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Du concours de plusieurs criteria,
345. 11 est inutile de nous étendre sur le secours que peuvent se prêter plusieurs criteria qui se réuniraient pour établir une même vérité; il est évident a) qu'alors l'un confirme ce qu'un autre prouve, 6) que l'un peut suppléer à l'oubli d'un autre , et c) qu'ils peuvent se remplacer à l'égard de différentes personnes diversement disposées à saisir leur valeur particulière.
544. Nous devons dire quelques mots de plus du concours d'opposition qui peut se rencontrer à l'égard du même objet entre plusieurs criteria. Cette opposition peut être réelle ou seulement apparente.
545. Or nous pensons qu'entre deux criteria ayant toutes les conditions voulues il ne peut y avoir une opposition réelle à regard du même objet considéré sous le même rapport; mais rien n'est plus commun qu'une opposition apparente, parfois difficile à constater, entre deux criteria dont l'un ou l'autre
OU tous les deux n*ont pas toutes les qualités requises pour être de véritables criteria.
5-46. G*est pourquoi chaque fois qu'on rencontre une opposition quelconque erilre deux criteria ; il faut rechercher, 1*» s'ils se rapportent au même objet envisagé sous le même rapport, car s'ils se rapportent à des objets différents ou à des points différents du même objet, leur opposition n'est qu'apparente. T II faut examiner s'ils réunissent chacun de leur côté les conditions nécessaires. Le résultat de cet examen sera, ou qu'il y a défaut de condition de part et d'autre, ou qu'il y a défaut d'un côté seulement, ou bien qu'on ne peut constater de défaut nulle part que par le seul fait de l'opposition. Dans le premier cas , il n'y a point de véritable critérium ; dans le second cas un seul critérium reste debout; dans le troisième, il y a au moins absence d'assentiment connu ou légitimement présumé, et au lieu de certitude il n'y aura que plus ou moins de probabilité.
APPENDICE
De la probabilité.
547. Il est à remarquer 1<* que la certitude d'une proposition exclut, non-seulement la certitude, mais aussi la probabilité de toute proposition qui lui est opposée ; 2® que la probabilité d'une proposition , loin d'être exclusive , est au contraire ordinairement accompagnée de la probabilité de la proposition opposée.
348. En effet la probabilité tient comme le milieu entre le doute et la certitude; car un jugement est probable lorsque ses motifs , sans manquer de toute valeur , ne sont pas assez forts ou pas assez bien connus pour produire la certitude.
349. La probabilité est a) subjective ou objective, 6) intrinsèque ou extrinsèque; c) on y distingue divers degrés qui varient presqu'à l'infini.
350. Souvent il nous est impossible de parvenir à la certitude, surtout dans l'application des principes à des cas individuels et
DE LA PROBABILITE. 99
dans Tapprëciation de faits particuliers ; alors nous pensons qu*ii est sage de se conformer aux règles suivantes : l*" Dans les questions thëorétiques ou dogmatiques, s'abstenir de prononcer ou exprimer le degré de probabilité qu'on y découvre. 2° Dans les choses morales et pratiques, oii il faut choisir, sans pouvoir consulter ou délibérer ultérieurement, prendre le parti le plus sûr ou le plus probable. S*" Dans l'appréciation d'événements futurs et contingents , il faut juger de l'avenir par le passé en se référant à celte proportion : La probabilité que l'événement arrivera d'une telle manière est à la certitude qu'il arrivera ainsi, comme le nombre des cas où l'événement a eu lieu de cette manière est au nombre de tous les cas de celte espèce qui ont été observés ou qui sont connus comme possibles.