Les Orlglaes
Théorie das Caatilines. — L'épopée est la Forme poétique et merveilleuse que les peuples jeunes domient instinctivement à l'histoire. Elle naît, aussitôt que la nation prend conscience d'elle-mênie. D'abord brève, et plus semblable à une cAarMon qu'à unpo^e,elle célèbre sur des rythmes encore lyriques les exploits d'un héros. Ces chansons ou canlilénes sont d'abord répétées par les soldats, puis, en temps de paix, colportées par les cèdes, les jongleurs, etc.. Alors l'élément narrai»/' se développe, l'élément lyrique disparaît.
Ainsi, dit-on, naquirent jadis l'épopée grecque et, plus près de nous, l'épopée allemande.
A quelle époque commenfa-t-on à composer des cantilènes épiques en latin populaire? Probablement dès le baptême de Qovis (496),
Théorie de H. J. Bédier. — M. Joseph Bédier a combattu cette théorie, n ne croit pas à l'existence de cantilènes primitives qui se seraient développées jusqu'à former de longs poèmes. D'après lui, les Chansons déguste sont des oeuvres littéraires, composées par des c/eri», à partir du xi< siècle. et qili étaient récitées par des jongleurs, soit auprès des sanctuaires célèbres, soit aux étapes des grands pèlerinages.
Lei jongleurs. — L'assonance. — Jusqu'à la lîn du xil* siècle, lei Chansons de geste sont écrites en vers décasyllabes, assonances. Pendant cette période, elles sont chantées. L'assonance suffisait ft l'oreille, en ramenant à la fin de chaque vers le mSme son dans la dernière syllabe accentuée, sans tenir compte du groupe de consonnes qui la suit : ainsi bise assonne avec dtre, et visage avec arbre. Ces veis décasyllabiquei assonances étaient groupés en laisses ou amplets, de dix 4 quinze ven BUT une même assonance masculine ou féminine.
Le jongleur ijoculalor) s'en vft de château en château ou de ville en ville, avec sa vietit ou sa rôle en sautoir, avec ses manuscrits de petit for-
Qu'on se représente donc, aux xi* et xtt* siècles, le jongleur chantant dans quelque salle de château féodal, dont l'architecture massive et sévère forme l'idéal et réel décor de ces gestes. Aux murs, des trophées de guerre, des écus dont les symboles héraldiques parlaient encore, des lances et des épées prêtes pour la bataille ou pour le tournoi. Les auditeurs, chevaliers, écujera, pages, valets, dames même, sont préparés par leur
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vie quotidienne à ressentir et à multiplier les émotions que leur suggère le jonf^leur.
Qu'on se représente aussi la place publique, ou la prairie avoisinant le sanctuaire où sont conservées les reliques d'un héros, et la foule des pèlerins écoutant pieusement le récit de ses exploits légendaires. Tous les cœurs, unis dans un même sentiment de loi et de patriotisme, battent pour le chevalier chrétien et français quilutte contre le Sarrazin.
La rime substituée à l'assonance, — Mais ce moment pas^e vite. A la période de la récitation des chansons de geste assonancées, succède, aux xiii® et XIV® siècles, celle de la lecture : les manuscrits, longtemps aux mains des seuls jongleurs qui les modifient à leur guise, commencent à se multiplier et à se fixer. L'assonance, faite pour l'oreille, est remplacée par la rime,
La prose substituée au vers, — Enfin, dès le milieu du xv® siècle, aux vers rimes se substitue la prose : on desrime les chansons de geste. Ce sont ces versions en prose que rimprimerie, à ses débuts, devait vulgariser.
Il faut attendre la date de 1832 poiu* voir la première publication d'une chanson de geste retrouvée ; ^lors Paulin Paris donne l'édition princeps de Berte aux grands pieds et Francisque Michel, en 1836, celle de Roland,