II
n. Giiçrre fiQciqle, 338-3§p, r^ QWq, Clpç, l^hode» M Byîçtnc^, soutenues par ïlp^pinppclas, ^'ét^Jeiît ^ffrjincbips ep 368 du jpyg 4'Atbène^. Après 1^ n^prt d^ ce gr^pd l^omme, aucun Théb^jp ne c'était moptpp digPP de suivra re?écutipn des prqjeW qu'il j^y^it formée pqur dopper ^ Thèbep l'epipire de 1^ mer. l^s Atl^épiffis, qui n'avaiept ftgi qu'en qualité d'aui^Maires d^u^ln guerre mtVB Thèl)es et Lfifjédémone , sp trouvèrent pp étftt d'a«pirer k la ^uprépiatie qu'ils ayaieut perdpp. D^P9 l'efipac^ de quelques ftppées, ils )^ rpt^hlirppt dans uu gmud popibre d'îles d^ la mer lîgée, ^prles pôte§ de la Tbr^cp et de l'Asie ; xn^\s ÇUacès , opfitfiur pa^sjopné^ citpyen turM^nt et gépéral plu^ audacieux qu'habile , copseilla ^m Atbéniepsi d'^l)qsfir de la yiptQJre. Il cpipipit le^ exaction^ le$ plus tyraqniques, repQUS^^ l^ plainte p^r de npuypllps vio- Ipnces 9 ^t força |q$ état$ ^il)utaire$ h ^vpjr recours k la guerre pour sp soustraire au despotisme qpi les fipc^bl^it, Cbiq, Gps, Rhodes et Py?fiQce sp spvilèyent et forment i\ï\e ligue cqptre laqupUe les Athépieps envoient Gharès et Ghabri^^ ayep des tFPHP^ ^ terre pt de mer. Le.^ deux génér^ui^ cpmmepcent 1^ g^uprre par le giégp de Gl^JQ. Chal)rias, ?vpp pup p^rtje de la flotte qu'il commande, forpp l'entrée du port et ^ju^e mieux succomber avec glpire que de prpcl^me?, W ^ fuite , le irjpmplie de ses ennemis. Ce premier évépempnt de la guerre contribue k h reud^^ plus
1IA(;4>^P||(^ BT QniçW', PHILIPPE II. 139
anû^éi^, Atbân§$ ^çnw mmuie g^kvw à Cbarès et un pareil «Qw¥^ à Iphicpate e\ à Timothée. Les allié*, epoiïgHeHlU dp leur spocèg, wv^eqt le« iles <)'}pib?(>$ ^t de lôwnps, et assiègent Samq^. Le^ géuérwx d'AtWwft^ 3fi portept §qr By?ancp; les alliés, poil^ If^ sepQuriFi 8bpndçin«ent S^mos. Toutes les forcer ID^itiip^^ d^s àf^m partie se trouvaiU oonpentrées d9f)8 rPaUefipoqt, «ne bataijle générale sembla iDévim)lej; (paig 1^ pr|idaq<3e dlphjprate et de Timothée s'oppQ^ ^ oe qu'elle ait lieu sur nm m^r que viept d'agiter \Q^i k coup uue yiolente tempête. Char rès accuse ses collègue^ dQ tra)iison , et les fait déposer du comiuandefpept par le^ Athéniens. Cbar|[é seul de }a conduite da h guerre^ il o^e des secours £l Artabaze^ révolté contre Ocbus , at en pbtient ^ ^on tour de§ subsides considérables \ mais le roi de Perse, s'étaqi déclaré l'allié des villes rebelles, force les Atbénieus h rompre avec Artaba9(e , et les détermine à luettpe tin à la guerre Spciçilo. Ils reconnaissent rjpdépeudanop des cités maritime^ après une lutte dp trois ans 4 356.
III, Origine de la guerre Sacrée. Pret^iiers revers 4f<» PhQçidim^ , 355-3^2. t- ^p conseil anpphictyoniqpe, ^ur les plaintes des Tbéb^n$^ ayait condamné le^ Spartiates à une grosso amende pour s'être emparés de la citadelle d^ Tbèbps , et il av^it prononcé une sêntepfip plu^ $4vèip pnepre contre les Phocidieps
J40 PRÉCIS BB l'hISTOIRB ANCIENNE.
pour avoir cultivé à leur profit le Champ Cîrrhéen, consacré à Apollon. Ce double jugement donna lieu , pendant neuf ans ^ aux plus cruelles hostilités. Philomèle, un des principaux habitants de la Phocide, fort de Tappui de Sparte , soulève ses concitoyens contre les amphictyons^ défait les Locriens^ s'empare de Delphes et arrache des colonnes sacrées le décret qui a frappé sa patrie. Alors éclate dans la Grèce une guerre à laquelle prennent part presque tous les peuples, oubliant que ces dissensions préparent leur asservissement et le triomphe de Philippe. Les Béotiens, les Locriens , les Thessaliens, les Perrhèbes, les Doriens, les Dolopes , les Athamanes et quelques cités moins importantes, prennent les armes pour maintenir l'autorité des amphictyons. Les Phocidiens ont pour alliés les Lacédémoniens , les Athéniens et plusieurs peuples du Péloponèse. Avec les trésors qu'il enlève au temple de Delphes , Philomèle soudoie dix mille mercenaires, et soutient pendant deux ans la guerre contre les Thébains et les Locriens avec des succès balancés ) mais il est vaincu dans les montagnes de la Phocide, et il se donne la mort pour ne pas tomber entre les mains de ses ennemis, 353. Onomarque , son lieutenant , lui succède , rassemble de nouvelles troupes, met la division parmi ses ennemis, confisque les biens des Ph(tcidiens qui s'opposent à la guerre^ se rend maître de Thronium, réduit les
MACÉDOINE ET GRÈCE ^ PHILIPPE II. iM
habitants d'Amphissa, ravage les terres des Doriens, pénètre dans la Béotie, s'empare d'Orchomène et menace Ghéronée. Repoussé par les Thébains , il est forcé de chercher un asile en Phocide.
Les Athéniens, alors occupés des affaires de la Thrace et des entreprises de Philippe, ne portaient qu'un intérêt secondaire à la guerre Sacrée; ils infestaient les côtes de la Macédoine. Philippe, ayant créé une marine, subjuguait les îles d'Imbros et de Lemnos, abordait sur la côte de Marathon et enlevait aux Athéniens la galère Parélienne ou sacrée. En Thrace, la mort de Cotys avait livré son royaume à Panarchie ; ses trois fils en étaient venus aux mains : un d'eux, Kersobleptes , pour échapper au joug des Macédoniens, avait abandonné la Chersonèse aux Athéniens. Sestos voulut échapper à leur domination; mais elle fut réduite par Gharès , tandis que Philippe se rendait maître de Méthone, détruisait ses fortifications et distribuait son territoire aux soldats vainqueurs.
Phaylle envahissait la Thessalie dans le même temps qu'Onomarque , son frère, désolait la Béotie; mais il y trouvait Philippe, auquel les villes, opprimées par la tyrannie de Lycophron, avaient déféré la protection que Pélopidas avait exercée quelques années auparavant. Philippe défait Phaylle et le rejette dans les montagnes de la Phocide, Onomarque accourt
142 PRiicis vm l'histoire ancienke.
à son secours, oppose plus de résistance et fait éprouver quelques pertes aux Macédoniens dans deux actions consécutives. L'année suivante, 352, son armée est taillée en pièces ; Onomarque et six mille Phocidiens ou périssent en combattant , ou se noient en voulant gagner à la nage la flotte athénienne, qui tenait la mer non loin du rivage. Les prisonniers, au nombre de trois mille , sont jetés à la mer comme sacrilèges Phaylle prend alors la direction générale de la guerre , et la poursuit avec énergia Les Lacédémoniens , les Athéniens, les Achéens et les Thessaliens secondent ses eiforts. L'appÂt des richesses du temple de Delphes attire sous ses drapeaux des soldats de toutes les villes. Cependant les Béotiens repoussent une nouvelle invasion des Phocidiens et les battent trois fois , près d'Orchomène, du Cépbise et de Coronée ; mais ils échouent à leur tour près des murs de Naryce , ville des Locriens , qui est détruite de fond en comble par les Phocidiens. Au milieu de ces succès, Phaylle succombe à une mala^ die cruelle. Phalœcus , fils d'Onomarque , et Mnaséas sont chargés de la conduite de cette guerre, funeste à tant de chefe. Mnaséas est surpris et tué par les Thébains, et Phalœcus , peu de temps après, essuie un échec sanglant près de Chéronée. Tant de désastres portent la découragement chez las Phocidiens, et semblent un châtiment du oiel aux yeux d'un peuple
MAC]Cf>011IB ET OMGB; PHILIPFB II. 143
dont la nipeniition s^aecrolt dans rinforlone^ 352. Dans le même teitip^y Philippe^ sous prétexte de pétiétrer dand la Phocâde poar en châtier les habitants , essaye de S'emparer des Thertnopyles. Des troupes athéniennes, que NalisicJès conduisait au secours des Phocidîens, rendent inutile cette tentative, qui dévoile à Démosûiène les danger's dont Tambition de ce prince menace sa patrie et la Grèce. G.
GIAPITRE XXXL
fiUteire de 1» Maeédeine e4 de laGrèee^ depui» la première attaque de Pliilippe contre la Grèce jusqu'à sa mort, 352-336.
Philippe ne règne sur la Macédoine que députe huit ans , et déjà son royaume s'est agrandi d'une partie de la Thrace, de l'Illyrie , de la Paeonie, de la Piérie, des villes d'Amphipolis, de Pidna, de Métbone, des îles d'Imbros et de Lemnos. La Thessalie le reconnaît pour son protecteur. Tl a créé une marine , et les Athéniens ont vu en tremblant les galères de ce prince insulter les ports de l''Attique. Le génie actif et la politique impénétrable de ce monarque ambitieux lai ottt dctoné une puissance qui doit bientôt peser sur la Orëte » et qu*H s'étudie à dérober à ses regards*
144 PRÉCIS DE l'histoire ancienne.
Cependant il doit trouver dans Démosthène et dans Phocion des adversaires redoutables, dignes des plus beaux temps de la Grèce. Mais Philippe a sur ses ennemis des avantages qui doivent lui assurer la victoire. £1 dispose à son gré de toutes les ressources que lui fournit une vaste et belliqueuse contrée; il conçoit et U exécute sans contrôle les projets les plus hardis. En Grèce, des haines implacables divisent toutes les cités et les excitent les unes contre les autres; l'ambition bouleverse les villes ; la corruption affaiblit les ressorts du gouvernement. Le roi de Macédoine déploie , dans Texécution de ses projets, tant de constance, tant d'adresse , tant de talents divers, que quelques auteurs le placent audessus de son fils Alexandre. Philippe a rendu en effet facile la conquête de la Perse, en enchaînant la Grèce par la terreur de ses armes , en renversant tous les obstacles qui fermaient aux Macédoniens le chemin de TAsie, et en soumettant les contrées qui les séparaient de la monarchie du gr^md roi.
I. Occupations pacifiques de Philippe ^ son invasion dans le Péloponèse^ prise ffOlynthe, 352-347.— Philippe, retiré à Pella, s'efforçait, par son inactioD, de faire oublier aux Athéniens sa tentative contre le défilé des Thermopyles. 11 embellissait sa capitale de monuments magnifiques , attirait à sa cour les artistes grecs les plus habiles, et prodiguait ses trésors dans les villes de la Grèce pour s'y faire des partisans. 11 se rendait, pour un grand nombre de citoyens, le
AlAGÉDOINE Et GRECE ^ PHILIPPE il. 145
dépositaire des richesses qu'ils avaient enlevées au temple de Delphes : maître de leur fortune, il les attachait à sa cause et les trouvait plus dévoués à ses intérêts qu'à ceux de leur patrie. Après avoir tromi)é les Grecs par deux années d'un repos si utilement employé pour sa grandeur, il fait une expédition dans le Péloponèse, pour y jouer, à l'exemple d'Épaminondasj, le rôle de protecteur de Mégalopolis. Archidamus, roi de Sparte, avait envahi le territoire do cette cité; les Sicyoniens , les Argîens et les Messéniens avaient marché à son secours. Plusieurs combats s'étaient livrés entre les deux partis ; mais l'arrivée de Philippe avec sa flotte, le débarquement de ses troupes sur les côtes de la Laconie , et la prise de Trinasus, font craindre aux Lacédémoniens qu'ils n'aient à combattre une ligue plus redoutable que celle qu'avaient formée les deux héros de Thèbes. Ils demandent la paix à Philippe , et consentent à laisser libres les villes de Mantinée, de Mégalopolis et de Messèiie. Après cette expédition , le roi de Macédoine se rend dans la Thessalie, où il enlève Phère à Pitholaûs , qui s'y était établi à Taide des Phocidiens. Il fait ensuite passer des troupes dans l'île d'Eubée, quil aurait enlevée aux Athéniens, si ces derniers n'avaient confié à Phocion le soin de défendre cette possession importante. Les Macédoniens sont chassés de l'Eubée, et Philippe, pour réparer ce revers,
U6 PHBCIS DE L'HISTOIRB ANUEMNE,
porte ses armes dans THellesponi^ où il s'^oupare des forts de Géra^ de Stagyre^ patrie d Aristote^ de Myciberne etdeXorone, 348« 11 accuse Olynthe^ qui dominait sur trente-deux villes de la péninsule de Pallène , d'avoir donné asile à des conspirateurs de la Macédoine, envahit son territoire sous un prétexte qui cache son ambition , défait deux fois les troupes qu'elle lui oppose et assiège ses murailles. Dénaosthène ne cesse d'exciter ses concitoyens à défendre leur liberté contre Philippe; en vain sa prévoyance leur fait pressentir le danger d'abandonner la Thrace à sa domination ; des secours tardifs ou mal dirigés ne peuvent sauver la répuWique des Olynthiens. Euthycrates et Lasthènes lui ouvrent les portes de la ville : elle est détruite de fond en comble ; et tous ses habitants, sans exception, chargés de chaînes, et vendus comme esclaves dans les principaux marchés de la Grèce, y font naître à la fois la terreur et Tindignation.
La prise d'Olynthe renouvelle les alarmes des Athéniens, et ne leur laisse plus de doute sur les projets de Philippe. Dès ce moment , ils deviennent les ^liés de tous les peuples avec lesquels ce prince est en guerre; ils envoient des ambassadeurs dans toutes les cités de la Grèce, et rendent des décrets terribles contre tout citoyen qui proposera de se soumettre à l'autorité d'un prince étranger} wais.ce&éaergiquas
MACiDOINS ET GRÀCE; PHILIPPE 11. 147
dispositions ne sauraient être durables^ et sont bientôt modifiées par les événements qui suivent.
n. Fin de la guerre Sacrée; admi$sian de Philippe dang le conseil amphictyonique , 347-345. — Les Phocidiens et les Thébains continuaient toujours, avec acbamement^ la guerre civile qui ensanglantait la Grèce; ils s'attaquaient dans les villes^ en rase campagne^ et s'affaiblissaient par des combats multipliés qui ne donnaient à aucun des deux partis une supériorité marquée. Cependant, les Thébains ayant perdu Orchomène , Chéronée et Corsies , s'adressent à Phi» lippe pour obtenir son alliance. Ce prince ne leur envoie que les troupes nécessaires pour prolonger cette lutte opiniâtre. Les Athéniens, naguère si irrités conb'e Philippe , sont apaisés par la générosité de ce prince , et font succéder des décrets en faveur de la paix aux préparatifs de guerre. Dix ambassadeurs, parmi lesquels se font remarquer Ëschine et Démosthèna , se rendent en. Macédoine , et proposent les bases d'un traité d'alliance , qui est ratifié quelques mois après. Les Phocidiens, découragés par leurs pertes passées , affaiblis par leurs victoires et effrayés d'un désastre récent qu'ils attribuent au courroux des dieux, se placent de nouveau sous la protection d'Athènes et de Sparte. Mais Philippe , avec les troupes de la Tfaessalie, envahit le Locride , épouvante Phalœcus^ chef dss Phocidiens, qui consent à se retirer
148 PRÉCIS DE l'histoire ancienne.
dans le Péloponèse^ et termine , sans de nouveaux combats, la guerre Sacrée qui durait depuis dix ans, 345. Le conseil des amphictyons y composé des députés des peuples tous dévoués à Philippe, lui donne les deux voix des Phocidiens, décrète que les murailles de leurs principales villes seront démolies , que les habitants seront dispersés dans des bourgades, et leur interdit l'entrée du temple de Delphes, jusqu'à ce qu'ils aient restitué les richesses dont il ^ été dépouillé par leur impiété. Philippe exécute avec rigueur le décret rendu contre les Phocidiens, brise leurs armes sacrilèges et retourne en Macédoine , laissant dans la Grèce une haute opinion de son génie et de sa piété. Avant de rentrer dans son royaume, il s'assure du passage des Thermopyles en mettant une garnison dans Nicée, dans les villes de la Thessalie et de la Phocide. 11 divise la Thessalie en quatre gouvernements indépendants, à la tète desquels il place dix citoyens favorables à ses intérêts. Il force la même année Corinthe à abandonner la cause des Phocidiens, ses alliés, qu'elle soutient encore, et à accéder au traité de paix qui introduit les Macédoniens dans le conseil des amphictyons.
Philippe , toujours occupé de projets utiles , purge la Macédoine des brigands qui Tinfestaient , et les établit dans Tîle de Thasos; il punit les lUyriens des hostilités auxquelles ils se sont livrés pendant son ab-
MACiDOnnZ ET GRàCE; PHILIPPE II. 149
sence^ et pousse ses conquêtes au delà du marais de Lichnytis. Pendant cette expédition^ les ambassadeurs d'Ochus, poî de Perse, arrivent à sa cour pour demander son amitié ou pour examiner de près une puissance qui , en asservissant tant de contrées en Europe, commençait à inspirer des alarmes en Asie.
in. JStai d^ Athènes; Phocion et Démosthêne; di^ verses expéditions de Philippe y 344-338. — Les événements qui ont lieu dans les quatre années suivantes sont le prélude de la guerre ouverte que Philippe doit porter dans la Grèce ; les factions des villes , la corruption des orateurs et l'impossibilité de faire une ligue générale de tant d'états divisés , ne cessent de favoriser les progrès du monarque macédonien. Ses entreprises dans le Péloponèse , ses intrigues pour soulever Tîle d'Eubée , les tyrans paiiout soudoyés , l'augmentation de sa marine , de nouvelles conquêtes Eûtes dans la Thrace, en Épire, dans la Dardanie, sont pour Démosthène des signes certains d'une ambition redoutable pour sa patrie et pour la Grèce entière. Dans ses harangues , il ne cesse de conseiller la guerre; mais un citoyen animé d'un patriotisme aussi ardent, que recommande la vertu la plus austère, Phocion plaide pour la paix , quoiqu'il commande et qu'il triomphe toujours pendant la guerre. Le peuple athénien, partagé entre ces deux avis différents, ob-
150 FRécis DE l'bistoikb ancienne.
serve mal la paix que conseille Phocion , et fait avec faiblesse et sans suite la guerre qui paraît à Démosthène comme Tunique moyen de salut.
Philippe^ tendant toujours au même but^ soit dans la paix , soit dans la guerre^ se porte de nouveau dans FHellespont, bat, près de Cardie, Diopithe, général athénien, qui se disposait à en former le siège, et campe lui-même devant Périnthe , qui fournissait en grande partie à la subsistance de TAttique. Les Périntfaiens se défendent avec un courage désespéré au milieu des ruines de leurs murailles ; ils reçoivent des secours de Byzance, d'Ochus, roi de Perse, et repoussent les attaques des Macédoniens. Ces derniers réparent ce revers en se rendant maîtres de Sélymbrie , et assiègent Byzance. Gbarès secourt la place avec une flotte de quarante galères ; il est battu près de Chalcédoine par Amyntas, amiral de Philippe; les Athéniens lui donnent pour successeur Phocion, qui sauve Byzance et porte ses ravages sur les côtes de la Thrace. Philippe, pour effacer la honte de oe second revers, marche en Scythie, tue vingt mille hommes des troupes du roi Athias. Au retour de cette expédition, il est attaqué par les Triballes, et n'est sauvé qu'avec peine d'un gros d'ennemis par le courage de son fils Alexandre.
IV. Seconde guerre Sacrée. Prise d'Élaiée par Philippe , bataille de Chéronée , mort de Philippe , 338-
HACéDOlNB ET GRÈCE; PHILIPPE II. i5i
336. — Dans le même temps ^ les intri^es d'Ëscbine préparaient pour Philippe un prétexte pour se mêler des affaires de la Grèce. Une nouvelle guerre Sacrée allait lui ouvrir l'entrée de la Béotie et de TAttique. Les Locriens d'Amphissa étaient déclarés sacrilèges pour avoir labouré le champ Cirrhéen, consacré à Apollon depuis deux siècles, *et exclus par le conseil des amphictyons du droit public et religieux de la Grèce. Eschine , alors revêtu de la charge de pylagore, fait donner à Philippe le soin d'exécuter la sentence contre les profanateurs d'Apollon. Le roi de Macédoine, suivi des députés de toutes les villes qui ont condamné les Locriens d'Amphissa, envahit leur territoire, démantelle leurs villes, y met des garnisons et surprend Élatée, qui le rend maître des passages de la Phocîde et de la Béotie, 338. A cette nouvelle, les Athéniens et les Thébains oublient leur rivalité pour ne s'occuper que du danger commun. Thè&es reçoit une garnison athénienne; leur armée confédérée, forte de trente mille hommes, commandée par des généraux inhabiles ou corrompus par l'or de Philippe , livre bataille aux Macédoniens, et essuie une déroute complète près de Chéronée. Philippe, après une victoire qui le rend l'arbitre de la Grèce , se montre généreux envers les Athéniens, et renvoie leurs prisonniers sans rançon; mais plus sévère envers les Thébains, il bannit les partisans
i;i2 FRKCIS DE l'histoire ANCIKNNE,
de la démocratie , donne rautorité aux traîtres qui avaient été exilés, et met une garnison dans la citadelle.
Philippe, pour se faire pardonner la victoire de Chéronée , fait proposer par ses partisans, dans toutes les villes, de diriger toutes les forces de la Grèce contre la monarchie des Perses. Le conseil amphictyonique, assemblé à Corinthe, le nomme généralissime des Grecs; leur armée, sans y comprendre les Macédoniens, montait à deux cent mille hommes de pied et quinze mille hommes de cavalerie. Des états, qui pouvaient se défendre avec des forces aussi considérables, étaient amenés, par leurs dissensions, à subir le joug de trente mille Macédoniens. Philippe, de retour dans la Macédoine, répudie Olympias et épouse Gléopâtre, tille d'Attalus. Alexandre, irrité de l'outrage fait à sa mère , abandonne la cour, et va demander aux lUyriens les moyens de venger Olympias; mais un officier des gardes de Philippe , Pausanias , prévient Alexandre dans ses projets de vengeance. Indigné de n'avoir pu obtenir justice contre le père de la nouvelle reine , il donne la mort à Philippe en présence de toute la cour, au moment où la statue de ce prince était promenée en triomphe au milieu des statues des douze grands dieux. Philippe meurt à quarante-sept ans, après vingt-quatre ans de règne, laissant à son successeur un royaume affermi et
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agrandi par ses victoires , une armé& nombreuse et aguerrie , et des généraux habitués à vaincre et dignes de marcher à des conquêtes plus importantes , 336 (i). C.