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DE LÀ CERTITUDE DES VÉRITÉS RÉVÉLÉES. 9U

entendu dans chacun dos arguments particuliers de ces deux espèces, ils sont illégitimes, loin de produire la certitude. Cependant tout homme sensé regarde parfois ces deux espèces de raisonnement comme des preuves certaines de la vérité , tandis qu'en d'autres circonstances il n'y reconnaît tout au plus qu'une preuve probable.

. 556. Cette dififérence tient à ceci : Si le principe qui est sousentendu dans un argument par analogie ou par induction , et dont on pourrait faire la majeure de cet argument , est une vérité de sens commun (l), et si d'autre part il est évident que la conclusion est renfermée dans ce principe, on admet naturellement, nécessairement et universellement la certitude de la conclusion. Mais s'il manque une de ces conditions , savoir si le principe sousentendu n'est pas certain par lui-même , ou si la conclusion n'est pas évidemment contenue dans un tel principe, l'analogie et l'induction ne produisent que la probabilité ou moins que la probabilité , suivant la nature du défaut qui se trouve dans le principe sousentendu ou dans l'application de ce principe.

§vi.

Digression sur la certitude des vérités révélées,

557. La démonstration des vérités révélées n'appartient pas à un traité de logique générale. Nous parlons ici brièvement de ces vérités pour indiquer quelle est la base de leur certitude et en quel rapport se trouvent la science profane et l'autorité religieuse.

558. Nous pouvons avoir tout à la fois une certitude surnaturelle et une certitude naturelle des vérités révélées^ ou comme s'exprime le P. Lacordaire , une certitude suprarationnelle et une certitude rationnelle (:2).

(1) 11 est très-rare de sousentendre , dans un bon raisonnement par

analogie ou par induction, un principe qui tire sa valeur d'une autre source.

,2) Voir Conférences de Notre-Dame de Paris ^ 1845. Conf. xiv etxvii.

359« Celte certitude surnaturelle, ou la foi divine, est une lumière et une force intérieure que Dieu accorde à Ihomoïc par un effet de sa bonté pour le faire adhérer h sa parole indépendamment de la connaissance des preuves rationnelles des dogmes révélés. Il est évident que cette certitude n'est pas du ressort de la logique , bien que comme fait révélé elle soit susceptible de la même certitude naturelle que les autres vérités révélées, c'est-à-dire, qu'elle puisse être rationnellement prouvée de la même manière.

340. Cette certitude naturelle ou rationnelle est de deux sortes : elle est médiate ou indirecte à Tégard de ' tous les dogmes , en tant qu'on peut naturellement prouver que de fait ils ont été révélés de Dieu et que tout ce qui est ainsi révélé est indubitable ; elle est en outre immédiate ou directe pour plusieurs d'entre eux (tels que l'existence de Dieu et ses principales perfections , la liberté et l'immortalité de l'âme , l'autorité de l'Eglise^ etc. etc. ainsi que la nécessité et l'existence de la révélation elle-même) ^ en tant qu'on peut démontrer ces vérités par des preuves rationnelles de la même ma« nière que des vérités non religieuses.

34i. 11 n'appartient pas à la logique de donner ces preuves, parce que logiquement considérées les vérités révélées sont des vérités secondaires , et que la logique se borne à enseigner la manière de démontrer les vérités secondaires , mais n'en démontre elle-même aucune. C'est l'objet propre de la philosophie de la religion qui , puisant ses principes dans la métaphysique, la psychologie, l'histoire, les sciences naturelles, sociales et morales , montre que tout ce que nous pouvons connaître rationnellement de Dieu , de l'homme et de la nature, prouve ou confirme ce que nous apprend la révélation.

342. Concernant le rapport qui existe entre l'autorité sacrée et la science profane, voici deux règles universellement admises par les philosophes catholiques :

1° La seule autorité qu'on est obligé d'écouler dans tout ce

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