CHAPITRE XXXIX
Histoire de Syrie» depuis la bataille d-Ipsus Jusqu'à la conquête de ce royaume p^r les Romains, 3Ql-6i avant J.-C.
L'histoire des rois Séleucides est plus connue et moins obscure que celle des Ptolén^ées, quoique les sources en soient à peu près Ip^ mêii:)es (Ij. }) serait difficile de rechercher }es éléments qui composent ('l^istoire de TÉgypte dans les trqis derpiers siècles avant J.-C. , sans retrouver en même temps ceux qui appartiennent aux annales de la Syrie. On a cependant moins de certitude sur la chronologie des Lagides que sur celle des descendants de Séleucus. Cette différence résulte de la situation géographique et politique des deux royaumes. L'Egypte , située en Afrique , avait moins de contact avec les peuples civilisés de POecident : un seul de ses
(1) Voir la note du chapitre prépédept^ qù nqus indiqqoqs la auteurs originaux de Thistoire d'Egypte. Vaillant a fait sur les rois de Syrie le même travail que sur les Lagides {Seleucidarum imperium , sive Historia regum Syriœ , ad Rdem numismatum accommodaf a. HagaeComitu m, 173!^, in-fol.) Nous regrettons que les inexactitudes de cet ouvrage, d'ailleurs fort utile, n'aient pas été corrigées par les savants qui y de nos jours , ont abordé plusieurs problèmes historiques de l'antiquité.
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princes, occupé de conquêtes, franchit les limites de son royaume pour leâ étendre jusque sur des états voisins. Tous les autres régnèrent sans éclat, enfermés dans Alexandrie ou dans leur palais ; ils n'en sortirent que par la violence des usurpateurs ou la révolte de leurs peuples. Les rois de Syrie, au contraire, campés au milieu de l'Asie , portèrent leurs vues ambitieuses à l'orient et ad ôouchaiit de leur royaume ; îls s'intéressèrent de botme heure aux affaires de la Grèce , et s'attirèrent à la fois les armes du peuple rottlairi et l'attention de ses historiens. Lfeurs relations fréquentes avec les Jaifâ jettent aussi quelque jour sur cette partie ôe l'histoire. Cependant nous devons faire observer qu'aucun grand écrivais de l'antiquité n'a présenté dass leur ensemble tous les faits historiques de la Syrie (i) . Ce n'est que par des rapprochements de passages isolés que Ton arrive à une connaissance générale de l'empire des Séleucides. Des lacunes inévitables doivent se trouver dans une histoire ainsi rassemblée ; il est impossible que des lambeaux épars forment un tableau complet des événeiienients politiques , des mœurs et du caractère d'un grand peuple pendant trois siècles.
(1) Le livre qu'Âppien a consacré aux Syriens est incomplet et ne fait bien connaitre que leurs guerres contre les Romains.
360 PRÉCIS DE l'histoire ancienne.
8 I. — Fondation du royaume de Syrie par Seleueus, Règne de ce prince, 311-281.
Nous avons vu, au chapitre XXXÏV, Séleucus s'emparer, de Tannée 312 à Tannée 308, de toutes les provinces de la Haute- Asie situées entre TEuphrate, FIddus et TOxus, et contracter en 305 , avec le roi des Indes Sandrocottus, qu'il ne put vaincre, un traité utile au commerce du nouvel empire qu'il fondait. Après la bataille d'Ipsus, 301, il obtint une partie des pays qui avaient appartenu à Antigone, la Gappadoce, l'Arménie et la Syrie.
Il crut qu'il lui importait de se rapprocher de TOccident; et, abandonnant Babylone, il fonda, sur TOronte, Antiôche, qui devint la capitale de son royaume. Cette ville, peuplée de. Grecs, de Macédoniens, de Cypriotes, de Cretois et de Juifs, s'éleva rapidement à un si haut degré de prospérité et de grandeur, qu'elle devint la plus riche de TAsie et la capitale de TOrient sous les Romains. Séleucus divisa ses vastes états en soixante-douze satrapies. Il fonda ou agrandit un grand nombre de villes, auxquelles il donna, entre autres noms grecs, ceux à! j4 pâmée y sa femme, et de Laodicée, sa mère, ûeSéleuckyàs StraUmicée, Au milieu des soins de la guerre, à laquelle il ne prenait qu'une faible part, il s'occupait de faire fleurir son royaume par le commerce. <<