‹ Précis de lh́istoire ancienneChapitre 48 sur 76 · LIGUE ACHÉENNE ET PERSKF · texte numérisé non relu

LIGUE ACHÉENNE ET PERSKF

partisans , tantôt par des patriotes. Après la défaite de Persée, ses agents restèrent seuls maîtres de toute radministration , soumirent leurs pays respectifs aux mesures propres à établir dans le présent l'obéissance passive aux ordres de Rome, et à préparer dans Tavenir la réduction de la Grèce en province romaine. Le sénat avait remplacé les ruses et les perfidies de la politique par la brutalité du despotisme : toutefois on aperçoit le reste d'une vieille habitude de dissimulation dans le sénatus-consulte qui déclarait libres la Macédoine et Tlllyrie , à moins qu'on ne veuille voir dans cet acte une sanglante ironie.

^ XII. — Le sénat profite de Vusurpation d'Andriseas et de la guerre qu'entreprennent les Achéens désespérés^ pour réduire la Macédoine et la Grèce en prorinces romaines.

S'il prit un masque , il se lassa bientôt de le porter : l'imposteur Andriscus s'étant fait proclamer roi de Macédoine , il envoya le préteur Métellus le vaincre à Pydna, et réduire la Macédoine en province romaine , i48. Il fit repasser en Grèce le petit nombre des bannis qui avaient survécu à dix-sept ans d'exil , de misère et de chagrin, c'étaient des messagers chargés d'annoncer par leur présence les mesures dont il allait frapper le pays. Ses commissaires détachèrent de la ligue achéenne Sparte, Corinthe, Argos, Orchomène d'Arcadie, Héraclée de Thessalie ; c'était

:{2â PRBcie DE l'histoire ancienne.

préluder à la destruction totale de la ligue. Les bannis Damocritus^ Diœus^ Critolaus, élevés successivement à la stratégie ; égarés par le désespoir et le patriotisme, mirent les armes aux mains des Achéens, et se firent vaincre à Scarphée en Locride par Métel- Ins^ et à Leucopetra près de Corinthe par Mummius. Mummius détruisit Corinthe de fond en comble , et sur ses débris fumants annonça à la Grèce qu'elle était réduite en province romaine , 146 (4).

S XiW,— Retour sur l'hiÈtoire des colonies grecques dans V Italie centrale et méridionale, la Sicile, la Gaule, T Afrique. Elles tombent toutes successivement dans la dépendance de Borne.

Pour compléter Thistoire de la Grèce , il reste à examiner quel fut le sort de ses colonies dans la Grande-Grèce, la Sicile, les Gaules, TEspagne. l'Afrique.

Nous reprendrons l'histoire des colonies au point où nous l'avons laissée dans les chap. XVII, XVm,

Hiitoire des villes grecques de l'Italie centrais e< méridionale t depuis la fin du régne de Denys PAn-

(1) Tite-Live, L XLV, c. 26-46; Epitome des llv. 49, 50, 5!. Polybe, Ambassades, 105, 122, 126, 137, 143, 144. Exemples de Vertus et de Vices, n~ 85, 86. Pausan., Achaîc. l^'lorus, 1. H, c. 14, 16. Vellelug, 1. 1, c. 14. Orose, 1. TV, t, 22; 1. V, c. l Justin, l. XXXIX, e. 1, 3.

&ilil*(DE*GRÈCi! ET NCILE. 3^3

dm. — Les deux villes grecques principales de l'Italie ceotrale étaleol; Cumes et Naples. Cumes , tombée au pouvoir des Campaniens^ passa aviec eux sous la loi des Oomaios l'an 345 , deux ans avant la guerre du Samnium; Naples, la dix-septième année de cette guerre , 3^, La décadence des villes de la Grande- Grèce ou de l'Italie méridionale avait eu pwr premier principe l'abus de leurs richesses , la corruption de leurs mœurs , les vices de leur gouvernement. Les deux Dehys avaient k la fois hâté cette décadence par leurs armes et par leurs funestes exemples. Us domlnèmnt quelque temps dans Locres , Hipponium , Caulonia, Ootone et Rbégium* Ces villes^ rendues à la liberté depujs les troubles de Syracu£^ et J'expuision de Denys le Jeune ^ furent attaquées tour à tour pair les tyrans de Syracuse , Héraclide, âosistrate et Agaitboeles* Agatbocles {^^it deux fois Crotione : il é^>i^ea les habitants^ et pilla leurs biens en â99 ; en 293^ il se saisit d'Hipponium. Les Grecs ^ affaiblis pat* ces attaques^ subirent successivement ralliance de Rome : i"" Thurium^ quatre ans avant k guerre contn; Pyrrhus , 286 ; 2*" les autres villes de la Messapie^ de la Lucanie^ de firuiium^ à la fin de cette même guerre; Crotone, en 277; Loores, en 275; Tarente, eax 273; Rhég^um, en 27i , après avoir été d^ivrée de la g£y^nis<^ romaine , qui dix ans auparavai^ avait nuissAoré aa popidatiuii. L'dliaiice de fiiune laissa

aux cités gi*ecqiies leurs loîs^ leurs magistrats, leur religion , leurs coutumes ; mais elle les priva de leur puissance militaire , et les astreignit à n'avoir d'autres amis et d'autres ennemis que ceux des Romains. Thurium seule devint colonie romaine, Tan 190.'

Histoire de la Sicile , depuis l'usurpation d^Agathocles jusqu^à la réduction de Vile en province romaine, 317-211. — Agathocles, tils d'un potier, décrié dans sa jeunesse par la licence de ses itioeurs, s'illustra plus tard par ses exploits dans les armées de Syracuse. Banni deux fois de la ville par les factions, il fut investi du généralat par l'aveugle confiance du peuple, en 317. A peine revêtu de cette dignité, il établit son despotisme par le massacre de dix mille Syracusains. Les mêmes moyens le rendent maître absolu dans Messane , Tauroménium, Gela, 315-311. villes qui composaient à cette époque le domaine de Syracuse, avec Agrigente, Léontium, Gatane^ Égeste, Camarine. Agathocles reprend le projet favori de tous les tyrans et généraux de Syracuse : il veut chasser les Garthaginois de la Sicile. 11 y est baitu par eux. et assiégé dans Syracuse, 310. Dans cette situation diflScile, il prend la résolution de les arracher des murs de Syracuse, en allant les attaquer sous les murs de Garthage. 11 débarque en Afrique avec une partie de sa flotte et de son armée; il prend la Grande- Ville, Tunis, Utique, range sous sa domination deux

GRANDE-aRÀCE SI SICILK. 335

cents vîQes ou bourgades sujettes de Carihage, défait les années de cette république dans deux batailles, et la réduit aux dernières extrémités. Il s'allie avec Ophellas, roi de Cyrène, Vassassine, joint les Cyrénéens à ses troupes, et augmente ainsi ses forces de toutes les leurs, 314-307. Pendant ce temps, ses lieutenants repoussent les Carthaginois des murs de Syracuse , et tuent leur général Âmilcar. Mais la révolte d'Agrigente et de quelques autres villes sici>tiennes contraint Âgathocles à repasser en Sicile : il accable les rebelles, les assujettit de nouveau et retourne en Afrique, où ses affaires ont décliné en son absence. Il est vaincu dans une bataille décisive, abandonne lâchement son armée, et s'enfuit à Syracuse, 307. n conclut la paix avec les Carthaginois, 306^ détruit ensuite le parti de Dinocrate, qui a rassemblé jusqu'à 25,0()0 hommes contre lui, 305; dirige ses efforts contre les villes de la Grande-Grèce, ruine Grotone, 299, et prend Hipponium , 293. Son petit-fils Archagate et Ménon l'empoisonnent en 289, et mettent fin à une vie toute pleine de crimes, d'entreprises aventureuses et d'exploits.

Aucun de ces deux ambitieux ne parvient à lui succéder. Icétas rétablit la démocratie, obtient du peuple la charge de général, et l'exerce pendant neuf ans, 289-280. Il est dépouillé par Tynion; celui-ci trouve un rival dans Sosistrate : Syracuse , déchiréf» 11. Il)

3i6 PRÉCIS BB L'rtiStOlIlB ANCiefirAE.

par la guerre civile qu'ils allumeiil , lËssiégée paf les Garthagitiois, appelle Pyrrhus à mn seeotirs, Î78. Pyrrhus reçoit les clefs des priflèipàles tilles siciliennes, 277) chasse les Carthaginois de presque toutes leurs possessions , délivre leS Sîcilietis du brigandage des Mamertins , mercenaires de la Gampanie à la solde d'Agathocles y qui se sOflt réiîerameiit emparés de Messane par une odieuse violence. Mais Pyrrhus tyr annisie à son tour les Siciliens et se voit contraint à quitter leur tle, 276.

«75. *^ Après sa retraite j Hiérofi , descendant de Gélon , est élti chef de l'armée de Syracuse : il ntàfdie contre les Mamertins^ se défait des soldats étraiigefs, auteurs de la plupart des troubles^ et taille en pièces les Mamertins. Rentré vainqueur & Syracuse , il est déclaré roi et reconnu pour tel par les alliés, 269. Son règne n'est troublé que par la défaite qu'il éprouve l'an 264 , en combattant les Romains con^ jointement avec les Carthaginois , alors ses alliés : il conclut avec les Romains une alliance prolongée daiis un espace de cinquante années : pendant tout ce temps , il assure à ses sujets un bonheur et une pros-» périté que leurs démagogues n'avaient jamais pu leur donner. L'an 241, à la lin de la première guerre Punique , il voit la moitié de la Sicile passer de la dO' mination de Carthage sous celle de Rome et devenir province romaine : dans cette province m trouvaien

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enclavées plusieurs villes grecques ^ Âgrigente entre autres. Hiéron conserve Syracuse et toutes les villes dépendantes de Syracuse^ jusqu'à sa mort, arrivée en 215.

Hiéronime, son petit* tils, lui succède : le fiiste et la tyrannie de ce prince soulèvent l'indignation générale; il est assassiné après un an de règne, âU. Ses beaux-frères^ Ândranodore et Thémistius, songent à hériter de son pouvoir : ils sont massacrés par la faction démocratique, qui enveloppe dans leur perte leurs femmes, derniers restes du sang d'Hiéron. Ëpycide et Hippocrate, nommés premiers magistrats, se déclarent pour Ânnibal contre les Romains : soixante -six villes siciliennes, parmi lesquelles Agrigente, abandonnent également le parti de la république. Marcellus met le siège devant Syracuse : longtemps défendue par le génie d'Archimède , elle succombe en 212. Les autres villes siciliennes tombent en la puissance de Marcellus et de Lœvinns , ou se rendent volontairement. Toute la Sicile est réduite en province romaine , 210. Laevinus désarme les Siciliens et tourne tous leurs travaux, toutes leurs pensées, vers la culture de leur fertile territoire. La Sicile, devenue province, conserve ses magistrats particuliers et ses lois dans chaque ville; mais Rome y envoie un préteur pour surveiller son obéissance , pour exifer le tribut en argent et en Ué qu'elle paye

328 PRECIS DE l'histoire ANCIENNE.

annuellement^ et auquel les Italiens ne sont pas assujettis.

Histoire de la colonie de Cyrène depuis la mort d'Mexandre. — Après la mort d'Alexandre , Cyrène devient une province des Lagîdes; sous Ptolémée Physcon^ elle est érigée en royaume particulier. Appion, fils naturel de ce prince ^ la lègue par testament aux Romains, 97. Cyrène conserve une sorte d'indépendance, probablement en s'engageant à payer un tribut.

Histoire des colonies de la Gaule depuis la mort d^ Alexandre. — Dès Tannée 218 , la première de la seconde guerre Punique, Marseille contracte avec Rome une alliance véritable, une alliance dont le nom ne cache pas une véritable servitude. Le sénat maintient leur liberté aux Marseillais, après qu'il a réduit la partie méridionale de la Gaule Transalpine en province romaine, sous le nom de province des Gaules, 118. Marseille, protégée par les Romains, continua à fleurir, conserva son importance, son gouvernement, ses mœurs depuis 218 jusqu'en 49. A cette époque, s'étant déclarée pour le parti de Pompée et de la république, elle fut prise par César, et d'alliée elle devint sujette de Rome : sa puissance finit ; elle perdit ses anciennes mœurs et sa fi*ugalité avec sa liberté. Dès lors ses habitants songèrent exclusivement à amasser des richesses, et s'abandonnèrent

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