‹ Précis de littérature françaiseChapitre 86 sur 276 · II. — La Comédie · texte numérisé non relu

II. — La Comédie

Influence de l'antiquité et de l'Italie. — Les poètes et les érudits du XVI® siècle traduisirent quelques comédies d'Aristophane, de Plante et de Térence ; mais ces œuvres ne furent probablement pas représentées. L'influence du théâtre italien fut plus puissante ; elle donna à nos poètes une plus grande habileté dans l'art de l'intrigue, et leur fournit des types nombreux de valets, de vieillards, de capitaines, etc.. qui vinrent s'ajouter à ceux de la vieille farce française.

Les comédies en vers. — JodeUç inaugure, ou croit inaugurer, un genre nouveau de comédie avec Eugène^ représenté en même temps que Cleopâtre en 1552, et qui est plutôt une farce dans le goût du xv® siècle.

RÉMI Belleau a laissé la Reconnuet publiée seulement après sa mort, en 1577.

Les Comédies en prose. — C'est probablement l'influence de l'Italie, où l'on écrivait la comédie en prose, qui détermina nos écrivains du XVI* siècle à abandonner les vers. .

Le plus remarquable écrivain comique de ce temps «st Pierre Larivey (1540-1611). Il est né à Troyes ; son père, italien, était de la famille des Gtuntt, célèbres imprimeurs de Venise. Établi en France, il traduisit son nom en celui de L* Arrivé, devenu Larivey, U connaissait à fond, et pour cause, la littérature italienne ; et il fit passer dans notre langue douze pièces, dont six furent publiées par lui-même en 1579, dont trois encore furent données en 1611. La plus célèbre est intitulée Les Esprits j où l'avare Séverin est une première esquisse d'Harpagon. Le monologue de Séverin, à qui on a volé son or, a servi de modèle à Molière (1).

80MMAIRB

1» CSalvin (1509-1564) se convertit aa protestantisme et se réfute à Nérae, pais à Bâie, et de là s'étabUt à Genève, n publie en latin, puis traduit en français VlnaiittUion chrétienne (1541), dédiée à

Ci) Morcêow dtoifitt S" eyclt, p. 133.

François I*', oaTrage reinftrqnabl« par sa méthode et la sévérité hautaine de boa style.

2** Saint François de Sales (1568-1622) fut évêque de Genève, résidant à Annecy. n vint à Paris, où il prêcha avec grand succès, puis retourna en Savoie. Il ne p ubiia 4ne Vlniroduction à la vie dévote (1608), et le Traité de Vamourde Dieu (1616). — Il est orignal par la douceur poétique de son style.

Z^ Les plus célèbres auteurs de mémoires sont : Le Loyal serviteur, auteur de la Fié de Bayard (1524); — Biaise de Montluc, qui publie le récit de ses campagnes dans sea vivante et pittoresques Commentaires (1574); — Agrippa d^Aubigné, dont les principaux ouvrages en prose sont une Histoire universelle (1616-20), et sa Vie à ses enfants,

40 Xies écrivains itolitianes.— La Boétie a laissé un Discours sur la servitude volorir taire, publié en 1576, après sa mort, et qui est une éloquente protestation contre la tyrannie ; — il faut citer encore Michel de VHospital «"t Jean Bodin,

5° La Satyre Ménippée, parue en 1594, est un pamphlet écrit en collaboration par plusieurs magistrats et lettrés, en faveur de Henri IV, au temps de la Ligue. L'ouvrage commence par une sorte de parade dans la cour du Louvre, continue par une procession des ligueurs, par des discours des députés aux États Généraux (le pliu célèbre est celui de Daubray au nom du Tiers Etat), et s'achève par des pièces de vers burlesques. C'est un chef-d'œuvre de bon sens et d'esprit.

Page 1