‹ Précis de littérature françaiseChapitre 183 sur 276 · II. -T- Ia Poésie lyrique · texte numérisé non relu

II. -T- Ia Poésie lyrique

Jeaan-BaptîBte Ronssean (1671-1741). — H n'est guère d'existence plus malheureuse que celle de J.-B. Rousseau. Après quelques années de brillants succès, il se vit banni de France, en 1712, pour des couplets licencieux et difTamatoires qui lui furent attribués. 0 tenta vainement d'obtenir son rappel, revint à Paris pour le solliciter, et retourna mourir à Bruxelles.

J.-B. Rousseau lut .considéré au xviil* siècle, et jusqu'au réveil romantique, comme le plus grand des poètes lyriques. Ses paraphrases des Psaumes^ son* Ode à la Fortune^ son Ode au comte du Luc, Sa cantate de Circé furent longtemps citées et apprises par cœur. On ne peut le nier, il y a chez lui un certain sens du mouvement et de l'harmonie.

n excellait dans l'épigramme, et fit de cruelles blessures à ses persécuteurs. Trop prôné par le xviii^ siècle, il est aujourd'hui trop oublié (1).

Le Franc de Pompignan (1709-1784) n^st plus guère connu que par les railleries de Voltaire, qui (lisait de ses Poèmes sacrés : « Sacrés ils sont, car personne n'y touche ». Cependant, il a senti, beaucoup plus profondément que Rousseau, la poésie biblique, et sa paraphrase de la Prophétie d*Ezéchiel donne tout à fait « l'impression des belles choses (2) » ; son Ode sur la mort de J.-B, Rousseau méritera toujours d'être citée (3).

Pamy (1753-1814) doit être nommé parmi la foule des petits poètes lyriques de la fin du xvili* siècle, pour la mélancolie très personnelle et l'harmonie presque « lamartinîenne » de ses meilleurs vers.

Ecouchard-L^nm (1729-1807) fut surnommé Lebrun-Pindare, pour ses odes, dont la plus célèbre est consacrée au vaisseau le Vengeur, Son styld est dur et souvent amphigourique ; mais on ne peut lui refuser une certaine vigueur, et ses exagérations mêmes reposent des fadeurs de son temps. D a excellé dans l'épigramme.

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