XACBD01NE ET THRACE
sins j les dépouille de leurs états , les réunit sous sa loi , et forme en corps de nation les peuples divers qui se partageaient la Macédoine. Son règne est de ti*ente ans. Ccmus , son fils , et Trymmas , son petitfils y régnent après lui , l'un vingt-huit , l'autre quarante-trois ans^ sans événement remarquable.
695. Perdiccas /" occupe le trône avec éclat pendant quarante-huit ans , l'affermit par de nouvelles victoires, et, sur le point de mourir, marque à son fils Ai^ée le lieu où doivent être enfermées ses cendres et celles de ses successeurs, pour que la couronne ne sorte pasdelafamilledesHéraclides. j4rgée /«', Philippe /•' et QEropas portent successivement le sceptre depuis 647 jusqu'en 556 ans avant Jésus- Christ. Les lUyriens et les Thraces, toujours en guerre avec les Macédoniens depuis Caranus, envahissent leur territoire pendant la minorité d'OEropas. Ils obtiennent d'abord des succès; mais les soldats macédoniens, brûlant de venger leur défaite, placent dans leurs rangs, pour enflammer leur courage, le jeune prince encore au berceau, et se jettent sur les lUyriens , qu'ils mettent en fuite. Mcéta$ règne dixhuit ans, et transmet le trône à Amynias /'% 538^ qui s'illustre par ses vertus.
Sous le règne d'Amyntas I" (538-496), la Macédoine fut menacée de devenir tributaire des Perses. Elle aurait été entièrement subjuguée par leurs armes
126 PRÉCIS DE l'ïiistoire ancienne.
sans la révolte de Tlonie et la guerre raémoraUe qu'elle occasionna contre les peuples de la Grèce. Darius ; fils d'Hystaspes, ayant échoué dans son expédition contre les Scythes^ médita la conquête des contrées voisines du théâtre de ses revers; il s'empara ; par ses lieutenants, d'une partie de la Thrace. Deux Paeoniens qui aspiraient à devenir les tyrans de leur patrie parvinrent à exciter la curiosité de Darius et attirèrent ses armes sur le Strymon, dans l'espérance de gouverner plus facilement leur pays quand il aurait été subjugué par les Perses. Mégabyse^ lieutenant de Darius^ pénétra dans la Paeonie j subjugua une partie de cette contrée et en transporta les habitants en Asie. Les Pœoniens du mont Pangée et ceux du lac Prasias résistèrent à tous les efforts des Perses. Darius , portant alors ses vues sur la Macédoine, chargea Mégabyse de faire demander, en son nom , à Âmyntas la terre et l'eau. Les envoyés du satrape fiirent d'abord reçus avec beaucoup de magnificence par Âmyntas ; mais le fils de ce prince , Alexandre , qui monta après lui sur le trône, indigné qu'ils voulussent déjà traiter les Macédoniens comme des vaincus, les fit massacrer dans un festin avec toute leur suite. Le Perse Bubarès fut chargé du soin d'informer de ce meurtre; mais il se laissa gagner par les présents d'Alexandre , épousa sa sœur, et fut assez adroit pour calmer le courroux de Darius et
HACEDOINS ET THUACB. 427
pour ensevelir dans un profond silence un attentat qui pouvait mettre en péril l'indépendance de la Ma* cédoine. Alexandre !«' (496-452), grâce à Theureuse médiation de Bubarès, évita la guerre avec les Perses; mais il fut obligé de subir leur alliance, de leur livrer passage sur son royaume et de combattre dans leurs rangs dans la formidable expédition que Xerxès conduisit contre les Grecs. Après que Xerxès, vaincu à Salamine^ se fut retiré en Asie , le roi de Macédoine acquit des droits à la reconnaissance des Grecs en leur donnant des avis utiles pendant la guerre. La veille de la bataille de Platée (479), il avertit secrètement Aristide du plan d'attaque de Mardonius, et il contribua ainsi au succès d'une journée qui affranchit à jamais les Grecs du joug des Perses. Ce service important, que le roi de Macédoine avait rendu à la Grèce ne fut point oublié. Lorsqu'il se présenta dans la suite pour combattre aux jeux Olympiques, ses concurrents voulurent l'en faire exclure sous le prétexte que les Grecs seuls devaient être admis à ces jeux. Les juges qui présidaient k Olympie déclarèrent qu'Alexandre était Grec comme descendant d'Hercules, et mirent son nom dans Turne avec les noms des autres combattants. Perdiccas II (452-429) occupa le trône après Alexandre. Pendant un règne de vingt-trois ans, il sut maintenir sa puissance au milieu des embarras et des dangers que lui
l!28 PRKCIS DB l'histoire ANCIENNE.
suscitèrent des conspirations intestines, les dispositions hostiles des Odryses et l'ambition menaçante des Athéniens y qui cherchaient à s'emparer des villes maritimes de la Thrace.
Alexandre P' avait fait reconnaître son origine argienne dans l'assemblée la plus solennelle de la Grèce. Archélaûs I", fils et successeur de Perdiccas (429-405), alla plus loin qu'Alexandre en faisant éclater son amour et son admiration pour les talents qui étaient alors l'ornement et la gloire de la Grèce. A sa cour se réunirent Zeuxis et Timothée , qui avaient fait une révolution dans la peinture et dans la musique y le poëte Agatbon et Euripide qui trouva en Macédoine un repos et des honneurs qu'on lui refusait dans sa patrie. Après la mort du grand tragique, les Athéniens envoyèrent des ambassadeurs à Archélaus pour lui redemander ses cendres ; mais le prince rejeta leurs prières, conserva les restes d'Euripide et lui fit élever un tombeau magnifique près de sa capitale. Archélaus !•'' périt de la main de Cratéras ; il eut pour successeur Orestes, qui ne régna que trois ans (405-402). Archélaûs 11 , Amyntas II , Pausanias , Amyntas II! etArgée II n'occupent le trône de Macédoine que pendant quatorze ans (402-388). A cette époque de confusion et de trouble succède le règne d' Amyntas ÏV (388-370); qui eut à soutenir des guerres sanglantes contre les Illyriens et les Olynthiens, et à se défendre
UACÉDOIHB ET THRACB. 1^9
contre des conspirations domestiques plus redoutables encore. Sa femme Eurydice conspira contre ses jours, voulant, par un double crime ^ donner son trône et sa main à l'époux de sa fille Ëuryone. Amyntas triompha de la haine et de l'ambition de la reine y et mourut tranquilUement y après avoir gouverné la Macédoine pendant dix-huit ans.
370. Cette contrée^ depuis la mort d'Âmyntas jusqu'au règne de Philippe, père d'Alexandre^ est déchirée par les discordes civiles et en proie aux ravages des Ulyriens, des Thraces et de tous les peuples voisins qu'enhardit le gouvernement faible et anarchique des Macédoniens. Dès cpi^ Alexandre II est monté sur le trône, il achète la paix des lilyriens et leur donne en otage le plus jeune de ses frères^ Philippe. Mais l'ambition criminelle de sa mère ne le laisse pas longtemps jouir d'un repos qu'il eut bientôt compromis par l'imprudence de sa politique. 11 perd la vie par la trahison d'Eurydice. Ses deux frères, encore dans la minorité, ne peuvent défendre leur couronne contre Pausaniasy que soutiennent les Thraces et un corps de mercenaires grecs. Eurydice , privée du fruit de son nouveau crime, implore la protection d'Iphicrate, qui vient de faire pour Athènes, sa patrie, la conquête d'Amphipolis. Le général athénien ravit à Pausanias le sceptre qu'il a usurpé , le rend aux fils d'Amyntas et les place sous la tutelle de Ptolémée , surnommé
idO
Âloritanus , leur frère naturel. Les désordres et les crimes qui souillaient la cour de Macédoine encouragent l'ambition de Ptolémée, qui essaye d'usurper la couronne. Les Thébains prennent la place des Athéniens et règlent deux fois^ par la médiation de Pélo;»das^ les affaires de cette contrée. PerdiecasJ II ohiimi le trône auquel l'appelle sa naissance ; mais il est défait et tué dans une bataille contre les Ulyriens. Sa mort plonge la Macédoine dans une affreuse anarchie, qui ne cesse qu'à l'arrivée de Philippe , que Pélopidas avait emmené en otage àThèbes^ et qui^ dans l'espace de quelques années , pacifie la Macédoine^ et dompte les Thraces et les Ulyriens ^ enchaîne les Grecs par sa politique et par ses victoires , et prépare l'expédition qui doit entraîna* la chute du trône de Cyrus . 36^363 (i).
(1) Rois de Macédoine depuis Garanus jusqu'à Atexandre le Grand :
d'après eusèbe.
Ànn, avant J,~C.
Garanus. . . . règne 30 ans 799
Cœnws 28 — 769
ïyrimmas. . ; , . 43 — 741
Perdiccas î. . . . 48 — 698
Argeus 1 38 — 550
Philippus I. . . . 33 — 612
A)éropas 20 — 579
d'après L£ STÏiCELLE.
Ann. oAsant J,-C.
Garanus. . . . règne 30 ans 791
Gœnus. 28—761
Tyrimmas 45 — 733
Perdiccas I. . . . 48 — 688
Argeus ï S2 — 640
Philippus I. . . . 37 — 608
Ajéropa».. .... 7Z — 6T1
MACEDOIim ET TIIRAGB.
iai
Afotions $ur la Thraee. — Le royaume de Tlirace est plas ancien qoe eriui de Macédoine ; on le trouve foraié avant la guerre de Troie. Plutarque nous a transmis le nom du prince qui régnait sur la Thrace
d'après eusèbe.
Ânn, avant J.^C.
règne
Âlcétas. . .
Amyntaa I.
Alexander I.
Perdiccas II.
Ârchelaûs I.
Orestes. . .
Ardxelaùs II Amyntas II. . .
Pausanias. ... Amyntas ni. . .
Argeus II. . . , Amyntas IV. . .
Alexander II. .
Ptolemaeus Alori-
tanus
Perdiccas 111.. .
Philippus II. . .
Alexander III. .
Durée depuis Caranus jusqu'à Alexandre.. . .
18 ans 559 42 — &41 44 — 499
475 ans.
d'après le stngelle.
Ànn, (want J,'C,
Alcétas. . . . règne 28 ans 548
Amyntas I. . .
Alexander I. . .
Perdiccas II. . .
Archelaûs 1. . .
Orestes
Archelaûs IL. .
Amyntas II. . .
Pausanias. . . .
Amyntas m.. .
Argeus 11. . . .
Amyntas IV. . .
Alexander II. .
Ptolemœus. . .
Perdiecas 111.. .
Philippus 11. . .
Alexander III. .
Idem
. 467 ans.
D'après le tahleau que nous vefions de présenter, il se serait écoulé 475 ans, suivant Ëusèbe^ et 467 ans seulement suivant le Syncelle , depuis le règne de Caranus jusqu'à la mort d'Alexandre. La dijKereBce que présentent les deux chronologistes e&t peu importante; elle n'est que de huU ans, et on peut même la réduire à cinq on six en tenant compte de l'erreur évidente d'Ëusèbe , relativement au règne de Philippe. Aucaa bittteiieD
132 PRECIS DB l'hISTOIRR ANCIENNK.
lors de l'expédition des Grecs contre la ville de Priani ; il se nommait PoUys. Les Troyens et les Grecs lui envoyèrent à la fois des ambassadeurs pour obtenir son alliance. On trouve^ dans des temps postérieurs,
n'a dit que le règne de ce prince ait été de 27 ans. Il est plus vrai de dire qu'il ne fut que de 34 ou de 23 ans et quelques mois, ce qui retrancherait 3 ans à la durée du royaume de Macédoine , d'après Ensèbe : elle serait alors réduite à 472 ans. C'est ce calcul que nous avons adopté pour la chronologie des rois de Macédoine, en faisant commencer le règne de Caranus en 796 au lieu de 799 avant J.-C. U est plus diiQcile de rendre compte des diiférences qui se trouvent entre la durée du règne de quelques princes , d'après les mêmes chronologistes ; comme il ue nous convient pas de nous appesantir sur ces difficultés de détail , nous nous contenterons d'observer que quelques événements historiques , dont la certitude n'est pas contestée , viennent à Tappui de la chronologie que nous avons présentée. Ainsi l'anarchie de la Macédoine , après la mort d'Âmyntas IV, 373, est suivie des expéditions de Péiopidas dans cette contrée , que nous avons dû placer vers 370;. l'expédition de Xerxès en Grèce, qui a lieu de 485 à 479, nous fait connaître Alexandre I", qui régnait alors sur la Macédoine , et dont le règne est placé de 496 à 452 ans avant J.-C. Justin et Hérodote parlent de la tentative faite par Darius pour réduire la Macédoine, après son expédition de Scythle, qui eut lieu immédiatement après la prise de Babylone en 513. Les deux historiens affirment que cette tentative fut faite dans les dernières années d'Amyntas 1''. D'après la chronologie d'Eusèbe que nous avons suivie, Amyntas meurt en 496, et la certitude de sa mort, arrivée à cette époque, se trouve ainsi confirmée par Justin et Hérodote. Nous pourrions ajouter d'autres observations sur cette partie critique de l'histoire de la Macédoine ; mais nous les bornerons là , pour ne pas donner trop d'étendue à ce qui est en quelque sorte hors de renseisrnement élémentaire.