‹ Précis de littérature françaiseChapitre 232 sur 276 · V. — Miehelet · texte numérisé non relu

V. — Miehelet

Vie. — Jules Bfichelet, fils d'un petit impnmeur, eut une enftmee pénible*

En 1812, il entra au lycée Gharlema^e, où il fût un brillant élève. Hais il dut renoncer à l'École normale, et accepter une place de répétiteur dans une institution dû Marais. En 1819, il passe son doctorat. En 1821, reçu à l'agrégation d'histoire, il entre comme professeur au collège Sainte- Barbe. C'est alors qu'il compose ses Tableaux j:hrorudogiques éThistoire fnodemej et qu'il traduit la Scienza nuova de l'Italien Vico (1825). En 1826, il publie son Précis d'histoire moderne, et il écrit, en 1828, son Histoire tomaine (publiée en 1831). H avait été nommé, en 1827, maître de confé* rences à l'École normale et il devient, en 1831, chef de la division historique aux Archives.

C'est la plus belle époque de sa vie. A force- de courage, de dévouement et de travaol, il est arrivé à une situation brillante et stable. C'est dans ces conditions d'équilibre, d'harmonie, d'impartialité, qu'il entrei^rend son Histoire de France, dont il publie le premier volume en 1833, et le sixième en 1844. Entre temps, il avait pris possession, en 1838, de la chaire d'histoire du Collège de France.

Mais il s'avise qu'il ne saurait comprendre l'histoire de la monarchie absolue, s'il n'a pas auparavant étudié la Révolution. Il interrompt donc son Histoire de France à François I®', et il écrit, de 1847 à 1853, son His* toire de la Révolution. Le coup d'État de 1851 l'avait chassé de sa chaire du Collège de France et de sa place aux Archives. Quand Miehelet reprend, en 1855, la suite de son Histoire de France, il a perdu la sérénité et le sangfroid ; il a seulement conservé et ex|igéré ses qualités de poète et de visionnaire. Les derniers volumes de l'Histoire de France paraissent de 1855 à 1867. Puis, Miehelet compose différents ouvrages descriptif et poétiques : r Oiseau, V Insecte, la Mer, la Montagne, etc. H meurt à Hyères en 1874.

Sa méthode. — Miehelet a donné lui-même sa formule. Pour lui, l'histoire doit être la résurrection de la vie intégrale du passé. D veut, d'abord, établir la géographie matérielle et symbolique de cette France dans laquelle vont évoluer tant de masses et se heurter tant d'individua*lités. Miehelet affirme que chaque province a son génie propre, qui s'incarne dans les grands hommes. — Puis il considère la France comme une personne qui a une âme, et qui se développe. par le travail qu'elle exerbe sur elle-même. Il analyse au fur et à mesure les faits, les caractèieSt ' les aspirations populaires, les manifestations de la vie publique on i intime, mœurs, institutions, arts, lettres ; mais il attribue la combi- l naison ou la cristallisation de ces éléments divers à une force ^ mystérieuse, à l'âme même de la France. — Ajoutons que Miehelet éprouve avec une sincérité vraiment touchante les grands sentiments

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