INTRODUCTION
gilem, frêle et fragile ; tidvocatua, awméet avocat ; legaîemy loyal et UgaU ete Il y a toujours une différence de sens très appréciable entre les doublets.
Subdivisions du Roman. Langue d*oo et langue d'oi/. Dialectes. — Sur l'immense territoire gaulois, selon les races et le milieu, le roman prit des formes variées. Il se subdivisa, d'abord, en deux grands dialectes, la langue d'oc et la langue d'oi/, ainsi désignés par le mot qui, dans chacun d'eux, signifiait oui {hoc et hoc illi). La langue d'oc se parlait dans la région méridionale ; la langue d'oïl, dans la région septentrionale; une (igné qui irait de la Rochelle à Grenoble, en passant par Limoges, Gler-, mont-Ferrand,'Lyon, établirait approximativement la, séparation des deux langues. Bien entendu, cette séparation est toute conventionnelle : c'est par leà nuances intermédiaires de nombreux dialectes locaux que l'on passait de la langue d'oc à la langue d'oïl.
Gha(5une de ces deux langues se subdivisait ellennême en dialectes : dans le domaine d'oc, on a le provençal, le languedocieny le dauphinois f Vauvergnatj le limousin ; — dans le domaine d'oïl, le picard, le bourgui" gnon, le normand, le poitevin, et surtout le dialecte de V Ile-de-France, Presque tous ces dialectes sont représentés au moyen âge par des œuvres littéraires. Mais, à partir du xv* siècle, et surtout du xvi«, le dialecte de l'Ile-de-France prend le pas sur tous les autres, et devient la langue centrale et prépondérante.
II — Premiers monuments
Lo Serment de Strasbourg. — Au mois de mars 842, Charles le Chauve et Louis le Germanique s'allièrent contre leur frère Lothaire ; et leurs soldats prononcèrent, un serment solennel. Ceux de Charles se servirent de la langue iudesque pour être entendus des Germains ; ceux de Louis, réciproquement, de la langue romane. Le texte de ces serments, premier monument officiel des deux langues, nous a été conservé par l'historien Nithard, conseiller intime de Charles le Chauve.
Voici le texte romane et sa traduction en français moderne :