‹ Précis de littérature françaiseChapitre 229 sur 276 · I. — Augustin Thierry · texte numérisé non relu

I. — Augustin Thierry

7\». " Augustin Thierry entra à l'Ëcole normale en 1811 ; il quitta l'Université en 1815. En 1817, il commença à écrire dans le Censeur européen des articles, qui, retouchés, formèrent plus tard une notable partie de son volume intitulé Dix ans d'études historiques (1834). An Courrier français il publia dix Lettres sur Vhistoirè de France^ réunies en volume, et suivies de quinze autres, en 1827. VHistoire de la eonr quête de V Angleterre par les Normands parut en 1825 (4 vol.). C'est alors qu'A. Thierry devint aveugle. On sait avec quelle résignation courageuse U accepta cette infirmité. Il publia encore Les Récits des temps mérovingiens (1833-1840),puis les Considérations sur Vhistoire de France (1840), et mourut en 1856. ^

Ses théories. — A. Thierry cherche à expliquer l'histoire du moyen âge par une loi : l'antagonisme persistant entre la race conquérante (franque) et la race conquise (gallo-romaine), devenues l'aristotr^tie et la bourgeoisie. Cette thèse, il la développe aisément dans son Histoire de la oonquête àe V Angleterre^ où la lutte des races bretonne, saxonne et normande était, en effet, aux xi« et XLfi siècles, tout à fait évidente et probante. Mais appliquée à l'histoire de France et à la rivalité du Tiers-État et de la noblesse, la loi est moins exacte. Aussi Thierry Ta-t-il peu à peu adoucie et corrigée.

Sa critique. — A. Thierry a eu le premier la passion du document original, mais il a souvent accepté trop complaisamment la tradition ot les anecdotes du Roman de Rou^ de Gr^Toire de Tours, de Fortunat, etc. ; et il a cru sans contrôle à l'authenticité des vieux chants nationaux saxons, etc. Ce manque de critique a fait vieillir son œuvre au point de vue historique, en un temps surtout où l'on est devenu si scrupuleux sur l'ai^^hentidté des sources.

Valeur littéraire. — Mais, littérairement, cette œuvre est restée jeune. Elle a les qualités d'un romantisme de bon aloi. La narration est à la fois simple et dramatique, émue et précise. Tout y est vivant et cdloré, sans excès d'aucune sorte. Thierry est, dans toute la force du. terme, un artiste» dont l'art probe et vigoureux survivra peut-être à celui de llichelet (1).

(I) Moreesttc ehoitit, !•' cycle, p. 408 t S* eycle, p. ftiSO.

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