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43'i PHBC18 D£ L'HMTOIRB ANClftMNS.
dispensait les richesses et conduisait tes âmes des morts aux enfers. Cette mythologie était fondée en Grèce sur les anciens usages observés par les Égyptiens dans les funérailles. Neptune était le souverain du principe humide et générateur. Chez led Grecs ^ l'élément de l'eau fournit un grand nombre de dieux ; ils regardaient TOcéan comme une source de génération pour tous les êtres : ils lui donnaient le titre de père de toutes choses. Yulcahi était le dieu du feu -, son culte était principalement en grande vénération dans rtle de Lemnos, où l'on célébrait des mystères. On prétendait que les Cabires , fils de Yulcain , avaient introduit les arts dans l'Ile de Samothraœ , et surtout celui de travailler les métaux. Apollon, dieu du jour, représentant la force reproductive de là nature , était la même divinité que Bacchus } on ne les distinguait que par les attributs et les caractères différents que Ton prêtait à chaque divinité. Bacchus^ quoiqu'il n'ait pas été placé au rang des douze grands dieux par les mythologues , avait un culte fort répandu dans la Grèce.
On assignait diverses demeures aux dieux : les uns forent placés dans le ciel 5 d'autres habitaient dans la mer, ceux-ci sous la terre, ceux-là aux enfers, lieux où les méchants étaient condamnés à divers supplices après leur mort* On fit monter certains dieux dans les planètes ; les héros furent atladïéa aux
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constellations. Comme le grand nombre des dieux qu'admettail le polythéisme ne représentaient que les divers attributs de la Divinité suprême^ ils avaient tous pour symbole le serpent^ sous la forme duquel les peuples anciens paraissent l'avoir adorée. Pour honorer les dieux , les Grecs instituèrent des sacrifices, des fêtes religieuses , élevèrent des temples qui leur furent consacrés , créèrent des prêtres chargés de les invoquer, de dévoiler leurs volontés, d'expliquer les événements singuliers, les phénomènes de la nature. Dans une haute antiquité ^ on ne présentait aux dieux que les fruits de la terre ; il y eut des autels sur lesquels il ne fut jamais permis d'immoler des victimes; mais les sacrifices sanglants s'introduisirent sans doute avec Thabitude que prirent les hommes de se nourrir de la chair des animaux. C'étaient comme des repas que les hommes destinaient aux dieux, et auxquels participaient les assistants et les prêtres. On n'immolait pas indistinctement toute espèce d'animaux à une divinité. On offrait des chevaux au soleil, des cerfs à Diane, des chiens à Hécate. La superstition, qui remplit l'âme de terreur, rendit les hommes cruels et barbares. Les sacrifices humains devinrent fréquents dans les diverses contrées de la Grèce ; ils commencèrent en Arcadie , et n'y furent abolis que dans le v** siècle avant l'ère chrétienne. Au temps de ta guerre Médique , on voit encore Thémistocle im-
moler^ avant la bataille de Salamine, trois jeunes Perses , &its prisonniers, à Bacchus Omestes (1).
On célébrait dans la Grèce plusieurs fêtes religieuses sur lesquelles les Anciens nous ont transmis des détails précieux. On honorait Jupiter sous une foule de surnoms qui exprimaient les divers attributs de sa puissance. Dans le temple d'Olympie était sa statue , ouvrage admirable de Phidias. Junon, protectrice d'Argos^ avait dans cette ville un temple ^ un des plus célèbres de la Grèce) chaque année , les habitants d'Argos se rendaiem en grande pompe dans le temple de la déesse, et lui o£fraient des sacrifices qui attiraient un concours considérable de spectateurs. Les Dionysiaques y les j4paturies, les PancUhénées, les mystères d'Eleusis , avaient lieu , à Athènes , en l'honneur de Bacchus , de Minerve et de Gérés. Outre les fêtes générales^ chaque boui^ de TAttique avait ses fêtes particulières. Vénus était la principale divinité des Corinthiens ; ils lui consacraient un grand nombre de prêtresses , auxquels la superstition attribua rhonneur d'avoir sauvé les Grecs dans la guerre Médique. Aucun temple dans le paganisme n'a eu plus de célébrité que celui d'Apollon à Delphes. Les nombreuses traditions mythologiques, accréditées sur son
(1) Plutarque , Vie de Thémistocle , c. 17 j Vie de Pélopidas, c. 22.
religion; gouvernement des grecs. 437
origine , prouvent sa haute antiquité. Il y avait une pythie qui rendait des oracles, et que Ton allait consulter de tous les points de la terre ; un trésor, formé surtout des riches offrandes des Grecs, et qui tenta souvent Tavarice de divers peuples.
La divination était un des principaux fondements de la religion des Anciens. Les dieux, s'étant trouvés dès l'origine en communication avec les hommes, avaient dû, par certains signes, faire connaître leurs volontés. Il exista de nombreux interprètes de leurs pensées : ce furent les devins, les sages, les héros, auxquels on donna quelquefois le caractère de la divinité. Les oracles ont été inconnus ou avaient peu de créance dans les temps héroïques. Les inspirations, les songes , les présages , les paroles échappées aux enfants, furent la première divination accréditée par Pignorance superstitieuse de Thomme. Dans des temps postérieurs, il s'en établit une seconde , qui consistait dans l'interprétation des prodiges , des entrailles des animaux et des augures. L'autorité des devins et des oracles , au temps de Lycurgue et dans les siècles qui suivirent , était tellement respectée , qu'il était impossible de commencer aucune entreprise sans les consulter. On la voit s'affaiblir dans le siècle d'Hérodote. Les philosophes attaquèrent une superstition que l'intérêt des prêtres et des prêtresses et la politique ambitieuse de quelques hommes voulaient perpétuer
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dans l'esprit des peuples (1). Ëpaminondas et Démosthène nous montrent dans qud discrédit i de leur temps , était tombé l'oracle de Delphes (2),
II. Gouvernement^ mœurs et usages de la Grèce. — Il serait superflu de donner des détails étendus sur le gouvernement des divers états de la Grèce, L'établissement de la démocratie , la législation de Lycupgue et celle de Solon , les changements introduits à Sparte et à Athènes par Tamoqr des richesses et par Tambition de Périclès , ont été suffisamment développés dans les chapitres qui précèdent. La royauté abolie avait été remplacée par une aristocratie partout trop faible. Le principe de la démocratie dominait dans la plupart des cités 5 ce ne fut que pendant de courts intervalles que le pouvoir fut concentré dans les mains des grands. Ils gouvernèrent presque toujours avec despotisme. Les excès, auxquels ils se laissèrent trop souvent emporter, s'opposaient à ce qu'il s'établit une aristocratie salutaire dans des états si divisés. Le peuple envahit toute l'autorité du gou-
(1) Platon fait ainsi parler le devin Eutyphron dans le dialogue qui porte son nom i Qi^ ne m'arrive-î-il pas à motmêmef dit Eutyphron à Socrate, lorsque, dans Us assemblées, je parle des choses divines, et que je prédis ce qui doit armer; ils se moquent tous de moi comme d*un fou , etc,
(3) Àpophthegmes de Plutarque, Ëpaminondas, Vie de Démosthène , c, 23.
RBLIOION; «OUVVRNVIIVNT DEà GRFCS. 430
veraement , et se laissa dominer par ses passions brutaleSj par la turbulence d'orateurs factieux ou vendus aux étrangers. La Grèce n'avait apprécié qu'au temps de Thémistocle les avantages incalculables qu'elle aurait trouvés dans un système de confédération fortement conçu et observé avec constance; elle périt par sa force même et par la faiblesse de chaque état en particulier, qui^ ambitionnant une suprématie chimérique, appelait tour à tour les Perses et les Macédoniens dans ses démêlés pour obtenir un triomphe éphémère et funeste.
Deux institutions remarquables subsistèrent après l'abaissement de la Grèce, les jeuo; Olympique$ et le Conseil amphiclyanique. Les jeux Olympiques avaient été fondés par Hercule Ida^en dans une haute antiquité; ils se célébraient de quatre en quatre ans, Jupiter, Apollon , Mercure et Mars n*avaient pas dédaigné , dans Topinion des Grecs , l'éclat des triomphes d'Olympie, Pans des temps postérieurs, Glyménus, Pélops, d'autres héros , et enfin Hercule, fils d'Amphitryon , firent célébrer les mêmes jeux , interrompus depuis Oxilus jusqu'à Iphitus, contemporain de Lycurgue. Des divisions intestines, une maladie contagieuse , désolaient la Grèce. La Pythie, consultée par Iphitus , déclara que le seul remède k tant de maux était le rétablissement des jeux Olympiques. On y donnait de$ prix pour IsLCOurie^ le pentathle, la lutte.
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le pugilat, la amrse des chars , la course à cheval, le pancrace, la course des gens armés. Les enfants euxmêmes furent admis à prendre part à quelques-uns de ces combats, si propres à faire naître l'émulation, à accroître l'adresse et les forces de ceux qui s'y livraient. La présidence de ces jeux , qui se célébrèrent tous les quatre ans et qui donnèrent lieu aux Olympiades, appartenait aux Ëléens. Le nombre des juges varia depuis deux jusqu'à douze , et fut enfin réduit à dix, à cause des dix tribus dont l'Élide était composée. Les couronnes des vainqueurs n'étaient que des branches d'oliviers sauvages ; mais leurs noms étaient inscrits sur des registres ; on élevait des statues à ceux qui se faisaient le plus remarquer dans les plaines d'Olympie. Les guerres de la Grèce étaient suspendues pendant ces fêtes nationales : ce fut un des plus grands bienfaits que produisit cette institution h la fois religieuse et politique.
Le conseil amphictyonique, qui se réunissait à Delphes , fut institué par Amphictyon, fils de Deucalion, i5it) ; c'est de lui que les membres de ce conseil furent appelés amphiciyons. Dans Torigine, il n'était formé que des peuples qui habitaient dans le voisinage de Delphes. Les peuples de race hellénique qui furent admis plus tard dans cette assemblée, étaient les Ioniens, les Dolopes, les Thessaliens, les j^nianes, les Magnètes, les Maliens y les Phthioles, les Doriens,
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les Phocidiens et les Locriens. Après la guerre sacrée, les Macédoniens prirent les deux voix des Phocidiens et chassèrent du conseil les Lacédémoniens ^ qui avaient donné des secours à ces sacrilèges. Les amphictyons, qui furent jusqu'au nombre de trente, étaient les juges des différends élevés entre les peuples de la confédération hellénique. Quelquefois ils prévinrent des hostilités ; le plus souvent ce ne fut qu'un tribunal impuissant ou tyrannique. C.