CHAPITRE IV
La ProposliioB.
34. — La proposition est la désignation, la description, la détermination verbale ou simplement la dénomination d'un individu, d'un objet ou d'un pbénomène général ou particulier, qui repose ou est censée reposer directement ou indirectement sur la perception ou l'observation.
La proposition ne diffère réellement du nom propre qu'en ce que celui-ci réduit les désignations individuelles à leur plus simple expression, — exemple : Henri IV; tandis que celle-là les développe en multipliant les indications qui les complètent
\6 LES CONDITIONS Dl* RAISONNEMENT
dans la mesure qu'exigent les circonstances.
Exemple : Henri IV fut roi de France ^
Les éléments essentiels de la proposition sont, par conséquent, les mêmes que ceux de la dénomination particulière ou du nom propre : à savoir un nom générique (ou son substitut individuel) appelé sujel^ et une qualification caractéristique du sujet appelée attinbut^ qui se présente le plus souvent sous la forme d'un verbe. Exemples :
« l'homme marche ; Pierre parle ; le soleil brille"». Or^ nous savons que le verbe n'est autre chose que le substitut logique de l'adjectif-nom d'agent (i4)- Les propositions
i Le rapport de ces deux formes de la désignation individuelle permet de résoudre la question subtile et assez oiseuse, du reste, de la compréhension et de l'extcnsion des noms en général, et tout parLiculicrement des noms propres. Il est évident que le nom de Henri IV peut éveiller, chez ceux qui le connaissent déjà, l'idée de tout ce qui le concerne, mais seulement par voie de conséquence éventuelle, et nullement en vertu de la signification essentielle des termes qui le désignent. Autrement, les développements auxquels les propositions sont consacrées seraient tout à fait superflus^
LA PKOPOSITION 47
qui précèdent ont donc celles-ci pour antécédents et équivalents : « Thomme (est) marcheur ou marchant ; (l'homme qui s'appelle) Pierre (est) parleur ou parlant ; le soleil (est) brilleur ou brillant», en sous-entendant toutefois^ dans chacune de ces phrases, l'idée du présent résultant de la valeur temporelle du verbe employé. Quant à la copule verbale est, on doit n'y voir que le supplément ou le substitut que nécessitent les habitudes actuelles du langage pour tenir la place laissée vacante par les anciens attributs « marcheur, parleur, brilleur ».
L'insignifiance du verbe être en pareil cas ressort non seulement de ce qu'on peut le remplacer par un terme verbal plus insignifiant encore^ si c'est possible, comme « se montrer, paraître, apparaître, etc. » ; mais surtout de cette circonstance que la proposition, ramenée à ses deux termes essentiels, implique d'une manière si nette l'existence de son objet, que toute expression consacrée unique-
ment à la rappeler est superflue ou pléonastique. Toute proposition ne comporte donc, à la rigueur^ que ces deux termes dont le con-r cours est nécessaire pour la détermination de Tobjet quelconque qu'elle a pour but de signifier ou de dépeindre.
35. — Mais, le plus souvent^ les deux termes des propositions simples ne suffisent pas à la détermination de cet objet. Dans ce cas, on ajoute un ou plusieurs compléments, soit au sujets soit à Tattribut, soit à la fois au sujet et à Tattribut, et ces compléments concourent tous à ajouter des circonstances déterminantes ou qualificatives secondaires à la déterminante principale qu'exprime Tattribut.
Exemples : i** Le sujet est complété :
« Jean, fils de Pierre, chante. »
2® L'attribut est complété :
«Jean chante une chanson de son paj'^s.»
'M Le sujet et l'attribut sont complétés :
« Le soleil du matin brille d'un vif éclat. »