VIII. — Les Influences extérieures
L'influence ùiglaise. — Qv.lte influence de\âent très forte avec Byron (-j- 1824), qui, s'il imite René, est à son tour imité par tous les poètes romantiques. — A côté de lui, Walter Scott (f 1832) répand sur l'Europe ses innombrables romans, et réveille chez tous le sens de la couleur locale et de l'histoire. — Cependant, Shakespeare est directement apporté en France par des acteurs sanglais. En 1827-28, une troupe d'acteurs londoniens donne une série de représentations shakespeariemics, qui révèlent à Alexandre Dumas, à Vigny, à Hugo, à Berlioz, le plus grand génie dramatique de tous les temps. — A la vogue des romans de W. Scott, succéda un peu plus tard celle des romans de Dickens ('{*1870)£iileGeoiige ëliot (f 1880) dont l'influence fut réaliste et morale. — Les poHes, comme !«•
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lakistes (Wordswort, Colebidge, Southey), et, plus près de nous, Tennyson et SwiNBURNE, ont seiri la réaction contre le romantisme, en nous donnant des modèles de poésie familière ou symbolique.
L'Allemagne, qui avait tant imité la France, et qui ne s*en était dégagée qu'à la fin du xviii® siècle, va prendre sa revanche. Nous savons déjà que Werther^ traduit en 1778, avait eu un grand succès. Les drames de Goethe en ont moins. Mais Schiller a tout de suite une influence sur le mélodrame de la Révolution et de l'Empire et sur le drame romantique. U Allemagne de M°^® de Staël, livre écrit d'après des impressions directes, frappe vivement l'opinion publique. Faust est tiaduit en 1822 ; les Contes d'HoFFMANN, en 1829. Les historiens et les critiques se passionnent pour Herder et pour Niebuhr. V. Cousin voyage en Allemagne et s'initie à la philosophie de Kant, de Fighte et de Schelling. Henri Heine vient s'établir à Paris, où il mourra en 1856.
L'Italie^ — Parmi les ouvrages où se fait sentir l'influence italienne, il fout citer la Corinne de M™« de Staël (1807). L'auteur a connu Monti et AxFiERi (-f- 1803). Léopardi publie ses poèmes en 1818 ; mais son influence, déjà réelle sur A. de Musset, s 'exei'cera surtout plus tard, vers 1850. — Manzoni (-f-1873) donne son Carmagnola, drame romantique, en 1820, et en 1827, les Fiancés ; puis il se renferme dans le silence jusqu'à sa mort. — Les Prisons de SiLVio Pellico sont traduites dès leur apparition (1833).
L'Espagne. — Il y avait des affinités entre le romantisme français et la littérature espagnole. — On traduit le Bomancero (1814). On retraduit plusieurs fois Don Quichotte. Les chefs-d'œuvre deCALDBRONetdeLopE DE Vega entrent dans le Théâtre étranger. — Le ton espagnol se fait sentir dans plusieurs drames de V. Hugo et dans quelques pièces de la Légende des siècles, Mérimée pastiche l'Espagne dans son Théâtre de Clara Gazul (1825). Th. Gautier et Alex. Dumas écrivent des Voyages en Espagne,
La littérature russe. — Comme l'Allemagne, la Russie avait longtemps imité la France. Au xix® siècle, elle s'en affranchit. Elle a de grands poètes romantiques, comme Pouchkine (f 1837), Lermontoff (f 1841) ; mais elle brille surtout par ses romanciers : Gogol (-|- 4852), un desmsdtrcs du réalisme ; ses Nouvelles ont été traduites dès 1845, et ses Ames mortes, en 1848 ; — Dostoiewsky (-}- 1881),qui pousse jusqu'à la minutie psychologique la plus puissante l'analyse de certains états d'âme {Crime et Châtiment) et qui a laissé une inoubliable peinture de la Sibérie {Souvenirs de la Maison des morts); — Tourgu en eff(-]- 1886), auteur de romans Dù la société russe est décrite de la façon la plus pénétrante, à la fois idéale et exacte : Journal d*un chasseur, {iSD2)\ Un Nid de seigneur s, {iSô9); Terres vierges {iSll) ; — enfin Tolst3i (-f 1910), qui a flormé des chefs-d'œuvre dans le roman liistorique {la Guerre et la Paix, 18G4-G9) et dansle romanà thèse (Résurrection, \9V0), — Lear influence a été tout à la fois sociale et littéraire.
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