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Il conclut bien dès que la substitution est exacte

§ IV

Du raisonnement exprimé,

160. Le raisonnement exprimé par des mots reçoit le nom (^argument.

161. L'argument est simple ou composé , suivant qu'il exprime un ou plus d'un raisonnement.

162. L'argument simple, lorsqu'il est compkt, conserve le même nom que le raisonnement qu'il exprime.

L'enthymême et la proposition causale sont des arguments simples incomplets^ le premier, parce qu'il est tronqué j l'autre, parce qu'il est contracté.

165. En effet, Venthymême n*est autre chose qu'un syllogîsme tronque dont l'une des deux prémisses est sous»entendue.

Pour vérifier l'exactitude de ce raisonnement , il suflSt d'exprimer la proposition omise, qui doit nécessairement se composer des deux termes qui n'étaient exprimés qu'une fois dans l'enthymême.

164. La proposition causak (101) est un enthyméme dont k conséquent est exprimé avant l'antécédent. Si la cause ou la raison n'y est indiquée que d'une manière voilée, on l'appelle sentence enthymématique,

165. L'argument composé étant eompkt reçoit le nom de polysyllogisme; quand il est incompkt^ il se uonune sorite, s'il est tronqué^ et épichéréme, s'il est contracté.

166. Le polysyllogisme est un enchaînement de deux ou de plusieurs syllogismes, construits de telle façon que la conclusion du précédent soit en même temps l'une des prémisses du suivant.

167. Le sorite est une suite d'arguments cnthymématîques dont on exprime une seule majeure et toutes les mineures avec )a conclusion finale, ou bien une seule mineure et toutes les majeures avec la conclusion finale.

Si on le construit progressivement , le sujet de la prémisse antérieure est constamment l'attribut de la suivante, jusqrfk ce qu'on fasse la conclusion du sujet de la dernière et de l'attribut de la première. Au contraire on forme le sorite regressivement, si l'on fait de l'attribut de chacune des prémisses qui précèdent le sujet de celle qui suit , jusqu'à ce qu'on réunisse au sujet de la première l'attribut de la dernière pour en faire la eoo^ clusion finale.

168. L' épichéréme est un syllogisme dont les prémisses soot des propositions causales, ou aux prémisses duquel on ajoate la preuve avant de tirer la conclusion.

169. De la nature de ces arguments il suit qu'ils sont soumis aux mêmes lois que les raisonnements qu'ils expriment , et qu'on peut toujours constater leur exactitude en les réduisant à

autant de syllogismes qu'ils en contiennent , puisqu'on doit les juger exacts, dès qu'ils sont bien enchaînes et conformes aux rè* gles syllogistiques.

170. Quoique les lois du raisonnement ne parlent explicitement que de propositions simples , il est cependant nécessaire de remarquer qu'elles ont également pour objet toutes sortes de propositions , et que par conséquent on doit tenir rigoureusement compte de tout ce que la composition , la complexion , la restriction ou autres modifications des prémisses doivent introduire de modifications semblables dans la conclusion.

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