Origines et formation
L* celUiiiia. — Sur la plus grande partie du territoire occupa par les Gaulois, et qui correspoiLd à peu près à la France actuelle, on parlait différents dialectes celtiques. Ces dialectes ne sont représentés aujourd'hui que par le breton et le gaëlupie (idiome du Pays de Galles), qui eu sont dérivés. Or, la langue française n'est pas sortie de la langue gauloise, mais du latin.
La conqnlte romaine. — Au second siècle avant J.-C, les Romains g*empar6rent de toute la région méridionale de la Gaule, appelée aujourdliui Provence (profinctn romana). La culture latine fleurit à Marseille, h
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t INTRODUCTIOn
Aix, à Ntmes, à Narbonne, et remoata jusqu'à Lyon. La forte organisatioa coloniale des Romains amena promptement la prédominance du latin. Après les conquêtes de César, les mêmes influences s'exercèrent sur toute l'étendue de la Gaule.
Latin classique et latin populaire. — Le latin se propagea en Gaule sous deux formes. Dans les écoles, dans la société lettrée et administrative* ce fut le latin de Gicéron et de César qui fut appris et parlé ; mais dans les classes moyennes et dans le peuple, ce fut celui de la conversation courante et des soldats. A Rome même, il y avait des différences profondes entre ces deux sortes de latin, — surtout en ce qui concerne la prononcio' tion et la syntaxe.
Dans la prononciation, la syllabe accentuée prédominait ; les syllabes atones étaient atténuées et tendaient à disparaître. Dans la syntaxe, le latin parlé usait, beaucoup plus que le latin littéraire, des pr^ositions ; celles-ci se substituaient aux désinences casueUes pour marquer certains rapports. Pour les verbes, on faisait un plus fréquent emploi des auxiliaires.
Formation populaire. — Lois essentielles de la langue romane. — Le latin populaire fut celui qui se répandit le plus vite en Gaule, et qui, en se transformait, produisit la langue romane. La règle essentielle dans le passage du mut latin à la forme romane^ est la persistance de la syllabe accentuée, — Quand une voyelle brève précède immédiatement la syllabe accentuée, cette voyelle tombe : daritâtem donne clarté ; et il est certain que \es Romains prononçaient déjà dartâtem. Quand une voyelle longue précède immédiatement la syllabe accentuée, cette voyelle est conservée en roman: perégrinum, donne pèlerin. — La voyelle qui suit lai syllabe accentuée disparaît ou s'atténue en e muet, qu'elle soit finale comme dans rd^am, rose ; ou qu'elle soit dans l'intérieur du mot, comme dans tàbnlum, table ; mbbilem, meuble. — Enfin, la consonne médiane, celle qui sépare deux voyelles dont la seconde porte l'accent tonique, disparaît ou s'affaiblit :dotâre, douer ;securum, sûr; (2e/icâtum, délié; cfeb^e, devoir,
Déclinaisoiv. — Les substantifs et adjectifs latins se dédinaient (cf langue allemande) ; ils avaient six cas : nominatif, vocatif, génitif, datif, accusatif, ablatif. En roman, deux de ces cas seulement sont conservés : le nominatif (cas sujet) et l'accusatif (cas régime). Le cas sujet du singulier et le cas régime du pluriel sont marqués par un s ; le cas régime du singulier et le cas sujet du pluriel n'ont pas s. Exem^'^le :
Singulier : cas sujet : murs (murus).
cas régime : mur (murum) Pluriel : cas sujet : mur (murt).
cas régime : murs (mur os).
Lea cas disparurent de la langue française vers le commencement du
ORIGINES oa LA LANGUE FRANÇAISE S
XIV" siècle ; on cooserva seulement la forme du eas régimt pour toutes les fbnctions, sujet ou compléments. Voilà pourquoi, à partir de ce moment, l'a est devenu la marque du pluriel, puisque le casré^me du singulier. n'avait pas d'i , et que le cas régime du pluriel a^^ ait un «
Formation savante Doublets — A partir du xii* siède, certains mots de formation savants apparaissent à cOté des mots d ongine populaire.
Lee derix, ceux qui lisent et qui écrivent le latin, introduisent dans le vocabulaire français des mots calqués iyllabe par syllabe sur des mots latins, et dont la désinence seule est française ; il en résulte que souvent deux mots français sont tirés du même type latin ; ce sont des doubleU. Les exemples en sont bien connus : gracÛem donne grile et gradte ; fra-