‹ Précis de littérature françaiseChapitre 195 sur 276 · VI. — La Presse · texte numérisé non relu

VI. — La Presse

D'ailleurs, tous ces goûts sont plus ou moins satisfaits et excités par la presse,

La politique y occupe sans doute la plus grande place. Mais les journaux ont une réelle importance dans l'histoire littéraire du xix® siècle. Par les comptes rendus d'ouvrages, par les feuilletons de théâtre, ils vulgarisent et soumettent à la discussion générale et immédiate toute la production intellectuelle. Ils transforment certains genres littéraires qui prennent place dan^e, journal : la nouvelle, le roman-feuilleton qui se découpe en tranches et devient un genre à surprises, à secousses, à style voyant et brutal. De plus, la morale, la sociologie, la science même, qui déjà, au xviii® siècle, étaient sorties des gros traités didactiques poui devenir des brochures, s'amincissent en articles; et l'on prend l'habitude de résumer vivement, clairement, à l'usage du public, ces questions si difficiles.

Mais aussi les lecteurs s'habituent de plus en plus à recevoir et à accepter des jugements Umt faits sur le livre nouveau, la pièce du jour, la découverte sensationnelle. Et ces jugements sont parfois superficiels ou partiaux.

Toutefois, malgré ces défauts, la presse a été au xix® siècle et ne cessera plus d'être une force admirable, destinée à répandre dans toutes les classes de la Bodété l'instruction et le libéralisme.

318 DIX-NBUVIÈMS 81ÊCLB

Page 1