‹ Précis de littérature françaiseChapitre 47 sur 276 · V. — La Sotie · texte numérisé non relu

V. — La Sotie

Définition. — La sotie ou sottie est jouée par les Sots ou Enfants-sans* Souci, Les Sots fondent leur système de satire sur cette hypothèse que la société tout entière est composée de ^ot». Par dessus leur costume, ili revêtent les attributs qui désignent tel ou tel état, telle ou telle fonction : le juge, le soldat, le moine, le noble, le populaire^ etc. La sotie n'eut pas toujours pleine liberté ; sa plus brillante période se place sous Louis XIF, qui l'encouragea, afin de s'en servir pour soutenir sa politique intérieure et extérieure.

Principales Soties. — Il nous reste vingt-six Soties dont la plus célèbre est le Jeu du Prince des Sots, pièce dans laquelle Pierre Gringoire, en 15 12, attaqua violemment, avec la permission du roi et en sa présence, le pape Jules II et l'Eglise. Cet ouvrage comprend un grand nombre de personnages : le Prinre des Sots figure le roi T^uis Xll ; Mère-SotU, l'Eglise;

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Sotte-Commune^ c*est le peuple ; SoUe-Fiance et SoUe-Ocaistoii sont les ministres de l'Eglise ; le général d'Enfance est peut-être Gaston de Foix ; on voit encore le èeigneur du Plat-d*Argent« le seigneur de la Lune, etc. Ije Jeu du Prince des Sots ne comporte guère d'analyse ; c'est une série d'allusions satiriques, d'actualités vivement exprimées, et promptement saisies par les contemporains.

Parmi les soties d'une portée plus générale, citons : le Monde^ Abus, les Sots (1514?). Pendant que le Monde, fatigué, dort d'un profond sommeil. Abus amène sur le théâtre Sot Glorieux (soldat). Sot Corrompu (juge), Sot Trompeur (marchand). Sotte Folle (la femme). Ces différents Sots veulent construire un monde nouveau. Ils le bâtissent sur des piliers qui s'appellent Hypocrisie, Lâcheté, Bombance, Trahison, Corruption Usure, Caquet, Faiblesse, etc. Mais bientôt les Sots, qui se réjouissent par des danses, heurtent les piliers ; tout s'écroule ; et le Monde reparaît, comme devant.

Enfin il faut signaler les Monologues dramatiques du xv® siècle, dont le plus célèbre est le Franc Archer de Bagnolet, ^- et les Sermons joyeux, parodies récitées par les écoliers à la Fête des Fous;

Conclusion.

L'histoire de la comédie au mûyen âge nous entraîne jusqu'au xvr siècle. La sotie et la mora/t/^, dès le premier tiers du xvi^ siècle, disparaissent totalement du théâtre public. Seule?, les farces continuent à être représentées, en dépit des lettrés, qui voudraient substituer à la farce des adaptations de comédies anciennes. La farce se maintiendra donc et aboutira, grâce aux éléments italiens et antiques qui viennent s'y incorporer et l'enrichir sans la dénaturer, à la comédie de Molière.

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