‹ Précis de littérature françaiseChapitre 111 sur 276 · I. — Avant ComeUle · texte numérisé non relu

I. — Avant ComeUle

Les genres. — Au début du xvii^ siècle, le théâtre férieux est représenté par la tragédie^la. tragi-comédie et la pastorale. — La tragédie n'est pas encore régulièrement constituée dans la forme que suivront CSorneille, Rotrou, Racine, etc. ; elle ne le sera qu'avec la Sophoniebe de Mairet (1634). Les autres genres : la tragi-eomédie et la postoroie, venu*) d'Italie Q*AmirUa du Tasse est de 1571), répondaient mieux au goût du public.

C*esi dans les premières années du xvil* siède que se fondent à Paris des troupes régulières. Aux confréries, aux associations temporaires, se substituent des comédiens de profession. A l'une de ces troupes, qui s'établit à l'Hôtel de Bourgogne, était attaché un poète, Alexandre Hardy.

Hardy (1569-1630) produisit, en l'espace de trente ans environ, un nombre considérable de pièces : on croit qu'il en a composé au moins de sept à huit cents ; il n'en fit imprimer qu'une quarantaine (6 vol., 1623 à 1628), pastorales, tragi-comédies, tragédies.

Les pièces de Hardy se jouaient dans un décor simultanéy représentant, comme l'ancien théâtre des mystères, plusieurs lieux. L'action se déplace avec les personnages ; elle se transporte d'un pays à un autre, et la durée n'en est pas astreinte à la règle des \nngt-quatre heures.

Théophile de Viau (1590-1626), célèbre aussi comme poète lyrique, a laissé une tragédie de Pyrame et Thisbé (1617). On en cite volontiers deux vers ridicules sur le poignard qui rougit pour s'être lâchement souillé du sang de son maître. La pièce vaut mieux que sa réputation. D y a, chez Théophile, du lyrisme, et un lyrisme précieux, d'une tendresse souvent délicate.

Mairet (1604-1686). — Les unités classiques. — Les deux plus célèbres pièces de cet ennemi de Corneille sont : une pastorale, Sylvanire (1631), dont la préface est importante pour la question des unités, et une tragédie, Sophonisbe (1634). Dans Sophonisbe, Mairet s'efforce d'appliquer les règles qu'il avait formulées dans la préface de Sylvanire.

Les trois unités sont observées strictement pour la première fois dans Sophonisbe. Si l'on joint à ce caractère le fond historique de la pièce, la noblesse du ton, les analyses psychologiques qui expliquent les actes des personnages, on comprendra que Mairet soit, en 1634, le véritable précurseur de (^meilie : à ce titre son nom ne peut périr (1).

(1) M^retaux choiâii. t* eyclt, p. 84a.

MJi FORMATION DB LA TRAQÉDIB GLASSigUB Ut

Page 1