II. — Les Prédicateurs
Lacordaiie (1802-1861). -^ Henri Lacorddre débuta comme avocat au barreau de Paris. Déiste à la manière de Rousseau plutôt que chrétien, il eut, à l'âge de vingt-deux ans, une crise religieuse, d'oi^ U sortit, par raisonnement plus encore que par sentiment, tout à fait converti. Alorsil entra au séininaire Saint-Sulpice (1824).
n débuta coDune prédicateur à Saint-Roch,en 1833, sans faire sensation L'année suivante, il obtint un très grand succès au Collège Stanislas. Eb 1835 et 1836, il prêcha4e Carême à Notre Dame. Puis il partit pour Rome, afin d'obtenir l'autorisation de rétablir en France TOrdre des Dominicains ou Frères Prêcheurs. Il reparut dans^ia chaire de Notre-Dame de Paris en 1841, dans sa robe de moine, et y prêcha d'abord PAvent (pendant que le P. de Ravignan y prêchait le Carême) ; puis, de 1848 à 1851, il fut chargé des conférences du Carême. En 1847, il prononça VOraùoHfunibredu général Drouot (2). En 1848, il avait été nommé député à l'Assemblée nationsde ; mais il douQa bientôt sa démission. Après une série de conférences à Toulouse en 1854, il se voua tout entierà l'éducation de la jeunesse. Enfermé à Sorèae, dans le Tarn, il ne voulut plus rien connaître des dangereux triomphes de la parole publique. Il écrivit seulement ses Lettres à un jeune homme sur la vie chrétienne (1857) et sa Vie de sainte Marie-Maddeine (1860). Il entra à l'Académie française en 1861 ; il succédait à Tocqueville et fut reçu par Guizot. Il mourut la même annfo, à Sorèze.
Les conférences de Lacordaire, au nombre de soixante-treize, développent les vérités chrétiennes suivant un plan qui n'a rien de proprement théologique ou dogmatique. L'originalité du prédicateur (et c'est la raison de son succès auprès de la jeunesse active et pensante de 1835 à 185i) consiste à suivre en quelque sorte l'évolution d'une âme qui, du doute sincère, s'élève par degrés jusqu'à la foi.
La conférence de Lacordaire est un cadre très large, où l'orateur introduit aisément des digressions politiques et historiques. Le ton en est tièi
(1) Morteauz dioitit, 1*' cycle p. 535 ; 2* cycle, p. 1085. . (S) MùKtaux choiiiê, !•' eyele, p. 538 ; S* cyele, p. 1003.