I. — Avant Molière
P^ous rappelons, pour mémoire, les comédies de Corneille, en particulier le Mentewr (1643). Une anecdote, disci table d'ailleurs, attribue à Molière ce propos : « Sans le Menteur, j'aurais sans doute fait quelques pièces d'intrigue, majs peut-être n'aurais-je jamais fait le Misanthrope, »
Rotrou n'a pas composé moins de treize comédies, dont les principales sont : lesMénechmes (1632) (à comparer aux Ménechmes de Regnard (1705), les Sosies (1636) (à comparer avec l'Amphitryon de Molîere, 1668), le^ Captifs imS) ; la Scsur (l6i5J.
Desmarets de Saint-SorÙn (1595-1675) a donné les Visionnaires (1637)^ dont Molière a tiré eu partie le caractère de Bélise des Femmes savantes,
Scarron (1610-1660) représente le genre burlesque^ genre qui est une protestation de l'individualisme et de la fantaisie sans limites contre l'espiit de discipline et de convenance mondaine. Il a écrit le Virgile travesti (pénible parodie de V Enéide) , le Roman comique (dont no lis parlons ailleurs), des Nouvelles (dont Molière s'est souvenu i^outV École des femmes et Tartuffe), et des comédies. Ses meilleures comédies sont Jodelet ou le Maître Valet {i&ï^), et Don Japhet d'Arménie (1653) (1).
Thomas Corneille (1625-1709) ne fut pas moins applaudi pour ses comédies que pour ses tragédies. Il donna un grand nombre de pièces imitées de l'espagnol. Les meilleures sont : Don Bertrand de Cigarral (1653), d'après Don F. de Rojas, et le Geôlier de soi-même (1655J,
Boisrobert (4592-1662) mérite également de ne pas être oublié, pour sa - l^dle plaideuse (1654). Molière lui a pris une des situations les plus fortes de son Avare : le père usurier trouve son propre fils dans l'emprunteur qu'il veut exploiter.
Quinault (1635-1688), qui avait débuté par des comédies, fit jouer en 1665 la Mère coquette, fort jolie pièce, dont Ïqs vers ont une aisance encore charnaante, et qui resta longtemps au répertoire.
Enfin, le Pédant joué, de Cyrano de Bergerac (1654), a fourni à Molière la « scène de la galère » des Fourberies de Scapin (2).
il. — La Q^nx^^ie Italienne en Françie*
Sous He^ri III, s'établissent e^ France des troupes de cpm$4içns italien^;. (i),o]^èi;e, pendant sa jeunesse, avait pu voir jouer à Paris guei.qjues-? uns des plus célèbres : Scaramouche et Trivolin. Pendant son séjour à Lyon, .il ,e^t l'^ccasi.pn d'assister à des séries de jreprésentatipns données
(4) Monftmr choiâis^ 2* cycle, p. 518.
(t) Morceaux choijfit. f cyci«« p..^U.
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par des troupes italiennes. Enfin, quand il revint à Paris, en 1658, il trouva la salle du Petit-Bourbon occupée par des Italiens, et il fit alterner ses représentations avec4es Leurs. On ne saurait donc se dispenser de signaler la comédie italienne dans une étude sur Molière, d'autant plus que celui-ci lui a emprunté d'iabord des sujets, puis des procédés d'intiigue et de style.