VI. — La Philosophie i\v \ ollaircs
Voltaire a ré[)andu sa philosophie dans tous ses écrits en vers et en prose
Sa morale tient en deux mots : le plaisir et le bien-être, — Voltaire pense, comme la plupart des gens qu'il fréquente et dont il n'a fait que préciser les tendances, que Thomme a le droit de \ivre à sa guise, pourvu qu'il ne gêne pas son voisin. Il est donc l'ennemi de toute contraijite et de tout sacrifice, et par conséquent il raille la morale chrétienne.
Il croit au progrès ; il veut l'aider par tous les moyens; et il est le plus sérieux auxiliaire de l'école encyclopédique. Il a réclamé et préparé l'abolition delà torture, do la vénalité des charges, de la censurp oppressive, la réforme de la procédure criminelle, etc. C'est par là qu'il a devancé la Révolution.
Enûn, Voltaire a-t-il, en philosophie, des idées générales et une métaphysique ? Il abandonne Descarics pour Locke et pour la philosophie expérimentale. D est le chef de l'école sensualiste, représentée par Gondillac. — Il croit en Dieu, il est déiste^ et non athée. Mais coite croyance nt. l'engage à rien
LBS S\LONS. — l'KIMCYCI.OPÉDIE. BUFFON ^71
La philosophie de Voltaire peut donc se résumer en ces quelques mots : liberté morale et civique^ — progrès matériel de la société^ — lolérancet — déisme. Cette philosophie a de belles parties ; elle en a d'insuffisantes ou d'inquiétantes. On ne pourra jamais justifier entièrement Voltaire d'avoir travaillé à propager ses idées en blessant celles d'autrui, d'avoir substitué l'intolérance de l'esprit à celle du dogme, et surtout d'avoir toujours donné une forme frivole et moqueuse à des discussions dont le fond est si grave.