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MACEDOINE ET GRÈCE; PHILIPPE II

d'autres rois de cette contrée. Autant qu'on peut le conjecturer d'après les passages isolés des historiens de Tantiquité; la Thrace n^était pas soumise à un gouvernement régulier ; elle était partagée entre plusieurs rois. Le pays était sauvage et n'avait quelque fertilité que dans le voisinage de la mer. Il était habité par des tribus adonnées au brigandage. Les Macédoniens et les Thraces ont été constamment en guerre pour la possession des contrées qui touchaient à leurs limites respectives. Les Athéniens, les Lacédémoniens, les Perses et Philippe ont fait successivement des conquêtes importantes dans la Thrace ; mais cette contrée n'a jamais été subjuguée en entier ; et , jusqu'au règne de Claude, elle est restée indépendante de toute domination étrangère. Elle s'étendait depuis la Macédoine , le long de la mer Egée et de la Propontide, jusqu'au Pont-Ëuxin. Le mont Haemus la séparait, au nord, de la Mœsie^ le mont Rhodope l'enveloppait vers le couchant.

S U. — Histoire de la Macédoine et de la Grèce, depuis Vavénement de Philippe II au trône jusqu^au moment où il essaye de se rendre maître du passage des Thermopyles, 360-352.

L Premiers succès de Philippe^ ses conquêtes en

Thrace i en Illyrie; ses rapports avec les jdtheniens et

les Vtynthiens , 360-356. — En 360 , le royaume de

Macédoine était dans la situation la plus déplorable.

i;j4 PRECIS DB l'hISIOIRB AMCieRIIE.

Les fils d'Amyntas IV araient péri ou par le fer des conspirateur» ou par cetoi des ennemis extérieurs. Quatre mille Macédoniens avaient été taillée en pièces par les Illyfiens ; le reste de rarniée était tellement abattu par cette défaite^ qu'il n'était plus possible de continuer la guerre. Les PsBoniens ^ devenus insolents pas le désastres det Macédoniei» ^ raTagemenl leur territoire , et les Ulyriens faisaient de notfveaox préparatifs pour consommer leur ruine. La guerre cÎTile aggravait les malheurs de la guerre étrangère. Pansfih nias, prince de la Ëimille royale , asptraiC au trône et était soutenu par les Thraees. Argée , cjoi Tavait œ^ cupé après la mortd'Amyntas, le réeiamaH le» armes à la main^ et avait mis dans ses intérêts les Athéniens , qui lui fournissaient une flotte et trois miHe hommes de troupes. Un prince âgé de vingt-4rois ans, captif dans une vilte de la Grèce / ose al^onter tant de périls } mais ce prince est Philippe, formé jpar les leçons et les exemples d^Épominondai^^ te pftQ» grand homme de la Grèce.

360. A la nouvelle de la mort de Perdîccas , PAi- Hppe II f qui était en otage à Thèbes , trompe la surveillance de ses gardiens , abandonne secrètement la ville et se rend en Macédoine. Chargé tf abord de la tutcHe d'Amyntas , son neveu , il travaiHe à défendre le trône, qui lui esl bientôt déféré. Il lève des troupes qu'il assulettità une cKseip^Sne sévère ^ forme la ip^Mir

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lange et institue le oc^rps des compagnom^ qui a donné tant de grands capitaines à la Macédoine. Il enlève aux Athéniens la ville d'Ampbipolis en la déclaFant libre, désarme les Pasoniens, en gagnant leurs chefs par des présents , et éloigne de la Macédoine Pausanias, en s'attachant de la même manière le roi des Thraces^ qui était son appui. Argée^ avec les sol-* dats d'Athènes , se présente devant iEge et veut se faire reconnaître roi par les habitants. Philippe repousse les efforts de son rival , le met en fuite et obtient pour lui l'alliance des Athéniens , en renonçant à tous ses droits sur Amphipolis. 11 profite de la mort d'Agis^ roi des PaBoniens , pour envahir leur territoire et Tes rendre tributaires de la Macédoine. Il porte ensuite la guerre en Illyrie, tue le roi Bardylis, qui régnait depuis soiiante ans avec gloire^ fait rentrer sous son obéissance toutes les villes que ce prince avait con*quises sur les Macédoniens^ et étend son royaume jusqu'au lac Licbnytis.

357.. Philippe , vainqueur de ces nations voisines , médite la conquête d' Amphipolis, située sur le Strymon , pour unir la Macédoine à la mer. Les Olynthiens , qui avaient intérêt au maintien de son indépendance y fournissent eux-mêmes des troupes à Philippe ^ et Athènes, occupée de la guerre Sociale ^ laisse ce prince emporter d'aisaut une place qui doit le rendre maître des mines du moût Pangée et des

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bois de la Thrace. Il s'empare ensuite de Pydna dans la Piérie, et s'engage, pour obtenir Talliance des Olynthiens, à conquérir et à leur abandonner Potidée. Il chasse de cette ville la garnison athénienne , qu'il renvoie saine et sauve dans la Grèce, et abandonne aux Olynthiens Pydna et son territoire, ainsi qu'Anthémonte, ville de Macédoine. Il se dédommage de ces sacrifices par des conquêtes dans la Thrace, qui était alors sous la domination du roi Go« tys. Il prend Crénides , colonie de Thasiens; il y établit une colonie de Macédoniens qui donnent à la ville le nom de Philippes , et fait exploiter ses mines, qui lui rapportent par an 1,000 talents ou 6,000,000 de francs.

La tranquillité rétablie dans la Macédoine, et tant de succès obtenus dans l'espace de quelques années, pouvaient inspirer quelques alarmes aux Athéniens , dont il redoutait la puissance. Pour les dissiper, le prince ne pousse pas plus loin ses succès dans la Thrace. Il accorde sa protection aux Thessaliens qui l'implorent contre la tyrannie des meurtriers et des successeurs d'Alexandre de Phère. Il détruit leur pouvoir despotique : la reconnaissance des Thessaliens augmente ses richesses; ils lui abandonnent des revenus considérables, et lui ouvrent leurs ports sur le golfe Thermaïque. Philippe suspend ses projets politiques pour célébrer son mariage avec Olympias.

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fille de Néoptolème^ roi d^pire. Le repos , auquel il se condamne^ encourage ses ennemis ^ et tous les peuples qu'il a vaincus prennent à la fois les armes pour Faccabler. Un de ses généraux, Parménion , va combattre et triomphe en lllyrie. La Paeonie et la Thrace sont en même temps réprimées par Philippe , et la naissance d'Alexandre vient mettre le comble à la prospérité de ce prince, 356. Mais son ambition n'est pas encore satisfaite : il veut asservir Olynthe et dominer dans la Grèce. Cet agrandissement, jusqu'alors au-dessus des forces des rois de Macédoine, exige de lui la politique la plus habile. Incapable de commettre une faute, quoiqu'il soit souillé de vices, il profite de toutes les circonstances favorables ; il intervient dans les querelles des peuples auxquels il vend chèrement ses services, sait employer à propos l'activité ou l'inaction , et achète , avec les produits des mines de la«Thrace , les orateurs les plus accrédités des villes de la Grèce. Leur influence empêche qu'il ne se forme entre elles une ligue générale pour renverser ses projets ambitieux.

Philippe , avec son génie, pouvait sans doute affermir son trône contre les prétentions rivales , et étendre sa domination sur les contrées voisines; mais il fut en outre merveilleusement secondé par deux guerres, qui occupèrent pendant treize ans les forces des Athéniens et des principaux états de la Grèce.

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