‹ Précis de lh́istoire ancienneChapitre 63 sur 76 · BITHYNIE · texte numérisé non relu

BITHYNIE

lui-même victime de sa trahison et périt de la main des Gaulois, instruits de son crime^ 237.

Les Bithyniens , après la catastrophe de Zibœas, déférèrent la couronne à Prusias y son fils. Il signala le commencement de son règne en dépouillant Zibœas des cantons qui lui étaient échus en partage , et en réunissant ainsi sous ses lois toute la Bithynie^ Ce prince eut de sanglants démêlés avec Eumène, roi de Pergame, et il le vainquit, grâce aux stratagèmes d'Ânnibal , qu'il avait reçu à sa cour ; mais il ne put pas profiter de sa victoire , arrêté par la volonté des Romains, dont il ne rougit pas de se déclarer Fesclave. 11 vécut jusqu'à un âge très-avancé, et régna près de soixante ans. Nicotnêde //monta sur le trône, souillé par le meurtre de son père, 148. Attaqué par Mithridate , roi de Pont, il fut redevable de la conservation de ses états à la protection de Rome. Son fils, iVtcomède III, fut tour à tour l'allié et Fennemi de Mithridate, qui le chassa de son trône et le condamna pendant quelque temps à une vie privé. Il mourut l'an 75, instituant le peuple romain pour héritier de ses états (1).

(1) Voyex, pour l'histoire des rois de Bithynie, les excellents mémoires de l'abbé Sévin, insérés dans les t. XII , XV et XVI de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, et la compilation de Vaillant, déjà citée.

i04 PRÉCIS DE l'hISTOIAB ANCIENNE.

$ VIII. ^Répifblique de Rhodes, 48<K31.

11 parait certain que la royauté fut abolie à Rhodes l'an 480 avant J.-G. : un gouvernement, formé d'éléments de démocratie et d'aristocratie (i), fut substitué à la monarchie. Les richesses des habitants s'étant accrues par le commerce, les Rhodiens mirent un grand soin à contenir les pauvres , soit en les établissant dans les colonies, soit en leur faisant des distributions périodiques de blé. Il y avait même un usage ancien , qui était passé en loi , en vertu duquel les citoyens riches devaient soutenir ceux qui ne l'étaient pas. Les pauvres étaient astreints, moyennant un salaire fixe et assuré, à rendre certains services à l'état, de sorte qu'ils avaient toujours de quoi subsister, et que la cité ne manquait ni de bras pour ses besoins, ni d'ouvriers ni de matelots pour la mar rine (2). L'entrée de quelques arsenaux, qui étaient la richesse et la force de la ville , était défendue à la multitude sous peine de la vie. A Rhodes , tout ce qui concernait la marine, la construction des vaisseaux, était ordonné et administré avec un soin extrême. Aussi les Rhodiens , quoiqu'ils ne possédassent primitivement qu'un territoire peu étendu, accru -

(1) Géogr. de Strabon , 1. XIV, c. 2 , §§ ^ et suiv.

(2) Plutarque, Vie deDémétrius, § 12.

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