‹ Précis de lh́istoire ancienneChapitre 62 sur 76 · PERGAME · texte numérisé non relu

PERGAME

rut, après quarante-trois ans de règne, dans le temps qu'il était tout occupé du projet le plus glorieux , de rendre à la Grèce son ancienne liberté , 198. L'aîné de ses fils^ Eumêne II y prit à sa mort les rênes du gouvernement : il suivit l'exemple de son père , en restant fidèle à Falliance des Romains. Il aida Flamininus dans la guerre contre Nabis, rejeta les offres d'Antiochus le Grand, roi de Syrie, avertit le sénat de ses vues , et contribua au succès de la première expédition que les troupes de la république tentèrent en Asie. Il fit un voyage à Rome , où le sénat lui témoigna sa reconnaissance par l'accueil le plus honorable et par la cession de tous les pays qu'Antiochus avait possédés en deçà du ihont Taurus, ainsi que les provinces situées entre le mont Taurus et le Méandre. Son attachement pour les Romains et l'agrandissement de son territoire excitèrent la jalousie de Prusias,roi deBithynie, auprès duquel s'était réfugié Annibal. Dans le cours de la guerre qui s'éleva entre ces deux princes, l'habileté du général carthaginois fit presque toujours pencher la victoire en faveur des Bithyniens. Mais les craintes de Rome et la lâcheté de Prusias réduisirent Annibal à terminer sa vie par le poison. Débarrassé de cette guerre, vainqueur de Pharnace, roi de Pont, Eumène s'allia avec Antiochus Épiphane , qu'il replaça sur le trône de Syrie , et fit un second voyage à Rome pour dévoiler au

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sénat les intrigues secrètes et les préparatifs de Persée, 172. L'attentat du roi de Macédoine contre Eumène détermina les Romains à prendre les armes pour châtier la violence exercée envers Fun de leurs plus fidèles alliés. Avant la fin de cette nouvelle guerre, le roi de Pergame, qui voyait avec inquiétude tomber toutes les puissances qui pouvaient garantir son indépendance , se rapprocha de Persçe et devint suspect aux Romains , qui encouragèrent l'ambition de son frère Attale. Eumène fit pour son compte des conquêtes en Galatie et en Bithynie , et mourut après quarante ans de règne, 157. H avait fait planter le bois célèbre de Nicephorium, et enrichi Pergame de monuments et de bibliothèques.

Le testament d'Eumène et les vœux du peuple élevèrent Mtale II y son frère, sur le trône de Pergame, 157, Eumène n'avait laissé qu'un fils à peine sorti de Tenfance, incapable de défendre Fétat contre les attaques de Démétrius I*'' et de Prusias. Attale signala le commencement de son règne par la conquête de laCappadoce , dont il dépouilla Oropherne pour la rendre à Ariarathe VIL Ce succès hâta les hostilités de Prusias, qui envahit le territoire de Pergame , battit et exte^ mina les troupes qui lui furent opposées, et entreprit le siège de Pergame malgré l'intervention des commissaires romains, venus pour connaître des dififérends élevés entre l^s deux rois. Mais Prusias fut bi^tiJ

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obligé de lever le siège et d'accepter une paix onéreuse. Fort de lappui de Rome^ Attale se vengea de son ennemi , en excitant son fils Nicomède à la révolte et en lui donnant les moyens de s'emparer de la Bithynie. Après la catastrophe de Prusias , il repoussa Diégulis, chef d'un des cantons de la Thrace , et aida le consul M ummius à se rendre maître de Gorinthe et à renverser ainsi ce dernier boulevard de la liberté des Grecs. Il passa les dernièi^s années de sa vie dans la mollesse et l'oisiveté , et fut empoisonné , à l'âge de quatrevingt-deux ans, par son neveu Attale m , impatient de parvenir au trône, 137.

Le crime à^Mtale ///donna lieu à une guerre entre les royaumes de Pergame et de Bithynie. Nicomède voulut venger sur un prince parricide la mort d' Attale II, qui avait été son bienfaiteur. Le succès ne répondit pas à la justice de sa cause. Battu dans plusieurs actions par le roi de Pergame , il aurait été dépouillé de ses états sans la médiation toute-puissante des Romains^ qui modéra le ressentiment et l'ambition du vainqueur. Attale poursuivit le cours de ses cruautés sur les princes de la famille royale et sur ses amis. LivréàTétude et à la culture des plantes vénéneuses (1),

(1) Justin, 1. XXXVl, % 4. Géographie de Strabon, 1. XIII, c. 14, §§ 1 et suiv. L'abbé Sévin a écrit sur les rois de Pergame trois mémoires, ingérés dans le t. XII de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres,

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il se faisait un jeu cruel d'empoisonner les personnes les plus distinguées de son royaume. Dans les derniers jours de sa vie, se voyant sans postérité, il déclara par son testament, le peuple romain héritier de ses richesses et de sa couronne, 432. Mais ^ristonic, fils naturel d'Ëumène, la réclama, se i'endit maître de Pergame par les armes , et attira facilement dans son parti un grand nombre de villes accoutumées à obéir à un gouvernement monarchique. D'abord vainqueur des Romains commandés par le consul Licinius Crassus, il fut complètement défait par Perpennaet Manius Aquilius, fait prisonnier et conduit à Rome, où il fut étranglé après avoir servi d'ornement au char du triomphateur, 129. Aristonic fut le dernier des Attalides qui occupèrent le trône de Perçarae pendant l'espace de cent cinquante-quatre ans, de Tan 283 à Fan 429 avant Jésus-Christ.

S vu. — Royaume de Bithynie, 324-76.

Le géographe Strabon, qui nous a fourni la plupart des détails que nous avons présentés sur les rois de Pergame, est moins riche de notions sur ceux de Bithynie (1). Il est impossible de remonter jusqu'à l'origine de cette monarchie. Les auteurs de l'antiquité sont

(1) Géogr. de Strabon, 1. XU, c. 3, § 8.

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remplis de tant de contradictions^ que ce serait s'exposer à commettre des erreurs inévitables, si Ton adoptait quelques-unes des traditions fabuleuses racontées par les poètes et les mythologues. Le seul fait incontestable y c'est que les Bibryces et les Bithyniens ont occupé la contrée à laquelle ils ont donné successivement leur. nom. Quarante-neuf rois ont régné en Bithynie depuis l'origine de ce royaume jusqu'à sa réduction par les Romains. On ne*connaît les noms que de quelques-uns de ces princes. Pendant le règne de Prusiasy la Bithynîe fut conquise par Crésus , qui la perdit peu de temps après y avec son royaume et sa liberté, par la victoire que Cyrus remporta dans les plaines de Thymbrée. Les successeurs de Cyrus laissèrent leur titre aux rois de Bitbynie, tout en leur imposant la même soumission qu'à des esclaves. Cette contrée était gouvernée par Bas lorsque Alexandre passa en Asie pour détruire la monarchie des Perses. Pendant que le conquérant macédonien parcourait l'Asie en triomphateur, son général Calas se faisait battre par le roi de Bithynie, qui conserva le trône jusqu'à sa mort, 320. Zipœtès, fils de Bas, s'affermit dans la possession de son royaume à la faveur des guerres des généraux d'Alexandre, Il entreprit même le siège d'Astacus et de Chalcédoine , qu'il abandonna peu de temps après , dans la crainte qu'Antigone, pour les secourir, ne fît une invasion dans ses

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propres états. Zipœtès avait aussi un ennemi redoutable dans Lysimaque^ qui attaqua la Biihynie par ses généraux : ils échouèrent dans leur expédition. Cependant les ravages auxquels son royaume fut souvent en proie affaiblirent la puissance de ZipsBtès^ qui ne fit aucune conquête durable , quoiqu'il ait remporté un grand nombre de victoires. Il eut pour successeur l'aîné de ses fils , Nicomède /*', qui fit massacrer tous ses frères, à l'exception de Zibœas , qui, s'étant soustrait à sa fureur, chercha son salut dans la révolte et fut reconnu par une partie de la Bithynie , 280. Les mouvements de Zibœas et les préparatifs d'Antiochus Soter, qui annonçaient des prétentions sur son royaume, décidèrent Nicomède à appeler les Gaulois en Asie. Us abandonnèrent les contrées de la Thrace où ils étaient établis, 278, et vinrent offrir au roi de Bithynie les secours avec lesquels il déjoua les efforts d'Antiochus. Le vainqueur reconnaissant partagea avec eux les fruits de sa victoire, et leur abandonna la contrée à laquelle ils donnèrent le nom de Galatie. Nicomède mourut vers l'an 230 avant J.-G. Il avait fondé Nicomédie, qui fut la capitale du royaume. La Bithynie fut, après sa mort, en proie à la guerre civile. Deux de ses fils , d'un lit différent , et son frère Zibœas, se disputèrent la couronne. Ziélaê^ vainqueur de ses rivaux , voulut faire massacrer les chefs des Gaulois qui lui avaient donné la victoire ; mais il fut

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