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HISTORIENS

Bien que T histoire soit un genre scientifique, tant de littérateurs se sont occupés d'études historiques et tant d’historiens ont eu un réel mérite pour la littérature, qu'il est permis de leur consacrer un chapitre.

On se rappelle que la première forme de l'histoire est la chronique. D'abord, la narration pure et simple. Puis, un fin politique comme Commines y joint des réflexions et des maximes de gouvernement. Puis vient la période des leçons de morale, celle des Bossuet et des Rollin 1), Montesquieu , dans ses Considérations (voir p. 21) ouvre une voie nouvelle. Il raisonne sur les faits, considère les causes et les effets, et cherche à saisir l'esprit de la politique des Romains, comme plus tard il approfondira 1 esprit des lois. Il inaugure la philosophie de l’histoire, mais il accepte les faits sans les discuter. C'est Voltaire le premier, qui dans son Essai sur les mœurs , introduit la critique dans 1 histoire. Le titre de cet Essai nous montre que Voltaire avait encore une autre ambition en l'écrivant. Il ne voulait pas seulement écrire 1 histoire des rois et des guerres , mais surtout 1 histoire des mœurs et de la civilisation. Dans son Siècle de Louis XIV , Voltaire avait déjà consacré une part spéciale aux lettres et aux arts. A voir indiqué cette nouvelle direction — car il faut le dire , 1 Essai sur les mœurs ne répond pas tout à fait à 1 attente du lecteur — est déjà un grand mérite. Après la révolution, on s’est habitué à voir le peuple jouer un rôle dans 1 histoire ; on a reconnu que la chronique scandaleuse d’une cour, la biographie des rois et des ministres, la description des batailles et des sièges ne suffisent pas à donner une idée de la manière dont une nation s’est développée; qu'il y a dans 1 histoire des choses d'un intérêt plus réel, d'une portée historique souvent plus grande, mais qui exigent pour être connues des études approfondies et multiples. Aussi les historiens modernes s'efforcent de nous tracer un tableau plus complet dune époque, ils font vivre le peuple avec les rois, et nous dépeignent les mœurs à côté des institutions politiques.

Parmi les historiens de la première partie de ce siècle , on peut distinguer deux groupes: l'école descriptive et l'école philosophique t dont les noms indiquent assez les tendances. Le chef-d’œuvre de la première est l’Histoire des Ducs de Bourgogne par de Barante. L’autre école a pour chef Guizot (Histoire de la Civilisation en Europe). Entre ces deux extrêmes se placent des écrivains qui empruntent aux deux systèmes ce qu’ils ont de bon. Nous nous bornerons à citer:

Thiers , surtout connu par ses deux grands ouvrages : l’Histoire de la Révolution, et l’Histoire du Consulat et de l'Empire. Dans ces deux ouvrages , 1 historien chante pour ainsi dire la gloire de Bonaparte. On a depuis écrit l’histoire de la période napoléonienne dans un esprit plus impartial (Lanfrey).

1) Auteur d’une Histoire romaine.

Augustin Thierry. Ses Lettres sur l’Histoire de France font époque. Elles rectifient bien des erreurs acceptées jusqu’alors comme monnaie courante. Ses Récits des temps mérovingiens portent la lumière dans une époque très peu connue de l’histoire de France.

Michelet. (Histoire de France). Ecrivain qui, par un style plein d’éclat et de vie, a beaucoup contribué à populariser l’histoire.

Le plus grand historien contemporain est Taine, en même temps littérateur et philosophe distingué (Les Origines de la France contemporaine. Histoire de la littérature anglaise).

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