IV. — Les Origines el la Définition du Roniantisine
Origines françaises du Romantisme. — Au xviii^ siècle, J.-J. Rousseau est déjà romantique par deux caractères : il fait de la littérature individttelle, et il décrit subjectivement la nature. De plus, il réintègre l'éloquence et le rythme dans la prose française.
Origines étrangères du Romantisme. — Les ouvrages étrangers qui eurent le plus d'influence sur la transformation du goût en France, sont : Shakespearey que Ducis commence à imiter des 1763, — GcBfÀe, dont on traduit le Werther en 1778, — Schiller, — Ossian (inventé par Mac- Pherson en 1762), — et plus tard Byron.
Eléments essentiels du Romantisme. — On a donné du romantisme les définitions les plus diverses. Mais en voici les traits essentiels :
i^ On renonce à l'imitation des anciens (dont il est vrai qu'on avait désormais tiré toute la psychologie assimilable ; on y reviendra, mais avec la poésie plastique et archéologique d'un Leconte de Lisle) ;
é9 On abandonne la mythologie ; on retourne au merveilleux chrétiea, ou simplement à la religiosité et au panthéisme ;
3<> A l'imitation des anciens, on sut»stitue l'imitation des littératures étrangères, surtout de celles du Nord, qui nous apprennent la liberté dans l'art, et la puissance de Vimagination ;
4° C'est Vimagination, en effet, qui devient la faculté dominante pour la littérature descriptive, et la sensibilité, pour la littérature psychologique, — la raison n'est plus à la mode ; ^
5^ On puisera ses sujets dans l'histoire moderne, ou dans la nature extérieure, ou dans son propre cœur : couleur locale, réalisme transformé par l'art, impressions et sensations.
&> Le poète reste seul juge de son inspiration et de son art : sa littérature est toute personnelle, individuelle. Il vaut ce que vaut son moi. U n'a pas à tenir compte de la vraisemblance ou de la vérité générale ; ses passions à lui, sa façon de voir et de sentir la nature, etc., sont légitimes.
1^ Plus de genres déterminés, plus de poétique, ni de rhétorique. La poésie choisira sa forme librement ; le drame fondra les disparates de ia tragédie et de la comédie; le roman sera historique, social, extravagant. - 8^ Le style aura la même liberté. L'écrivain se fera à lui m^me, en dehors de toutes les autorités grammaticales et académiques, son vocabulaire, sa syntaxe. En versification, il reprendra certaines licences présentes depuis Malherbe.
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Tels sont les caractères ^6néraux du romantisme. Au fond, ils se ramènent tous à un seul : littérature individuelle et alTranchie de toute tradition comme de toute règle. — En étudiant Chateaubriand, Hugo Lamartine, etc., nous verrons mieux se préciser et se différencier ce.* éléments.