PREMIÈRE PARTIE DE LA LOGIQUE
LOGIQUE FORSEELLE.
Objet y principes fondamentaux et division de la logique fortneUe.
20. Les lois de la pensée, qui constituent l'objet de la logique formelle, sont les règles nécessaires, les principes naturels, d'après lesquels notre esprit doit se dire : telle pensée étant donnée, elle contient, elle implique telle autre pensée , ou telle autre pensée s'ensuit ; ou bien : plusieurs pensées étant données, elles se tiennent j se lient, se coordo?inent ^ ou s'excluent de telle manière. En d'autres termes , ces lois sont les conditions a priori que la science doit avoir indépendamment de sa vérité réelle.
Î21. Ces lois, qui portent le triple caractère de tous les premiers principes, ont leur source dans la nature de notre intelligence, elles appartiennent à l'essence même de notre esprit.
2^. Elles se divisent en lois générales, qui concernent toutes nos pensées, et en lois spéciales, qui se rapportent seulement à l'une ou à l'autre espèce de nos pensées.
Les lois générales de la pensée sont en même temps les lois fondamentales de la logique, puisqu'elles contiennent la raison ou la preuve de la vérité de toutes ses lois spéciales.
23. Ces lois fondamentales peuvent se réduire aux trois principes : d'identité, d'opposition et de comptabilité, et se formuler ainsi :
d° Tout ce qui s'identifie avec une pensée, ou avec un élément quelconque d'une pensée, doit se penser; c'est-à-dire, doit être pensé comme appartenant à cette pensée.
2*» Tout ce qui est opposé à une pensée , ou à un élément quelconque d'une pensée y ne peut se penser; c'est-à-dire, ne peut être pensé comme appartenant à cette pensée.
8 DE l'idée.
S*» Tout œ qui, sans être identique, n'est pas opposé à une pensée j ou à un élément de cette pensée , peut se penser • c'est-àdire, peut se réunir dans une même pensée (i).
L'on peut rattacher toutes ces lois à ce principe suprême : Il faut que toute pensée se tienne , s'accorde avec elle-même.
24. Les logiciens distinguent communément trois espèces de pensées : Vidée , le jugement et le raisonnement, et divisent par conséquent la logique en trois sections ; nous y joindrons une 4" qui traite de la démonstration, vers laquelle toutes les autres convergent comme vers leur centre et leur but commun.