LES GENRES, LES ESPÈCES, ETC. G
genres concrets représentés par les végétaux et les animaux et les catégories d'individus analogues qu'ils embrassent. Mais ces catégories déterminées et distinguées, non seulement par une série de caractères constants communs à tous les individus dont elles sont composées, mais aussi par la transmission indéfinie de ces mêmes caractères à de nouveaux individus issus de leurs devanciers ont fixé définitivement l'idée du genre. Un genre naturel est par conséquent l'ensemble des individus du règne végétal ou du règne animal doués d'une série constante, ou considérés comme tels, d'attributs communs qui se perpétuent par la génération. Toutefois, l'idée du genre, bien que purement collective et n^existant pas en dehors de celle des individus qui composent le genre, n'entraîne pas celle d'une identité complète entre les caractères distinctifs ou les attributs des individus dont ils sont composés. A côté de ceux qui sont à la fois communs et constants et qui déterminent le
genre, il en est d'autres qui sont individuels (et, de plus, susceptibles de devenir constants chez les individus issus de ceux où ils ont commencé par se manifester, et qui peuvent ainsi donner naissance à de nouveaux genres ou plutôt à des variétés nouvelles des genres acquis). On voit par là ce que la notion de genre a de valeur réelle et de portée : elle permet de grouper les individus congénères sous une dénomination collective (ou gênéraie) analogue à celle des nombres supérieurs à l'unité vis-à-vis de celle-ci, mais sans dispenser d'une détermination ou d'une dénomination propre à chaque individu, et nécessitée par les attributs particuliers qui échappent forcément à sa synthèse.
En réalité, cette notion est abstraite puisqu'elle ne se précise que si l'on fait abstraction des attributs propres aux individus qui composent les genres. Remarquons de plus qu'une variété nouvelle qui se produit par la généralisation d'un caractère individuel joue,