
(1) Diodore, 1. XV, place cette gnerre pendant la guerre de Cypre. Plutarque, in Artaxerxe, la met après la guerre de Cypre , et même après celle d'Egypte,
lOG PR^is DE l'histoiri ANGiËiUrtre.
pautés indépendantes. Thyus , satrape de Paphlagonie, et Aspis, des pays voisins de la Cappadoce, se révoltent. Ils sont successivement vaincus et envoyés captifs à Artaxerxès par le Carieii Datame, gouverneur de Leuco-Syrie : quelques jours lui suffisent pour réduire les rebelles. Il devieflt suspect à un maître ombrageux, pour Tavoir trop bien servi, et se révolte à son tour pour échapper aux bourreaux. Il envahit la Paphlagonie, la Pisidie, elles joint à sa satrapie : avec moiii^ de dix mille soldats^ il taille en pièces une armée de deux cent mille hommes , dirigée contre lijii. Artaxei*xès le désarme en lui promettant sa grâce, et le fait assassiner par Tuti de ses amis.
V. Guerre contre V Egypte, 374. — Datis Pétât où se trouvait là Perse , on croirait que tes Grfecs , s'ils n'en font pas entièretnent la conquête, vont lui imposer tout au moins lin second traité de Cimon. Mais la Grèce occupe, dévore ses forces depuis cinq ans, 380-375, dans une nouvelle guerre civile , dont le résultat eàt de briser l'union violemment opérée par les Lacédémonîens, de partager Tempire entre eux, les Athéniens et les Thébains, de tendre soixante-dix villes maltresses d'elles-mêmes et de leurs délibéra- . tions (1). Jamais la Grèce n'a été si lasse, si divisée.
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(1) Diodore de Sicile, liv. W, fe. i6-5l.
I^ traité d'Aotutoidas ui exécuté mntte alla à la lettre, Ârt4X0irxè« avmt vu ses fureurs avec plaisir ; maintepant il a ))esoin qu'ella les discontinue pour l'aider k soumettre l'Egypto» toujours éehappée à sa doramtiOQ^ totijours séparée de son empire. Il or« donne aux Athéniens en particulier de rappeler Ghahrias , engagé sans Taveu de sa république au service d'Aehoris; il écrit aui diverses républiques qu'elles aient à se tenir en paix et à lui fouitiir des aui^iliair^. Toutes obéissent. Les Athéniens menacent Ghlti^ias de la condamner à mort, s'il ne rentre dans le Pirée à un jour marqué (i)* Les autres Grecs lui env(»ent vingt milk soldats , eommandés par Iphiorate^ pour écraser un étranger qu'ils auraient eu intérêt k soutenir, a Artaxerxàa, comme parle Plu- »tarque, dirige alors contre rÉg3rpte ses satrape i » Pharnai>aze et Iphicrate y avec deux cent vingt raille » hwimes (2), »
. Le commencement de l'entreprisa est heureux. Mais Pharnaba^ refuse de suivie les conseils d Iphicrate et de marcher sur Memphis x la crue du Nil survient; les Perses sont contraints de se retirer en Pbénieie avec honte, avec perte : l'Egypte reste indé-
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(1) Cornélius, in Ghabr., c. 3.
(2) Plutarque , in Artaxerxe , met , par cette expression , sur la même ligne d'obéissance et do service Pharnabaze et Iphicrate : il a raison.
pendante. Pharnabaze accuse Iphicrate de ce mauvais succès. Les Athéniens reçoivent l'injonction de le mettre en jugement, et n'osent l'acquitter que parce que la cour de Suze dédaigne de poursuivre l'affaire. C'est dans la patrie de Cimon qu'un pareil procès est intenté!
En se déclarant pour les Thébains ^ en alimentant d'abord la guerre entre ce peuple et les Spartiates , en formant ensuite de Thèbes une troisième grande république^ pour empêcher toute domination générale en Grèce, toute réunion de ces peuples sous une même loi, toute direction de ses forces vers un bat unique, Artaxerxès donne de nouvelles garanties à la Perse contre les attaques des Grecs. Mais en pourvoyant à la sûreté, à la sécurité de la Perse, dans ses relations extérieures , cette politique ne diminue en rien les vices de son organisation intérieure; et dans la dernière année du règne d' Artaxerxès , l'empire paraît prêt à se dissoudre.
VI. Révoltes générales des provinces occidentales et maritimes-, expédition d^Agésilas en Egypte y sa mort en Lybie , 362. — Tous les satrapes des provinces occidentales et maritimes de Mysie , Lydie , Carie, Lycie, Pisidie, Pamphylie, Cilicie, Syrie, Phénicie, se révoltent, se confédèrent, soit entre eux, soit avec TÉgypte, alors régie par Tachos , soit avec plusieurs républiques grecques. Parmi ces dernières.