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maître 5 et entrèrent dans des voies différentes. Le véritable successeur de Zenon fut Cléanthe d'Assos en Troade , qui vécut à Athènes dans une extrême pauvreté; occupé , pendant le jour, de ses méditations philosophiques y il employait une partie des nuits à arroser les jardins publics. Ses ouvrages, comme ceux de Zenon, ont été perdus} mais Gicéron les cite avec de grands éloges. Chrystppe de Soli^ en Gilicie, fut le plus fécond et le plus spirituel des stoïciens* Aussi disait'On généralement dans l'antiquité que sans Chrysippe il n'y aurait pas eu de portique.
La philosophie stoïcienne, bien différente de la philosophie cx)ntemplative de quelques chefs de secte, interdisait au sage la vie silencieuse et solitaire qui lui était recommandée par Aristote et d'autres philo* sophes ; elle lui prescrivait de se vouer à une constante activité. Dans le système de Zenon , la science était intimement unie à la vertu. Leur identité apparaissait dans la division que les stoïciens faisaient de la vertu en vertu physique , morale et logique. Cette division comprenait les trois parties de la philosophie : la physique, réthiqiie et la logique* La logique n'était en quelque sorte qu'un instrument pour les autres parties de la philosophie , quoiqu'elle embrassât les plus graves et les plus diflBciles de la métaphysique. La physique était regardée par quelques stoïciens comme la science philosophique la plus sublime : la
LETTRFS, SCîEîiCRS, ETC., CHEZ LES GRECS. 495
morale lui était subordonnée de même que la chair obéit à rftme. Mais Chrysippe s'éloigna de cette doctrine; il donna le premier rang à la morale, en prétendant que la physique devait avoir pour but d'aider à la recherche du bien et du mal, et il fit prévaloir cette opinion dans le portique. On y étudia les devoirs de Phomme sous un point de vue purement pratique, et la philosophie fut réduite en une série de conseils pour la conduite de l'homme en particulier, au lieu de s'élever, par la méditation , jusqu'à la cause première de nos devoirs et de les rattacher aux lois générales qui régissent l'humanité.
La vertu morale des stoïciens comprenait : !• la rationalité ou la connaissance du bien et du mal, ainsi que des choses indifférentes ; 2* la tempérance qui règle les appétits sensibles de l'homme ; 3° la force qui lui apprend à savoir souffrir et à supporter ce qui est inévitable ; 4° la justice qui Téclaire sur ses rapports avec les autres hommes et avec les dieux. Les stoïciens soutenaient , contre l'opinion de Platon, que nous ne pouvons nous rendre coupables d'aucun tort envers nous-mêmes. Ils laissaient au sage la faculté de prendre le parti qu'il jugeait le plus convenable, et, par conséquent, la liberté d'agir trop à son gré dans un grand nombre de circonstances. Les stoïciens ont fait Tapologie du suicide. Cette opinion, favorablement accueillie à Rome dans les derniers
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temps de la république, devint en quelque sorte la seule religion des Romains de Tempire. Les chefs de récole stoïcienne , tels que Zenon et Cléanthe^ avaient mis les premiers en pratique cette doctrine fatale^ que l'on ne manque jamais d'invoquer dans les siècles d'impiété, de corruption et de décadence.
Des sciences : Mathématiques et Astronomie. — Les mathématiques, pendant cette période , devaient Étire de grands progrès, puisqu'elles commencèrent à prendre rang parmi les sciences, et à être étudiées dans presque toutes les écoles de philosophie. Platon avait fait en quelque sorte des mathématiques, et surtout de la géométrie, la base de son enseignement : on connaît l'inscription célèbre par laquelle il défendait l'entrée de son auditoire à ceux qui ignoraient la géométrie. L'invention de l'analyse , la découverte des sections coniques et l'application des nouvelles méthodes furent les résultats importants des études de Platon et de ses disciples. Cependant les mathématiques mixtes ne firent pas , dans la Grèce, les mêmes progrès que la géométrie. Les véritables principes des sciences physico-mathématiques échappèrent aux philosophes de TÂcadémie, plus occupés d'abstractions que de l'observation de la nature. Ce ne fiit qu'en Egypte, sous les Ptolémées, que les sciences mathématiques et astronomiques prirent un grand essor, et que le génie de quelques hommes leur fit fi*anchir les
étroites limites où elles avaient été jusqu'alors comme enchaînées.
La révolution opérée dans Tétude des mathématiques fut surtout l'œuvre d'Euclide, disciple de l'Académie, quePtolémée Lagus appela à Alexandrie et à sa cour. On connaît si peu l'origine d'Ëuclide et l'histoire de sa vie, que les scolasiiques du moyen âge l'ont souvent confondu avec le philosophe du même nom qui a fondé la secte de Mégare. On ne cite de lui qu'une réponse qu'il fitàPtolémée, et qui prouve à la fois la finesse de son esprit et Tindépendance de son caractère. Ce prince , au reste grand admirateur du savoir d'Ëuclide et de son disciple, lui demanda s'il n'y avait pas de voie plus facile et plus courte que l'ordinaire pour apprendre la géométrie : « Non y répondit Ëuclide , il n'y a pas de chemin royal pour les nuUhématiqtJies, »
L'ouvrage d'Ëuclide intitulé les Éléments (Lxotitux) a fait surtout sa célébrité. Un savant distingué du dernier siècle, à qui la science doit une histoire des mathématiques fort estimée , Montucla, a fait ressortir la profonde conception qui a présidé à l'enchaînement de toutes les parties, à la rigueur des démonstrations renfermées dans les Éléments d'Ëuclide. Il a même émis l'opinion qu'ils pouvaient être encore, malgré les travaux des géomètres modernes, un excellent ouvrage d'étude. Le livre d'Ëuclide , à qui on
A^ PKBCIS Dl l'hISTOIM ANGIKNIIB.
attribue augsi des donnéêê «t des phénamàmêê , a Até commenté dans l'antiquité par Proclus et Thion, deux mathématieieng renommés de la période suivante. Dans les temps modernes, il a été Tobjet des méditations de tous les savants qui ont laissé un nom illustre dans Thistoire des mathématiques.
Le nom d'jérehifnéde de Syracuse n'est pas moins célèbre que celui d'Euclide ; parent du roi Hiéron , Archimède sacrifia à son amour pour la solenœ tous les avantages qu'une telle allianoe aurait ofllmpts h son ambition. U s'occupa surtout de la géofnétrie et de la méeaniquê , où il fit d'importantes découvertes, et de la Êêaiiquey dont il est le créateur. Archimède, qui, pendant la guerre des Romains en Sicile, opposa k leurs efforts une résistance longtemps invincible , et qui retarda ainsi la chute de sa patrie, n'estimait ce* pendant que la théorie; il faisait si peu de cas des applications, qu'il a dédaigné de décrire « et qu'il a ainsi laissé perdre une foule de procédés ingénieux , qui, s'ils nous étaient parvenus, feraient mieux comprendre toute la puissance de son génie. Archimède avait composé un assez grand nombre d'ouvrages; nous possédons les plus importants. Il a fait divers traités sur la memre du cercle , sur la sphère et le ey^ lindre , dont il voulut que les figures ftissent gravées sur son tombeau ; on lui doit d'autres ouvrages de mécanique, de siatique et à*hyéro9taiique , et plu-
sieurs invenlloiis merveineuses, si touteftns les effets n'en ent pas été exagérés par l'ignorance et l'aveugle admiration de ses contemporains. ArcWmède , pendant le sac de Syracuse, tomba sous les coups d'un soldat romain qui ne le connaissait pas , et à qui , dans ses préoccupations habituelles, il avait refusé de répondre. Marcellus donna des larmes à sa mort, et lui fit élever un tombeau qui ftit bientôt oublié des Siciliens, pendant la tyrannique administration de Rome, et que Cieéron, cent trente-neuf ans après , retrouva au milieu des ronces et des épines qui le dérobaient à tous les regards.
ÉratostKène, que Ptolémée III Évergète préposa à la garde de la bibliothèque d'Alexandrie , se recommandait par l'universalité de ses connaissances. Ses travaux en géométrie et en astronomie eurent une grande célébrité. Il n'en reste que quelques fragments, qui ont été publiés à la suite du poème d'Aratus. Ce Alt par ses conseils que Ptolémée m fit construire et placer dans le portique d'Alexandrie des aimilles (i) pour l'observation des astres. Frappé des graves erreurs où étaient tombés les mathématiciens dans la mesure de la terre, il essaya de déterminer sa circonférence. Quoiqu'il ne soit pas arrivé à un résultat
(1) Assemblage de dlyers cercles qui représentaient la sphère céleste.
500 PRtos DB l'histoire ancibnne.
exact , il s'acquit une gloire méritée par la profondeur et la sagacité de ses observations. Les anciens ont donné le surnom de grand géomètre à Apollonius de Perge en Pamphilie. Formé à Técole des successeurs d'Euclide ^ il se livra tout entier à Tétude de la géométrie. Il publia un grand nombre d'ouvrages^ dont la plupart ont été perdus. Son traité des Sections coniques est celui qui donne la plus haute idée de son esprit. Les 5% 6" et 7« livres de ce traité, qui sont les plus importants , sont restés inconnus pendant plusieurs siècles. Ils ont été retrouvés en Orient par le savant Golius, traduits en latin et commentés par Borelli en i66i. Le 8^ livre manquait à l'édition arabe , et il est probable qu'il est perdu pour jamais. Plusieurs géomètres des derniers siècles et de divers pays se sont appliqués à recomposer ceux des ouvrages d'Apollonius qui ne nous sont parvenus que par fragments. Leurs essais, plus ou moins heureux , sont un éclatant hommage rendu au génie du grand géomètre.
Les travaux de ces mathématiciens avaient laissé fort incomplète la science de l'astronomie. Ils avaient adopté les faux systèmes qui étaient accrédités avant eux^ leurs calculs étaient erronés, et leurs observations manquaient d'une base solide. Malgré tout ce qu'on a dit des observations astronomiques des Ghaldéens et des autres peuples de l'Orient, on doit re-
connaître avec le savant Delambre (1) que la véritable astronomie n'exista point avant Hipparqm , et qu'il en est réellement le fondateur. Ses observations sont en plus grand nombre et approchent plus de la vérité que celles de ses prédécesseurs. C'est Hipparque qui a fondé la théorie du soleil ; c'est lui qui, parmi les Anciens, a le mieux compris le système lunaire, et quoique dans ses évaluations il ait commis quelques erreurs , on ne peut que le louer de ses découvertes et qu'être étonné des immenses résultats qu'il a obtenus avec des instruments aussi imparfaits que ceux qui étaient à sa disposition. Le planisphère, qui consiste à représenter sur un plan la surface étoilée, est une de ses inventions les plus ingénieuses. Le premier il eut l'heureuse idée de déterminer la position des divers lieux du globe par des cercles menés perpendiculairement du pôle sur l'équateur, c'est-à-dire de faire usage des longitudes et des latitudes. Hipparque avait reçu le jour à Nicée , ville de Bithynie. Il séjourna successivement à Nicée, à Rhodes, et surtout à Alexandrie. Nous savons par Ténoncé de ses observations qu^il fleurit de l'an 160 à l'an 125 ^vant Jésus- Christ.
Après les savants qui, dans cette période, ont brillé au premier rang chez les Grecs et les Alexandrins, il
(1) Histoire de V astronomie ancienne. Paris, 1817, 2 vol. in-4.
:i(>2 PRBCU DE L'RISTOlâB A«CIBMf1.
en est d'autres qui suivirent avec honneur la même carrière, et dont les travaux méritent d'être appréciés, même à côté de ceux des grands maîtres des sciences mathématiques et astronomiques. Nous citerons Conan de Bamoe » qui fit une nouvelle constellation de la chevelure de Bérénice, fille de Ptolémée Philadelphe; DotUhéB de Ck)lone9 ami d'Archimède; GénUnuê de Rhodes; Etésibius d'Alexandrie, astronome et mécanicien 9 qui inventa les pompes ; Héron , son disciple, renommé par Tinvention de ses cleptydres, de ses autamcUeê et de ses machinei à vent] Philon de Byzance, tacticien distingué, auteur d'un traiié des baliftes et de§ catapultée; Posiiionius de Rhodes, dont Cieéron fait de grands éloges dans ses ouvrages philosophiques; Soiigêne, qui réforma le calendrier romain sous Jules César, et Dionysodore, qui passait, au rapport de Pline (1), pour êU-e descendu jusqu'au centre de la terre.
Hittoire naturelle; Médecine. — Arinîote est le premier écrivain grec qui ait considéré l'histoire naturelle comme une science. Les libéralités vraiment royales d'AJexandre lui permirent de rassembler un grand nombre de matériaux précieux avec lesquels il composa son Histoire naturelle dee animaux, dont il ne nous reste que dix livres. Un de ses disciples les
(1) Plin., Hitt. naltir., Hh. II, eap. IIJ.
LETTRES^ StilBMCBS, KTC.^ CHEZ LES GRECS. 503
plus illustres y Théophraste^ s'occapa de minéralogie et de botanique. U composa un grand nombre d'où** vrages sur Phiêtoife des plantes y sur Us pierres , les odeurs, les vents, les phénomènes météorologiques, etc. Nous avons la plus grande partie de ces traités et des fragments plus ou moins considérables d'autres ou^ vrages qui avaient aussi poui^ ob^et diverses parties de l'histoire naturelle* Les Ptotémées ne furent pas moins empressés qu'Alexandre à encourager les progrès de la science; mais leurs libéralités n'obtinrent pas des résultats aussi heureux. Les collections qu'ils réunirent à grands fixais dans les trois règnes^ ne servirent pas à produire un seul ouvrage remarquable en histoiiB naturelle ; car on ne peut regarder comme des livres d'une érudition sérieuse ni les traités oit un Mélampus cherche à expliquer l'art de la divinadmi d'après les battements du pouls ou les fâches du corps humain, ni cette autre compilation indigeste où un ArUigone de Garyste avait entassé lés choses merteilleuses de Vunivers.
On sait qu'il y avait en Grèce trois établissements de nature inverse où la médecine s'enseignait et se pratiquait à la fois : c'étaient les Asclépions ou Temples d'Esculape , les Écoles de philosophie et les Gym» naseSé Les asclépions se multiplièrent dans la Grèce et en Asie Mineure. U n'en est point de plus célèbre que celui de Cos, qui a produit Hippocrate. L'bis-
toîre médicale présente une grande lacune depuis le prince de la médecine jusqu'à l'école d'Alexandrie. H parut dans cet intervalle un médecin d'un grand mérite^ que les anciens nomment un second Hippocrate, Dioclês de Caryste ; mais on ne sait pas d'une manière précise le temps où il a fleuri. U écrivit sur Tanatomie^ dont on ne s'était guère occupé avant lui que dans les écoles de Crotone et d'Agrigente : encore les observations que l'on y avait faites n'étaientelles appuyées que sur la dissection des animaux. ProxagoraSf JfoUonius et Pioxippe de Gos apparaissent ensuite ; ce dernier avait composé un livre sur la médecine et deux livres sur ks pronostics. Nous ne connaissons ces ouvrages que par leurs titres , qui nous ont été conservés par Suidas. Ce ne fiit que sous les premiers Ptolémées que la médecine hippocratique reçut une impulsion nouvelle par les travaux d'JIérophile de Gos et d^Erasistrate d'iulis, ville de l'île de Géos. Après avoir agrandi leurs connaissances dans la riche bibliothèque d'Alexandrie , ils furent forcés d'abandonner l'Egypte et de se réfugier dans l'Asie Mineure, où ils fondèrent deux écoles de médecine rivales, mais également célèbres. Les nombreux écrits qu'ils avaient composés ^ et qui sont mentionnés dans Galien, ont été perdus. On peut juger, par quelques fragments, qu'Hérophile s'était attaché à suivre et à développer la doctrine d'Hippocrate, et
iBiTiiB»^ aemnimy etg.^ chez les grecs. 505
qu'Érasistrate n'y était pas seutem^t opposé dans la pratique y mais qu'il la combattait eiieore dans ses éerits. Hérophile fit faire un pas immense à Fanatomie5 en s'édairast des lumières que des dissections fréquentes de corps huBfmins devaient fournir à Tobservateur^ Ëraiûstrate ne mérite pas de moins grands éloges par les déeouvertes importantes qu'on lui aiïv> bue relativeOA^t aux fo&eiio&s du cerveau. Les deux écoles eurent des iMibérents nombreux et renommés. Les premiers disciples d'Hércq^biie^ qui maintinrent sa doctrine, furent Man$ias, Bmchiuâ de Tanagre^ CaUimaque et André de Garyste. Ceux d'Ërasistrate furent Straton de Béryte et Apolloiore de Séleucie. Un hérophiiien y FMmès de Cos , et son élève Serafwn d'Alexandrie , fondèrent VEc^e empirique, dont Hérmelide de Tarente a été la {du» grande célébrité.
De fctrehUeetmr^, de ia seuipêure et de ta peinture. ■^ Nous avons eu à signaler^ dans cette période , la décadence de la poésie, de l'histoire et de l'éloquence. Le génie et le goût des Grecs n'avaient pu conserver, dans FaâEaibUsseBsent des mœi^s eÉ des institutions, réclat eC la pm^té Aook ils avaient brillé aux siècles des Slittiade et des Périclès. Mais, dans les arts qui sont plus indépendants de l'état pditique et moral d'une nation , les Grecs se maintinrent encore à une grande baiiteur. Les PAMm» , tes Akamèn0 et les P&igclite eurent de d^nes successeurs cbms les Prem-