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306 PRÉCIS DE l'histoire ANCKNinS.

Ule, les Lysippe et les Zeuxis, qui fleurirent vers le siècle d'Alexandre ^ et même dans plusieurs autres artistes qui illustrèrent des rayons de leur génie les derniers jours de Tindépendance nationale des Grecs.

Les trois ordres qui constituent Farchitecture avaient atteint , dans le quatrième siècle avant l'ère chrétienne^ toute leur perfection; grâce au concouss des autres arts^ Tarchitecture , qui^ pendaut si longtemps^ avait été restreinte aux formes commandées par le besoin, avait rencontré y dans Timitation de la nature, les vrais types qui devaient lui donner toute sa beauté. Comme art, elle se maintint longtemps après le siècle d'Alexandre dans le monde civilisé. Comme il lui avait fallu plus de temps pour atteindre au point de perfection où elle s'était élevée diez les Grecs , elle dégénéra aussi plus lentement On la retrouve savante et hardie à une époque où les arts , à Taide desquels elle s'était formée et avait grandi^ étaient tombés dans une complète et honteuse décadence.

Cependant , quelques années avant que la bataille d'Ipsus eût décidé du sort de Fempire macédonien^ on vit les Athéniens élever à un seul homme autant de statues de bronze qu'il y avait alors de jours dans Tannée. Ces trois cent soixante statues , consacrées à Démétrius de Phalère par un peuple déchu de sa puissance politique , sont un témoignage éclatant et irrécusable

LETTIUeSj-SClKNCES^ ETC., CHBZ LES GRECS. 507

de Éon génie artistique et des richesses qui étaient encore restées à omette métropole de la Grèce. Mais sa pauvreté fut bientôt aussi complète que sa honte. Asservie et ruinée par Démétrius Poliorcète , Athènes n'eut ni le pouvoir de seconder les efforts des Grecs pour ressaisir la liberté , ni les moyens d'entretenir les artistes dans tous les genres qui avaient fait pendant si longtemps sa gloire. Les architectes , les peintres et les sculpteurs se hâtèrent d'abandonner une contrée qui n'offraient plus de ressources et d'aliment à leur génie et à leur activité , et ils allèrent demander un asile aux rois d'Egypte , de Syrie et de Pergame , jaloux de donner, dans leurs états , une nouvelle vie aux arts que les révolutions politiques forçaient à s'exiler de leur mère patrie. Dans l'intervalle qui sépare les querelles des lieutenants d'Alexandre de la prise de Gorinthe^ la Grèce eut à souffrir de nouvelles dévastations qui détruisirent une foule de monuments restés encore debout au milieu de tant de ruines. Dans la guerre des JStoliens contre la ligue achéenne^ dans celle de Philippe' contre les cités de la Grèce ^ on se rendit coupable de part et d'autres des violences les plus barbares. Ce furent les féroces iËtoliens qui en donnèrent l'exemple. En Macédoine , onÉpire^ en Élide, ils saccagèrent les villes , mutilèrent les statues et détruisirent les temples. Les Macédoniens et les Achéens, usant de représailles^ commirent les mômes

806 Fiuicis M L^Bisioiia àmojxm.

excès en iEtolie et à Athènes^ Philippe H, voi et Macédoine^ brtda FAcadémie ^ vida les ioÊsbemoL, U mettre les statues en pièces et briser les pi^ncs d» monuments qu'il avait renversés^ afin qu'ciies ne pa»sent point servir à leur rec<MBfitniction. Les kiMïàtMy ne pouvant tirer vengeance par les airaes des violences de Philippe , portèrrat un décret qui erdomaît de détruire toutes ses statues et ceHes desperaoncs de sa maisoa Avec la paix que rétablît dan» laGrèee Tadroite int^vention des Romains, Fart^ qui seiiMatt éteint, jeta encore quelques lueurs. Pline (i) noos donne les noms des artistes qui se sont distingués dans ce dernier âge de Fart; ce sont: Anêée, OMê^ irate, PoKcUs, Mhéméê^ CaUiatH^y PytkocUs, Bfthioê et Timoçlès : U les met fort aa-dessoiis des» aptisies qui les avaient précédés. La prise de CSorinHie pet les Ronuiins ruina toat ensemble Findépeadaiiee dses Grecs et leur génie merveilleux pour les plus bdies et les plus nobles conceptions de Fesprit humain.

Les artistes y comme les poètes et les phik>sophe$ de la Grèce, trouvèrent, dès Fortgine, une généreuse hospitalité à la cour d' Alexan<bie. Ce fut par le fondateur de la dynastie cfes Lagides que furent accueillis j4 pelle, le chef des artistes grecs, et ce Démètrius de Phalère auquel les Athéniens avaient prodigué les

(1) Pltne, mstoire miureUe, Ht. XXXIV, chap, 19.

LETTRES. «QOEWEl, «XL, CSB US «REGS. 9lQê

\ Im plMi MTvtes. fikMK le xègne <de Ptdélato PhiJadetpbe^ Aleumdria devtet une seconde AtiftftMB. Tout ee «pie k Gràce possédait d'hommes dîHtJa^nte dans bws les ^wres semblait avoir reflué dM6 la capibde idk i'âgypAe. D s'exécuta des statues eu bisaile ei en porpfayro que ^empereur Claude fit transporler à Rome comnie des merveilles uniques de l'eri. Des idations plus éf(roites s^étant établies entre la Grèce et l'Egypte, les athlètes d'Alexandrie furent adffîis à eoncoursr aux jeut Olympiques A l'exemple des eiâés |;f6oques , Alexandrie adopta l'usage d'ériger des stetues aux hitieurs égypti^s, vainqueurs dans les grandes solennités de la Grèœ. Rien ne nous ckMuae «atant l'idée de la quantité et de l'habileté des artistes grecs qui devaient être alors à Alexandrie , que la pompe dionysiaque que fit exécuter Plolémée Philadelpbe^ et d<Hii Athénée nous a conservé la desoriptioa (1). On y promena des centaines de statues et des cdosses dont plusieurs étaient en or et en ivoire , et , dans un pavillon élevé pour cette solennité rdigieuse^ oa voyait un nombre considérable d'ani* naaux exécutés par les phis femeux maîtres. Livoire était devenu si commun à cette époque y que parmi les incroyables prodigalités de cette féte^ on remarquait six cents défenses d'éléphants que portaient des

(1) Athénée, Banquets des Savants, liv. V.

510 nioB ra l'ustoibe ancisnnb.

esclaves éthiopiens. De tous les artistes qui contribuèrent à la conception et à l'ornement de la pompe dionysiaque, nous ne connaissons que le seul ScUyrius^ qui grava en cristal le portrait d'Ârsinoé^ femme de Ptolémée PhiJadelphe. De savants antiquaires (1) ont jugé, d'après l'examen de quelques monuments égyptiens de cette époque, que l'art grec transplanté en Egypte, fut exempt du mauvais goût qui avait infecté la littérature de l'école d'Alexandrie.

Les artistes grecs furent accueillis en* Syrie aussi généreusement qu'ils l'avaient été en Egypte. La protection des Séleucides fut même si heureusement appliquée que les artistes établis dans leur royaume surpassèrent en habileté et en réputation ceux qui continuèrent à exercer leur art dans la Grèce; mais ils restèrent inférieurs à ceux que les Ptolémées avaient attirés à Alexandrie. Hermoclès se rendit célèbre , à la cour des Séleucides , par sa statue du beau Gombabus. Aucun de ces princes ne se montra un protecteur aussi généreux des arts et des artistes qu' Antiochus IV , surnommé Épiphane. Il fit couvrir d'un toit doré le temple qui avait été consacré à Jupiter dans la ville d'Aptioche , et il plaça dans Tintérieur une statue de ce dieu de la grandeur de celle

(1) 'Winkelmann, Histoire de Vatt chex les Anciens y liv. VI, chap. 4.

LETTRES 9 SCIENCES^ BTC ^ CHEZ LES GRECS. 5il

qui a immortalisé le nom de Phidias; il fit achever le temple de Jupiter Olympien d'Athènes , et la magnificence qu'il déploya fut digne de la grandeur de ce monument y le plus majestueux qui ait été élevé au maître des dieux du paganisme. Il orna aussi Délos et Tégée d'autels et de statues et d'un superbe théâtre de marbre. A la mort de ce prince (i64f ans avant J.-C.) , l'art grec s'éteignit en Syrie. La cupidité des Romains enleva aux Séleucides les divers modèles dont le génie des artistes grecs avait enrichi leur cour et les principales villes de leur royaume.

Les rois de Pergame Attale I*' et Eumène II suivirent l'exemple qui leur avait été donné par les Lagides et les Séleucides. Ces princes , jaloux de se concilier l'attachement des Grecs, comblèrent de libéralités leurs philosophes et leurs artistes ^ et ils méritèrent qu'on leur élevât des statues colossales dans plusieurs villes de la Grèce et du Péloponèse. On remarquait à Pergame le groupe des deux lutteurs, ouvrage célèbre du sculpteur Céphissodore , fils de Praxitèle ^ et le tableau à^Apollodùre représentant Ajax frappé de la foudre. Les combats d' Attale et d'Bumène contre les Gaulois avaient été célébrés par les ouvrages de plusieurs artistes, tels (fiei higone y Pyromaque , Strortomque et Antigoney qui laissa des écrits estimés sur la sculpture. Sossus excellait dans la mosaïque : Sa maisim non bcdayée jouit d'une grande renommé

dut 168 Anciens , ratant par le fini des iMà», 'qM par une imitation parfaite de la nature (i)«

Rhodes^ pour la culture des arts, Ait la rivale des cités les plus dvilisées de laGfèee. Elle donna le jour à plusieurs artistes illustres. Le groupe célèbre de Laoooon est Toeuvre de titras artistes rhodiens^ j^gé^ iondre , Polyd^pre et Aéhénoiore. Le &meux colosse de Rhodes^ consacré au soleil, était une des sept merveilles du monde. Ce colosse, commencé par du^ réiy disciple de Lysippe, et terminé par Laek^ de Linde, avait soixante-dix coudées de haut; il avaX coi^té douze ans de travail et trois cents taloils, produit de la vente des machines de guerre qne Démétrius Poliorr^ète avait laissées devant Rhodes, après avoir fait de vains efforts pour s'en rendre maitre. Cinquante-six ans après il fiit renvi^rsé par an tremblement de terre. Rhodes possédait en outre cesA colosses qui tous auraient fait la gloire du lieu où ils auraient été élevés^ et cinq autres statues de dieux colossales , qui étaient l'œuvre de Bryaœtê. Le goki du gigantesque dont les artistes rhodiens offi«nt des exemples si remarquables s'était surtout dévdoppé après ie siècle d'Alexandre. Les artistes qui travaillèrent pour les rois d'Egypte et de Syrie ; adopt^pent

(1) Pline, Histoire naturelle, lly. XXXIV, chap. 19.

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les idées qu'ils liouvèrent généralement rendues* Au teQ^>s des empereurs romains y lorsque Fart était en pleine décadence, la statuaire produisit des monuluents de dimensions encore plus gigantesques. Né* Toa fit exécuter efx son honneur, par l& sculpteur Zénodora, une statue colossale de cent dix pieds ^ mais r«Qq[)erear Yespasien ne voulut point que ce mo* miment bonorâi la mémoire d'un tyran qui avait été justement flétn par le 3énat : il changea la léte du colosse et le consacra au soleil (1).

Nous termineix)n$ ce résumé, déjà tiipp étendu, en exposant en peu de mots quisl^it l'état des arts, peu* daut la même péri^de^ dans une contrée qui avait des TstffGrtA si intimes avec la i^rèce par sa langue ^ se» mœurs et sa ciyilisaiion. La Sicile, pendant que la Grèce était ea j^ie aux fureurs des guerres dyiles, fut, oomme les royawies d'Egypte , de Syrie et de Pergai9ae t Tacite des artisten que tes malheurs des temps axilatentde km? patâe» Des médailles frappées à cette époque en Sicile ^ distinguaient par leur béante et te dî^utaient m étetnince avec celles qui soiit les plus ^timéesdes archéologues» Dans des temps plus recplés, 1'^ avait éte déjà florissant à Syracuse. Sous les roûi Q^m, 0iérpQ, le^ deux Denys et Aga-

(1) Pline, Ei$kfir0 fioHir^b.iiv. ]Ui;xiV, isbap. U.

514 FRias DE l'histoire ancienne.

thodes , les guerres sanglantes qu'elles soutint contre les cités voisines et les Carthaginois, ne suspendirent pas les travaux de ses artistes* Le tyran Âgathodes montra beaucoup de goût pour les arts. Il fit peindre dans une suite de tableaux un combat de cavaierie qu'il avait donné , et il en orna les murs intérieurs d*un temple de Minerve. Cicéron , que Ton peut à la vérité^upçonnner d'une admiration exagérée , quand il vante des tableaux qui avaient été la proie de Verres, prétend que l'art n'avait rien produit de plus beau, et que l'opulente Syracuse ne pouvait rien offrir déplus par&it à la curiosité des étrangers. Les portes de ce même temple, ornées de relief historiques^ décorées en or et en ivoire, sont aussi fort vantées par l'orateur romain. Les édifices sacrés étaient remplis de statues des dieux dont la beauté ajoutait au respect religieux du peuple. Marcellus, vainqueur des Syracusains , voulant se faire pardonner son triomphe, leur laissa la plupart des chefs-d'œuvre que la religion avaient consacrés (i). Mais sa victoire, qu'il honora par sa modération , n'en fut pas moins funeste à la prospérité de la Sicile', qu'elle plaça sous la tyrannique domination des préteurs romains. Dès lors l'art disparut de cette contrée^ les ouvrages dont avaient

(1) Cicéron, seconde action coft^e Verres ^ liy. IV, ch. 54-66.

été enrichies les villes de la Sicile^ furent bientôt transportés à Rome , où devaient s'accumuler et se perdre tant d'admirables monuments du génie des Grecs, C

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