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dehors, les querelies sanglantes des Grecs^ alimentées parla politique de Tissapherae et de Pharnabaze , laissent longtemps Darius sans inquiétuda Mais, en 407, il confie la satrapie de (kj^ïadoGe, deGrande- Phrygie, de Lydie, à Cyrus, le plus jeune de ses fils; il y joint le command^nent suprême , la suzeraineté de toutes les provinces maritimes : d'où il résuMe que Tissapherne, Pharnabaze, Syenpesis et autres, en conservant 1^ sjutrapies particulières de diverses provinces de l'Asie Mineure , deviennent 1^ subordonnés du jeune Gyrus (1) . Ge choix de Darius Nothus devient
(1) Xénophon, Anabas., I, 9, dit que Cyrus fut établi par son père Darius Nothus satrape de Lydie, Grande-Phrygie , Cappadoce. Xénophon témoigne encore que Darttts ajouta à la satrapie de ces trois provinces Iç gouvernement génial des provinces maritimes (Hellenic, 1 , 4 , p. 333, édit. Didot). Diodore, XIV, 15, dit , sous l'an 403, que Cyrus , frère du roi , « venait d'être nommé chef de toutes les satrapies maritimes. » Cet èioncé semble indiquer que le gouvernement généra) des provinces maritimes avait été conféré au jeune Cyrus , non par son père Darius , mais par son frère Artaxcrxès, devenu roi. Mais c'est une erreur de Diodore, comme nous venons de l'établir par le témoignage de Xénophon. — Le gouvernement général de Cyrus laissa subsister les satrapies particulières de Tissapherne en Carie et en lonie, de Phamabaze en Petitc-Phrygie et en /Eolic, de Syennesis en Cilicie, etc., comme le témoigne formellement Xénophon dans divers passages de TAnabase et des Helléniques. Ces explications étaient nécessaires pour lever une foule de difficultés que les histoires modernes laissent sr.bsistor, et pour rectifier plusieurs erreurs (lu'^lea çoDtieBitent.
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à la fois le principe du triomphe des Lacédémoniens sur les Athéniens y de l'établissement de leur empire dans la Grèce ^ de nouveaux périls pour la Perse , et d'une guerre civile entre Gyrus et le successeur légitime de Darius.
II. Histoire du jeune Cyru$ , des Perses ei des Grecs jusqu'à la retraite des Dix mUle (1). — Arrivé dans l'Asie Mineure après les victoires d'Alcibiade à Abydos et à Cyzique, le jeune Gyrus abandonne la politique de Thissapheme , 407 y fournit à Lysandre d'énormes sommes d'argent et les moyens d'accablé les Athéniens. Les Spartiates, devenus ainsi seuls puissants, seuls maîtres en Grèce , seront Uen plus redoutables à Fempire des Perses. Mais Gyrus espère s'être fait des Spartiates des amis et des auxiliaires dans les projets d'usurpation qu'il médite^ et il est insensible à toute autre considération. Xénophon prétend que, sous l'administration de ce prince , les provinces de l'Asie Mineure jouirent de biens qu'dles n'ont connus qu'une fois. A l'entendre, Gyrus assura la propriété, diminua les impôts pour favoriser l'industrie, assura la liberté du commerce, encouragea Tagriculture par son
(I) Pour ce paragraphe et les suiyants, yoir Xénopbon, de Cyri expedÂtiom , les sept livres. — Diodore de Sicile, 1. XIII, c. T0,104, 108; 1. XIV, c. Il, 19-32, 37. - Plutarque, inArécuDeriBe; il se sert surtout de Gtésias et de Dinoa qu'il cite sans
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exemple , prit soin que la justice fût administrée avec intégrité. Mais Xénôphon est obligé de convenir luimême que le jeune Cynis mit à mort ses cousins germains parce qu'ils ne lui avaient pas rendu les honneurs réservés au roi seul, et que cette cruauté le fit rappeler à la cour de Darius, 405 (4). Les éloges que rhistorien lui donne ne sont-ils pas des excuses préparées pour les Dix mille Grecs et pour Xénôphon lui-même , qui vendirent leurs services à cet ambitieux? Parysatis essaye de décider Darius Nothus mourant à renverser Tordre naturel de succession et à déférer la couronne au jeune Cyrus (2). Darius tient bon , et appelle au trône Taîné de ses fils, qui lui succède sous le nom A'Arlaxerxès II (Mnémon ) 404.
Cyrus demande au crime le pouvoir que les intrigues n'ont pu lui donner : il tente d'assassiner son frère Artaxerxès à Pasagarde. Il échoue, obtient son pardon des prières de sa mère Parysatis et de Tindulgence du roi : il est maintenu dans ses satrapies de Cappadoce, de Grande-Phrygie, de Lydie, ainsi que
(1) Xénôphon, Anabas., 1,9; Helleilic., II, 1.
(2) Plutarq., in Ârtaxerxe. Parysatis prétendait que Cyrus , comme Xerxès I*% devait monter sur le trône parce qu'il était né de Darius Nothus, devenu roi; tandis qu' Artaxerxès, son aîné, n'était né que de Darius, alors simple particulier. Cette distinction n'était bonne qu'à affaiblir le droit de primogéniture , et à porter le trouble dans Tordre de succession. Elle n'avait pas été observée depuis Xerxès.
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dans le commandement supérieur des provinces maritimes, et revient en Asie Mineure, A03. Le premier usage qu'il fait de son autorité et du pardon de son frère est d'organiser contre lui la révolte , et de préparer la voie à l'usurpation.
Préparatifs de Cyrus. — Dans Texécution- de ses ambitieux desseins^ il s'aide du brigand Cléarque^ qui s'est récemment souillé de tous les crimes à Byzance, et il le charge de faire des levées pour lui (i). En échange des services qu'il leur a rendus à la fin de la guerre du Péloponèse, il demande des secours aux Lacédémoniens , alors maîtres de la Grèce j 402. Ceux-ci, ravis de trouver l'occasion d'affaiblir la Perse par de nouvelles révolutions , favorisent les recrues de Gyrus dans la Laconie^ TArcadie, FAchaïe^ la Béotie , la Thessalie (2). Il lève en Grèce treize mille soldats , divisés en plusieurs corps ayant chacun son chef : le Lacédémonien Cléarque commande les Laconiens, les Thraces et les Cretois ; Xénias et Agias , les Arcadiens; Socrate, les Achéens; Pasion, les Mégariens ; Proxène, les Béotiens ; Aristippe et ]\lénon , les Thessaliens; Sosis, les Syracusains. Aux treize mille Grecs, Cyrus joint soixante-dix mille Asiati-
(1) Diodore de Sicile, 1. XIV, c. 12.
(2) Diodore, XIV, 19. « Les Lacédémoniens, jugeant que cette » guerre ne pouvait être que favorable à leurs intérêts, consen- • tirent à donner des secours. «
ques , dont Ariée est le dief. Les Barbares sont des esclaves obéissants ; les Grecs, des aventuriers ^ uniquement décidés par l'amour du gain. En leur écrivant^ Cyrus « promettait des chevaux à ceux qui viendraient à pied ; des chars attelés à ceux qui viendraient à cheval^ des villages à ceux qui n'auraient que des terres ; des villes à ceux qui n'auraient que des villages. Il ajoutait que, pour la solde des troupes^ elle serait payée non par compte | mais par me^ sure et à tas. m Et, sur ces promessses^ les Grecs accoururent pour prendre part à cette guerre parricide, sous un chef perse! La politique Spartiate n'ôte rien à la bassesse du motif qui déta*mine les mercenaires grecs. A ses U^upes de terre le jeune Cyrus joint une flotte dont les trirèmes Spartiates forment le tiers : cette flotte va l'attendre à l'extrémité de la Gilicie , pour favoriser sa marche au moment où il sortira de son gouvernement d'Asie Mineure , et où commenceront pour lui de sérieux dangers. Il masque ses véritables projets du prétexte de faire rentrer dans Tobéissance quelques tyrans de Pisidie et de Gilicie révoltés contre le roi. Tels sont les vices du gouvernement persan , que Gyrus a terminé ses préparatifs sans opposition, et qu'Artaxerxès serait surpris et accablé avant de s'être mis en défense, si Tissapherne, ennemi particulier de Gyrus, ne venait informer le roi du danger qu'il court, et Rengager à