‹ Précis de lh́istoire ancienneChapitre 43 sur 76 · GUERRE DES DEUX LIGUES · texte numérisé non relu

GUERRE DES DEUX LIGUES

dans les affaires de la Grèce. Or cette inten^ention amènera la ruine et Tesclavage de tous, même de ceux qui la désirent. En effet, les Romains disposent maintenant de sept cent soixante-huit mille soldats (1) ; ils n'ont jamais pénétré, sous un prétexte quelconque, dans un pays sans l'asservir ; enfin ils se sont emparés, à la suite de leur guerre contre l'Illyrie , 228- 219, des portes mêmes de la Grèce en prenant Pharos , Dimale, ApoUonie, Épidamne ou Dyrrachium, le pays des Atintans et des Parthiniens (2).

Dans cette situation , l'indépendance , le salut du pays, demandaient impérieusement qu'on empêchât les Spartiates et les iEtoliens d'appeler les Romains en Grèce, de s'unir à eux, de travailler à l'asservissement de tous , en même temps qu'à leur propre esclavage; et pour les réduire à l'impuissance , il fallait achever la conquête de leur pays , les contraindre à entrer dans le corps hellénique, et assurer leur union par toutes les précautions que prescrivait une juste défiance. Leurs dernières défaites rendaient facile l'exécution de ce plan.

Mais Aratus , voyant Philippe entouré de courtisans qui le poussaient dans la voie du pouvoir absolu,

(1) Polybe, l. n,c.24.

(2) Polybe, 1. Il, c. 8, 13; 1. III. c. 16-19; 1. V, c, 104-105, Appian., de Rébus Illyric, c. 7.

:2^ PRÉeis Di l'histoire aucienne.

et de traîtres qui lui offraient de lui livrer la ligne achéeime et les autres républiques grecques (i) ; craignant que ce prince , ballotté entre des idées de modération et de despotisme , ne s'arrêtât aux dernières et ne changeât tout à coup à l'égard des Grecs son commandement en tyrannie, Aratus ne voulut pas qu'il s'accoutumât à opprimer les Grecs, et il usa de l'ascendant qu'il avait sur son esprit pour l'empêcher d'accabler les iEtoliens et les Spartiates (2). Philippe, de son côté , rêvait l*empire universel , se croyait destiné à renouveler les exploits d'Alexandre, et employait avec peine ^ contre deux petits peuples de la Grèce, des armes qu'il croyait destinées à sut)juguer le monde : il lui tardait d'accorder la paix aux ^Etoliens et aux Spartiates , pour commencer cette série de grands exploits (3). Enfin le stratège des iEtoliens promit au nom de sa nation , dans l'assemblée générale de Naupacte , que les ^Etoliens s'uniraient sincèrement au reste des Grecs pour défendre la commune patrie contre les attaques de l'étranger (4).

Telles furent les causes qui empêchèrent qu'on ne réduisit à Timpuissance les trois peuples ennemis de la chose publique, et qu'on ne les chargeât de

(1) Polybe, 1. IV, c. 76, 82, 84.

(2) Polybe, 1. IV, c. 24, 25. Plutarch., in Arato. (8) Polybe, l.V, 102,106.

(4) Polybe, l. V, 104, 105.

CVERRC PES ROVAINS CONTRE PHIUPPR. x95

chaînes qu'ils ne pussent rompre. Cette faute était bien grave; cependant elle n'était pas irréparable » mais elle imposait aux Grecs et à Philippe une plus grande nécessité de conduire leurs affaires avec union , persévérance et dévouement.

Uan 215, ils conclurent avec Annîbal et les Carthaginois un traité d'alliance offensive et défensive, dont le but, complètement méconnu, était d'écraser les Romains comme des ennemis menaçants pour Tindépendance de la Grèce; et si Ton ne pouvait consommer leur ruine, de les chasser au moins des pays qui leur donnaient entrée en Grèce, de Corcyre, d'Ai)ollonie, d'Épidamne, de Phare, de Dimale, du pays des Parthinîens et des Atintans (1).

(t) Polybe, VU , 0. Voyez les preuves et les citations à Pappui de cet exposé dans le Précis, p. 74-Sl , deuxième partie, d«uxi^iQ6 éditiop.

:2!Ni PRÉCIS DR l'histoire ancienne.

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