‹ Précis de logique élémentaireChapitre 3 sur 51 · DE LA PHILOSOPHE · texte numérisé non relu

DE LA PHILOSOPHE

l'une est le perfectionnement des autres , il ne doit ni ne peut y avoir de véritable antagonisme entre elles.

9. 5"" Quant aux autres sciences humaines : Celles-ci aident et confirment souvent la philosophie dans ses spéculations. Mais elle est leur fondement rationnel, puisqu'elle doit déterminer la valeur de leurs principes et de leurs méthodes, et par conséquent elle doit servir de préliminaire et de couronnement h toutes.

iO. Pour ce qui regarde Yutilité de la philosophie, il suffit, pour s'en convaincre, de réfléchir un instant sur son objet, sa nature et son but. Il serait néanmoins absurde de prétendre qu'elle est nécessaire ou même fort utile h tous les hommes indistinctement. Car, d'un côté, elle n'est h la portée que du petit nombre , et il y aurait contradiction à supposer qu'une chose fût à la fois nécessaire et impossible. D'un autre côté, la plupart des hommes possèdent , ou du moins tous ont à leur disposition un autre moyen de connaître avec certitude les vérités qui leur sont indispensables ; ce moyen c'est la révélation et l'enseignement traditionnel.

11. Cependant il est très-utile, et même nécessaire en quelque sorte , pour le bien-être de la société qu'un certain nombre de ses membres s'occupe d'études philosophiques ; puisqu'il importe à la société que la vérité, qui est le fondement et le lien de l'ordre social, soit convenablement enseignée, démontrée, défendue, propagée. Or on ne peut obtenir ces résultats sans connaissances philosophiques. La philosophie est donc spécialement utile et nécessaire à ceux qui sont appelés par devoir ou par état à l'enseignement, à la propagation, h la consolidation ou à la défense de la vérité. Enfin la philosophie élémentaire en particulier est encore indispensable à quiconque veut s'appliquer avec succès à une science spéciale quelle qu'elle soit.

42. La logique se propose de diriger nos pensées et nos paroles dans la science et dans la démonstration de la vérité , en perfectionnant notre faculté de connaître et de penser.

43. On distingue ordinairement la logique naturelle ou innée et la logique artificielle ou scientifique, La première n'est autre chose que l'aptitude innée h bien concevoir^ juger et raisonner, condition indispensable pour acquérir la seconde, qui est la seule dont nous ayons à nous occuper ici.

14 Celle-ci, entendue dans un sens plus large, peut se définir : la science des lois de la pensée et de la connaissance; dans le sens le plus strict, elle n'est que la science des lois de la pensée.

Nous entendons ici par pensée l'acte par lequel l'esprit s'occupe uniquement de ses idées, pour en étudier le contenu et les rapports , abstraction faite de l'existence des choses qu'elles représentent ; et par connaissance l'acte par lequel l'esprit prend possession et s'occupe des choses qui sont l'objet de nos idées.

Ainsi les lois de la pensée sont les règles que notre esprit doit suivre pour bien saisir ce qu'impliquent ses idées et quels sont leurs rapports ; comme les lois de la connaissance sont ces principes qu^il doit observer pour s'assurer qu'il existe réellement des êtres tels que nous nous les représentons.

45. Vobjet de la logique n'est donc pas l'existence d'une vérité particulière à démontrer , mais les lois mêmes que nous devons observer pour bien penser et bien connaître , ou , en d'autres mots , pour savoir et démontrer les vérités soit formelles soit réelles qui nous sont proposées.

16. Par conséquent son but n'est point de nous donner , soit la faculté de penser ou de connaître, soit le moyen de parvenir à ia première connaissance ou à la certitude naturelle de la vé^

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